Mathieu Kockelmann : « Je n’y aurais jamais pensé »

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo

Il était attendu parmi les favoris et n’est pas passé à côté de l’événement. Ce jeudi, Mathieu Kockelmann s’est offert le titre continental en se montrant le plus rapide sur le Championnat d’Europe Juniors du contre-la-montre, à Anadia (Portugal). Le Luxembourgeois, qui a repoussé son premier adversaire à 19 secondes (voir classement), a partagé son bonheur auprès de DirectVelo avant le podium protocolaire.

DirectVelo : Tu es le nouveau Champion d’Europe Juniors du chrono !
Mathieu Kockelmann : C’est incroyable pour moi ! Depuis plusieurs semaines, je me disais qu’il était peut-être possible de faire un podium car j’avais fait trois chronos jusque-là, cette saison, et j’en avais gagné deux (dont celui de la Course de la Paix, lorsqu’il avait remporté deux étapes consécutives, lire ici, NDLR) et j’avais fait une fois 2e. Avec toute l’équipe, on s’est préparé à 100% pour cet événement. Je dis un grand merci à tout le staff de l’équipe nationale, à mon entraîneur et à mes proches, dont ma copine. Gagner le Championnat d’Europe, c’est incroyable, je n’y aurais jamais pensé.

Tu étais tout de même attendu après ton gros début de saison. Ne ressentais-tu pas la moindre pression ?
Si, un petit peu quand même… On a une grosse équipe chez Auto Eder mais je crois qu’il nous manquait ce titre de Champion d’Europe. Ces derniers jours, je prenais ce rendez-vous comme une autre course. En fait, je ne me sentais pas hyper bien pendant ce chrono. Lors des cinq derniers kilomètres, il faisait vraiment hyper chaud. Je ne savais pas trop où j’en étais par rapport aux autres. Une fois la ligne passée, j’étais allé tellement au bout de moi-même que je ne pouvais plus rien faire, à peine bouger. Réussir ça, gagner devant des mecs comme (Emil) Herzog ou (Jorgen) Nordhagen, pff… Vraiment, c’est incroyable.

« J’AI REPÉRÉ LES ENDROITS OÙ JE POUVAIS RÉCUPÉRER »

Comment as-tu géré ce chrono ?
J’ai réfléchi à la gestion du chrono avec mon frère. On n’a pas fait ce qu’on avait imaginé. Je devais me fixer un certain nombre de watts mais je n’ai pas réussi à le faire. Il était aussi question de rouler au feeling. Lors de la reconnaissance, j’ai bien réfléchi à la cadence qu’il fallait tenir dans les descentes, suivant la vitesse. J’ai repéré les endroits où je pouvais récupérer. Et j’ai vu que sur la toute dernière partie, il fallait vraiment se mettre à bloc jusqu’à la ligne. Finalement, mon temps n’est pas mal, il y a un bon trou avec les mecs qui suivent. Sur 22 kilomètres, c’est pas mal.

C’est un parcours qui te plaisait…
Oui ! Les cinq premiers sont avant tout des puncheurs. Ce ne sont pas de purs spécialistes du chrono à plat. On voit que le parcours a favorisé ce type de coureurs. En plus, avec le soleil qui brûlait, il y avait plusieurs facteurs importants.

« JE NE ME CONSIDÈRE PAS COMME LE MEILLEUR »

Au-delà du chrono du jour, prends-tu conscience de toutes les très belles choses que tu accomplies cette saison ?
C’est pas mal mais je trouve qu’il y a d’autres mecs qui sont très forts. Je ne peux pas dire que je suis le meilleur coureur Junior de la saison. Il peut toujours se passer plein de choses, on peut connaître de mauvais jours, et je peux me faire battre à chaque fois. Je ne me considère pas comme le meilleur mondial.

Rêves-tu, malgré tout, de réaliser le doublé sur la course en ligne ?
Ce ne sera pas pareil qu’au chrono car cette fois-ci, il y aura l’aspect tactique et d’autres nations, comme la Norvège, pourront jouer sur plusieurs cartes. Pour nous, le Luxembourg, ce sera plus difficile. On n’est pas très nombreux, on est un petit pays. Dans ces conditions, l’objectif prioritaire était le contre-la-montre. Maintenant que c’est fait, on va voir ce qu’on peut faire sur la route. Ce qui est sûr, c’est que la forme est là.

   

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