La Marmotte n’a pas effrayé le Team Vercors

Crédit photo Manon Griboval

Crédit photo Manon Griboval

Le monde du cyclo-sport est l'un des pans importants du sport cycliste. La passion et le dépassement de soi sont les valeurs de cette pratique qui rassemble simples finishers et costauds qui jouent la gagne. Il y a plusieurs années, des teams ont fait leur apparition afin d'offrir un encadrement à des coureurs désireux de cultiver un esprit de groupe. Tout au long de la saison, DirectVelo suivra à travers une rubrique la vie du Team Vercors. Ce club basé à Villard-de-Lans accueille près de 140 adhérents réunis autour de valeurs communes. Pour 2020, il a fait le pari de monter un groupe homogène et compétitif pour jouer les premiers rôles sur les plus grand rendez-vous du calendrier.

C’était la course de l’année pour les cyclosportifs européens. La Marmotte a couronné un Belge, Michiel Minnaert. Le Team Vercors s’y est très bien comporté, malgré une difficulté croissante cette année. Rodolphe Lourd termine 19e, puis on retrouve Cyril Gaillard au 21e rang. Malgré sa préparation tronquée, le dernier cité a fait mieux qu’en 2017, lors de sa dernière participation. "J’avais un peu peur car je n’avais pas fait de sortie longue avec le boulot, mais parmi les trois courses que j’ai faites, c’est celle où j’avais les meilleures jambes". Jusqu’au pied du Galibier, Cyril Gaillard joue avec les meilleurs, avant de craquer sur les premières pentes. "J’ai vu au capteur qu’il fallait que je calme un peu. Je suis content car j’ai fini plutôt frais. J’avais estimé à 6 heures 30, voire plus, je fais 6 heures 15".

« TOUT LE GRATIN EUROPÉEN »

Plus loin derrière, Mathieu Blanchin laisse filer les plus costauds dès le Glandon, et continue à son rythme. "C’est ma cinquième participation, j’ai l’expérience. L’année dernière on m’avait fait le train mais c’était trop élevé pour moi, j’étais complètement cuit à l’Alpe", se rappelle-t-il. Le coureur du Team Vercors en garde pour le final et explose son temps de 2019, d’environ 20 minutes. "Cette fois j’ai mieux géré et j’ai quasiment gagné mes 20 minutes uniquement sur la montée finale. Pourtant le passage dans la vallée était difficile car on était que quatre". Une performance qui s’explique par plusieurs facteurs. "Je me suis installé dans le Rhône-Alpes alors que j’avais passé sept ans en Normandie, le terrain est un peu plus propice, plaisante-t-il. La Marmotte Pyrénées a été annulée, mais je l’ai faite en entraînement, ça m’a donné des points de repère. Et puis cette année, au Team Vercors, on a de sacrées locomotives, ça donne envie de se surpasser pour combler l’écart".

L’élément à noter pour cette édition 2020 est sans aucun doute la difficulté croissante de l’épreuve. Notamment en raison de l’annulation de l’Etape du Tour, La Marmotte faisait office de rendez-vous à ne pas louper. "Il y avait beaucoup d’étrangers en plus des meilleurs Français. Sur les trois cyclos que j’ai faites, le niveau était fou. Mais La Marmotte est mythique, ça fait venir du monde de partout", explique Cyril Gaillard. Mathieu Blanchin rejoint son coéquipier. "Le niveau était très relevé cette année, comme toutes les cylos d’août. Il y avait tout le gratin européen. Le vainqueur en 5 heures 30, c’est impressionnant". Son vainqueur, Michiel Minnaert, reconnaît que "les 100 premiers avaient un très gros niveau, c’était beaucoup plus élevé que d’habitude malgré le nombre de participants moins importants". Une quantité de participants divisée par quatre. "Il fallait attendre les décisions des affaires extérieures. C’est resté en zone orange. En rouge, on n’y allait pas", explique le Belge.

DES PERF OTAKAM QUI FONT PÂLIR

Pour chiffrer la difficulté de l’épreuve, on peut se référer aux statistiques OTAKAM. À l’aide d’un algorithme, la société spécialiste du cyclo-sport utilise des indices de performance. Cet indice est calculé selon le temps réalisé, bien sûr, mais aussi selon la difficulté de l’épreuve, l’adversité... Plus cet indice est bas, plus la performance est importante. À titre d’exemple, la performance de Michiel Minnaert est quantifiée d’un indice 2,01. Alors que la moyenne de l’épreuve est de 47 cette année, contre 54 l’année passé. Un chiffre qui témoigne de l’écart entre les meilleurs et les autres. "Il y a trois ans, j’avais fait 15e en 6 heures 20, se rappelle Cyril Gaillard. Cette année je fais 5 minutes de mieux, mais je termine 21e". Si l’on observe le Top 10, on remarque que la perf OTK moyenne est à 3 cette année chez les hommes, contre 3,5 en 2019. Même constat chez les femmes, passant de 29,2 à 26,7 cette année.

De plus, chez les hommes, huit coureurs du Top 10 de La Marmotte figurent parmi les 10 meilleurs du classement global OTAKAM. Le Team Vercors peut donc se satisfaire d’avoir battu ses records avec un tel plateau. "Je peux voir une petite progression, l’écart avec les premiers se réduit petit à petit, se réjouit Mathieu Blanchin. J’avais pour idée de descendre en dessous des 7 heures, c’est vraiment positif avec ce temps de 6 heures 54". Cyril Gaillard, qui n’était pas optimiste sur sa forme, est également comblé. "Les bonnes sensations étaient là, je finis sur une belle note. C’était difficile de faire mieux cette année. J’étais déçu de mes deux premières courses, mais là je suis rentré content". Le 21e de l’épreuve disputait d’ailleurs sa dernière cyclosportive de la saison, mais devrait se tourner sur des 70 kilomètres VTT pour garder le goût de la compétition. Il n’y a donc que des sourires sur les visages du Team Vercors. La Marmotte s’est montrée généreuse.



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Portrait de Cyril GAILLARD
Portrait de Michiel MINNAERT