Tour de France : Sur les traces de... Jesús Herrada

Crédit photo DR

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C’est reparti pour un Tour ! Une nouvelle fois, tout au long de la “Grande Boucle”, DirectVelo vous propose de partir “Sur les traces de” coureurs du Tour de France, en évoquant grâce à un coéquipier, un adversaire, un dirigeant ou un proche, ses saisons dans les catégories de jeunes, ou en Amateurs. Pour ce nouveau numéro de notre rubrique, DirectVelo a profité des Championnats d’Europe en République tchèque pour rencontrer l’ancien coureur professionnel Francisco Javier Cerezo. A la tête des équipes Juniors ou Espoirs espagnoles depuis plus d’une décennie, le Castillan nous parle de Jesús Herrada, aujourd’hui sociétaire du Team Cofidis et ancien pilier de l’équipe d’Espagne Juniors.

« Jesús s’est rapidement imposé comme un pilier de l'Équipe d’Espagne chez les Juniors. C’était clairement l’un des tous meilleurs du pays sur cette génération 90-91. C’est d’ailleurs pour ça que je l’avais déjà emmené au Championnat du Monde d’Aguascalientes, au Mexique, en 2007, alors qu’il n’était encore que J1. L’année suivante, je l’ai pris avec moi sur toutes les manches de Coupe des Nations, et aux Championnats d’Europe et du Monde. Il marchait déjà très fort ! Je me souviens notamment du Tour d’Istrie, en Croatie. C’était une épreuve importante pour l’équipe, en Coupe des Nations. Il avait gagné la première étape dans un sprint à deux devant Peter Sagan ! Je me souviens que Johan Le Bon avait terminé 3e. C’était un très beau moment pour Jesús et pour tout le groupe. Au final, Peter Sagan avait gagné le général mais la victoire d’étape de Jesús était vraiment marquante.

« IL SAVAIT SE DÉBROUILLER UN PEU PARTOUT »

Il a très vite montré qu’il avait de grosses qualités mais le plus marquant, c’est qu’il savait se débrouiller un peu partout. Il allait vite au sprint, il passait très bien les petites bosses et il marchait aussi dans des ascensions plus longues. Et bien sûr, c’était aussi un très bon rouleur : c’était même le meilleur de sa génération chez les Juniors, en Espagne, puis il l’a confirmé en 2010 en étant Champion d’Espagne contre-la-montre Espoirs. C’est vraiment l’un des meilleurs coureurs que j’ai eu l’occasion de côtoyer dans les catégories de jeunes, donc je ne suis pas surpris de le voir à ce niveau-là aujourd’hui.

Dès les Juniors, j’ai eu le sentiment qu’il savait ce qu’il voulait. Surtout, il ne se dispersait pas. Il était très calme et posé, concentré sur ses objectifs. Il savait préparer les gros rendez-vous et il savait assumer le Jour-J. Il était toujours très concentré et sérieux, mais il n’était pas non plus réservé, au contraire. Je ne lui ai jamais mis la pression quant à un résultat mais de toute façon, il savait exactement ce qu’il avait à faire et je savais qu’il serait prêt quand il fallait l’être.

« UN TOUR D’ESPAGNE DANS LES JAMBES »

Il était impressionnant sur les courtes ascensions. Sur des épreuves régionales ou nationales, il n’hésitait pas à partir au pied des raidards et il faisait l’ascension tout seul. Jesús était capable de creuser de sacrés écarts sur des portions courtes et sèches, il avait vraiment du punch. Il n’hésitait pas à tenter quand l’occasion se présentait. Sans en faire de trop, je trouve que Jesús avait vraiment un potentiel énorme dans les catégories de jeunes. Comme je l’ai toujours dit, pour moi, il a un Tour d’Espagne dans les jambes ! Il pouvait gagner la Vuelta, vraiment. Après, ce n’est que mon avis.

Les choses n’ont pas évolué comme je l’imaginais et il s’est retrouvé dans un rôle d’équipier de luxe à la Movistar pendant de longues années. Pour les Grands Tours, ça semble maintenant compliqué mais je crois qu’il peut encore viser la gagne sur de belles courses d’une semaine : il se débrouille bien en chrono et en montagne, donc c’est encore possible ».

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