Les Folles Pensées de Luc Royer
Crédit photo Michaël Gilson - DirectVelo
Au départ du Tour de Bretagne, Luc Royer avait prévenu, il avait reconnu le final de l'étape qui arrivait à Concoret ce lundi. Et il n'était pas le seul régional de l'étape puisqu'il partageait ce titre avec Gabin Gicquel, "[son] meilleur pote". "Quand Gabin a appris qu'il faisait le Tour de Bretagne, on était ensemble à Paimpont (à côté de Concoret et sur le parcours de cette 3e étape, NDLR), on est tout de suite allé repérer la fin du circuit". Et le duo du Pôle espoirs de Loudéac a alors cette folle pensée. "Ce serait fou qu'on soit échappés ensemble et c'est arrivé sur cette étape".
« JE ROULE PRESQUE TOUS LES JOURS PAR LÀ »
Dans les parages de la tombe de Merlin, la folle pensée est devenue réalité après la Roche-Bernard quand cinq coureurs se sont échappés dont les deux compères -"on ne s'était pas concerté ce matin"-, un sous la tunique bleue de Soudal Quick-Step et l'autre sous le maillot blanc à damiers du Vendée U-Primeo Energie. "Je roule presque tous les jours par là, j'avais envie de montrer que j'étais là", ajoute Luc Royer.
Le vice-Champion d'Europe de relais mixte (avec Gabin Gicquel) a mis à profit sa connaissance du terrain dans la gestion de l'échappée. "Je savais quand faire les efforts. Si on arrivait avec plus d'une minute sur le circuit, je pensais que ça pouvait aller au bout. J'ai fait l'effort dans la bosse de Folle Pensée pour avoir cette avance". Mais au premier passage sur la ligne, le peloton revient à 47" et va manger le Breton et Bogdan Zabelinskiy, les deux derniers rescapés de l'échappée deux tours plus loin.
« SERRER LES CALES-PIEDS »
Pourtant, le peloton a laissé jusqu'à cinq minutes d'avance à 120 kilomètres de l'arrivée. De quoi se poser des questions. "Mais on savait que quand ils allaient se mettre à rouler, il allait falloir serrer les cales-pieds. Ils n'ont pas fait semblant, ils ont repris 2'30" en 10 bornes. On a bien remis en route, ça s'est stabilisé mais ils ont joué avec nous ce qui est normal".
Le coureur de Montauban-de-Bretagne était tellement chez lui que son fan-club était posté au bord de la route. "Je n'étais pas du tout au courant, c'était le petit truc en plus, avoue-t-il. Je ne pensais pas que j'étais sur mes routes, je faisais du vélo, je savourais le moment, j'avais juste le sourire et j'ai kiffé". Ses 150 kilomètres d'échappée pour sa première grande course par étapes en Classe 2 lui donnent aussi le sourire. "Des journées comme ça, ça fait du bien au moral. Ce n'est pas une victoire mais ça montre qu'on est capable de bien faire. On se refuse rien pour la suite du Tour de Bretagne". Mais les bornes à l'avant peuvent aussi laisser des traces. "Ce matin. ça allait mais demain matin on verra ! Il y a deux belles journées qui nous attendent". Et d'autres pensées pourraient germer dans la tête de Luc Royer.
