Decathlon CMA CGM : « Nous avons trouvé un bon équilibre »

Crédit photo Decathlon CMA CGM
L'annonce de la participation de Paul Seixas au prochain Tour de France a fait grand bruit. Mais alors que nous ne sommes qu'au mois de mai, il y a bien d'autres échéances à cocher pour Decathlon CMA CGM et les autres, comme le Tour d'Italie, qui débute ce vendredi en Bulgarie. Luke Roberts et son staff ont opté pour une stratégie à deux leaders durant les trois semaines, avec d'un côté Felix Gall pour le classement général, et Tobias Lund Andresen pour imposer sa pointe de vitesse. Avant de prendre le départ du premier Grand Tour de la saison, Luke Roberts a fait le point avec DirectVelo sur les forces en présence, la condition de ses deux leaders et les ambitions de la WorldTeam française de l'autre côté des Alpes.
DirectVelo : Quel est ton regard sur ce début d’année ?
Luke Roberts : L’équipe a connu un excellent début de saison. En particulier notre groupe de sprinteurs avec Tobias Andresen en Australie, au Tour Down Under et la Cadel Evans Race. Felix Gall a également réalisé de bonnes courses et montré un très bon niveau dès le début de la saison. Il a bénéficié d’une préparation sans interruption. Plus largement, toute l’équipe a affiché une bonne dynamique, une ambiance positive et ça s’est reflété dans les résultats. Il y a aussi eu les performances révélatrices de Paul Seixas, bien sûr. Nous sommes très positifs et tournés vers le Giro. Tobias et Felix, comme je l’ai dit, ont eu une préparation idéale. C’était leur principal objectif pour cette première partie de saison et nous abordons les trois prochaines semaines avec beaucoup d’optimisme.
Pour ce Giro, il a été choisi de partager l'équipe entre les sprints et la montagne, autour de Felix Gall et Tobias Lund Andresen. Pourquoi ce choix ?
Si on analyse le parcours, on voit probablement sept arrivées au sprint, six étapes importantes pour le classement général plus le contre-la-montre, ainsi que sept étapes intermédiaires. Des coureurs comme Oliver Naesen et Rasmus Pedersen sont de très bons spécialistes des classiques. Ils peuvent aussi bien grimper dans les étapes vallonnées et soutenir Felix. Callum Scotson est également un bon grimpeur. Avec Johannes Staune-Mittet, Gregor Muhlberger et Callum Scotson, nous avons un solide soutien pour la haute montagne. Tobias, après sa victoire à Tirreno, a pour grand objectif de gagner une étape ici. Il a donc besoin d’un bon train de sprint et du soutien de coureurs comme Rasmus et Oliver pour le placer correctement. Je pense que nous avons trouvé un bon équilibre.
UN « PROBLÈME DE LUXE » LES DERNIERS JOURS ?
Il n'y a donc pas de craintes de ne jouer qu'à moitié sur deux tableaux, plutôt que sur un seul complètement ?
Le Giro de cette année présente des premières grandes étapes pour le classement général relativement abordables, avec une grosse montée finale, contrairement à la dernière semaine qui sera beaucoup plus difficile. Avec les coureurs présents, Felix pourra être bien entouré jusqu’au bout. Ensuite, dans les grandes étapes de montagne, nous devrons peut-être adopter une approche tactique différente et envoyer des équipiers dans les échappées pour l’aider. Si nous jouons réellement un grand résultat dans les derniers jours, ce sera un « problème de luxe ».
Attends-tu de Tobias Lund Andresen qu'il soit capable de passer lors des étapes vallonnées ?
Certaines étapes pour sprinteurs sont assez simples, mais d’autres comportent davantage de difficultés. Tobias a déjà montré qu’il pouvait supporter une course difficile, franchir des montées compliquées et rester présent dans un sprint réduit. Les étapes de sprint les plus exigeantes lui conviennent probablement mieux qu’à d’autres sprinteurs. Il y a aussi quelques étapes vallonnées où tout dépendra de la manière dont le peloton courra : est-ce que l’étape ira à l’échappée ou est-ce que certaines équipes voudront contrôler la course ? Une équipe comme NSN possède un groupe de sprinteurs très solide avec Ethan Vernon et Corbin Strong, capables eux aussi de survivre à des étapes difficiles avant de sprinter. Tout dépendra de la stratégie des autres équipes et de la manière dont se dérouleront les sprints « purs » pour nous. Ça déterminera si nous tenterons des choses pour Tobias.
« LES RÉSULTATS DE PAUL SEIXAS DONNENT ENCORE PLUS DE MOTIVATION » À FELIX GALL
On parle beaucoup de Paul Seixas, à tel point que Felix Gall semble un peu dans son ombre. Y a-t-il une volonté de sa part de montrer qu'il n'y a pas que Paul Seixas, et que lui aussi peut obtenir de grands résultats ?
Je ne ressens pas ça chez Felix. C’est quelqu’un de très posé et calme. Il connaît ses qualités et sait ce dont il est capable. Il a terminé 5e du Tour de France l’an dernier, ce qui lui a donné beaucoup de confiance. Aujourd’hui, il veut franchir une nouvelle étape : non seulement finir dans le Top 5, mais aussi se battre pour un podium sur une grande course par étapes, en particulier sur un Grand Tour. C’est une grande opportunité pour lui de montrer ce qu’il vaut et il prépare ça depuis le début de la saison. Les résultats de Paul Seixas, mais aussi ceux de l’équipe dans son ensemble cette année, lui donnent encore plus de motivation pour démontrer son potentiel.
Qu’attends-tu de tes coureurs ?
Avec Felix, nous voulons nous battre pour le podium. Quand on vise le podium, la course est totalement différente de lorsqu’on cherche simplement un Top 10. Nous ne pouvons pas nous contenter de suivre. Nous devons réfléchir à la meilleure manière d’utiliser nos forces pour compenser nos faiblesses collectives, identifier les faiblesses des autres équipes ou des autres coureurs et exploiter ces opportunités. Nous voulons courir notre propre course avec nos propres ambitions. Et notre objectif est d’être toujours présents et compétitifs au terme des trois semaines.
