« Il fallait concrétiser » : Pour Aubin Sparfel, une mission partiellement accomplie

Crédit photo Gus Sev / Tour de Bretagne

Crédit photo Gus Sev / Tour de Bretagne

Durant quatre jours, il avait dessiné les contours d’une case qu’il a enfin pu cocher ce mercredi, à l’occasion de la cinquième étape du Tour de Bretagne. Cela saute aux yeux depuis le week-end dernier : Aubin Sparfel est le coureur le plus complet et le plus fort de cette Classe 2 prestigieuse mais il ne cessait de tourner autour, un coup battu de peu au sprint par un pur spécialiste de l’exercice, une autre fois piégé par les derniers rescapés d’une échappée fleuve.


Cette fois-ci, c’est la bonne pour le crossman, qui fait coup double en s’emparant également de la tête du classement général, à 48 heures de l’arrivée finale. “C’est super, je la voulais et je l’ai eue. Je suis trop content ! Maintenant, il reste deux jours et je suis déjà concentré sur la suite mais oui, ça fait vraiment tellement de bien de lever les bras…”, se réjouissait-il au micro de DirectVelo quelques minutes après avoir levé les bras à Lanfains, dans les Côtes d’Armor.

« IL FALLAIT CONCRÉTISER »

Une fois encore, le leader de la formation Decathlon CMA CGM DT s’est voulu très actif et n’a pas hésité à dynamiter la course. Mais c’est au sprint - en montée - qu’il l’a emporté. “Je suis fort alors je fais beaucoup d’efforts. Parfois inutilement mais comme j’étais bien, j’ai essayé de suivre au maximum.  Je n’aime pas parler de chance dans le vélo mais c’est vrai que c’était un peu frustrant à chaque fois jusqu’à présent. Cette fois, c’est arrivé au sprint et ça me convenait bien. Je tournais autour, il fallait concrétiser, ça fait du bien”

Parfois isolé, il n’a jamais paniqué. “L’équipe avait bien bossé avant”, tempère-t-il. Comme la veille, il a une fois encore été marqué par le côté imprévisible de la course. L’athlète de 19 ans n’est pas (plus) surpris, mais il continue d’apprendre lors d’une course hyper nerveuse et particulièrement décousue. “En quelque sorte, c’est même plus dur que
d’avoir gagné au Tour du Finistère (chez les pros, NDLR). C’est tellement indécis… En pros, ça fait rouleau-compresseur et si ça doit arriver au sprint, ça arrive au sprint. Ici, il faut vraiment rester vigilant et concentré tout le long. Du coup, les étapes passent très vite. C’est ce qui est usant aussi”.

« DÈS QUE JE METS UNE ATTAQUE, J’AI TOUT LE MONDE SUR LE PORTE-BAGAGE »

Aubin Sparfel l’a souvent répété : il a fait le choix de rester dans la Conti une année supplémentaire pour gagner sur des Classe 2 d’importance, pour prendre de la caisse et cocher des cases. Mission partiellement remplie ce jour. “Je voulais revenir car je n’avais pas gagné d’étape au Tour de Bretagne l’an passé”, plaisante-t-il avec malice lorsqu’on l’interroge sur sa présence sur l’épreuve cette semaine. “Il faut d’abord cocher les cases. Je valide les étapes, j’en ai encore quelques-unes à valider en U23 avant de passer au-dessus. J’aurai quinze ans ensuite pour performer à l’étage supérieur”, imagine le garçon, qui ne va sans doute pas se contenter de cette victoire d'étape alors qu'il est en situation idéale pour bien davantage. 

Il pourrait désormais cocher une deuxième case dans 48 heures, en effet, s’il parvenait à maintenir ses poursuivants en respect au général,
alors qu’il compte trois petites secondes de marge sur son dauphin norvégien Halvor Dolven, à qui il vient de chiper le paletot vert de leader. “Gagner une étape, c’est fait. Maintenant, il reste le plus dur, remporter le général”. Et celui qui visera ensuite le Tour d’Italie Espoirs, le Tour de l’Avenir puis le Championnat du Monde U23 est plus que jamais l’homme à battre. “C’est le plus difficile, de confirmer. L’an dernier, je n’étais pas du tout surveillé. Cette fois-ci, dès que je mets une attaque, j’ai tout le monde sur le porte-bagage. C’est tellement dur, notamment nerveusement, mais ça me forge pour le futur”. Cela tombe bien, c’est l’une des raisons pour lesquelles il est présent en terres bretonnes pendant une semaine.  

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