« N’hésite plus, vas-y à fond » : Comment Miguel Martinez a donné confiance à Lenny

Crédit photo Florian Frison / DirectVelo
Bien sûr, Lenny Martinez avait déjà gagné sur Paris-Nice. Bien sûr, c’était là aussi en costaud, l’an passé, dans les pentes abruptes de la Côte de Notre-Dame-de-Sciez. Bien sûr encore, il a cumulé d’autres succès au niveau WorldTour depuis, en Romandie puis au Dauphiné. Il n’empêche que son succès, dimanche devant l’Allianz Riviera de Nice, fera sans doute date et pourrait être le témoin d’un nouveau cap de franchi par l’Azuréen. Car cette fois-ci, le grimpeur de poche de la Bahrain Victorious s’est offert le scalp de Jonas Vingegaard, au sprint, après avoir été en mesure de suivre - qui plus est avec une certaine aisance - les différents coups de boutoir du Danois dans la Côte du Linguador.
« LENNY N’A PAS CRAQUÉ, IL EST RESTÉ SEREIN JUSQU’AU BOUT »
“Normalement, il peut avoir un style fatigué et là, il ne l’avait pas dans l’ascension. Il était super fort”, déclarait à chaud au micro de DirectVelo son père, Miguel Martinez, pas peu fier du numéro du fiston. “Quand il est en bonne condition, il peut tenir la roue. Il le savait. Il nous avait dit qu’il en était capable cette année. Je l’ai entendu le dire plusieurs fois. Et il l’a prouvé”. L’ancien Champion Olympique de VTT - en 2000 à Sydney - a beaucoup apprécié, également, le sang-froid de l’ancien coureur de la Groupama-FDJ. “Pour battre Lenny, Jonas savait qu’il devait rester dans la roue. Mais Lenny n’a pas craqué, il est resté serein jusqu’au bout. Aux 200 mètres, il a lancé son sprint comme il sait le faire, en puncheur. C’est grâce à son début de carrière en VTT, où il était très punchy, avec des sprints courts et rapides. Il a toujours eu cette bonne fibre là”.
Roman Kreuziger, qui accompagne Lenny Martinez très souvent sur le calendrier du français, avait lui aussi le sourire après l’arrivée et n’a pas manqué de faire une chaleureuse accolade à son coureur lorsqu’il l’a retrouvé après la conférence de presse. “Ce matin, j’y croyais. Tout le crédit de cette victoire revient à Lenny. Parvenir à battre Jonas comme il l’a fait, c’est impressionnant. Il a très bien couru, comme il l’a aussi fait tout au long de la semaine, appuyé par une belle équipe soudée autour de lui. C’est un gros coup de boost pour tout le monde de finir ce Paris-Nice sur une victoire d’étape”.
« IL CROIT AU PROCESSUS GLOBAL, IL EST PLUS RELAX QU’AVANT »
Face à la presse, Lenny Martinez a expliqué avoir pris en maturité et devenir un homme, en quelque sorte. Des propos appuyés par son directeur sportif, qui s’est plusieurs fois arraché les cheveux en raison des errements de son poulain par le passé, notamment - et quel clin d'œil aujourd’hui - lors du précédent Paris-Nice, il y a un an. “Il a évolué, il a confiance au travail des gens qui l’entourent, aux coachs de l’équipe… Il croit au processus global, il est plus relax qu’avant. On a de bonnes relations avec Miguel également, on travaille bien ensemble. C’est la récompense d’un travail de fond et collectif, ça me rend fier”.
Plusieurs fois “dégoûté” d’être passé à côté de la victoire ces dernières semaines, alors qu’il marche fort depuis sa reprise sur le Tour des Alpes-Maritimes, Lenny Martinez se voit cette fois-ci récompensé. “On savait qu’il ne lui manquait pas grand-chose, reprend Miguel Martinez. Jeudi, il aurait déjà pu prendre la roue. Il lui a manqué de la confiance à ce moment-là. Le soir, il m’a dit qu’il aurait pu y aller mais qu’il a hésité. Il y est allé 50 mètres trop tard. Avant cette dernière étape, qui lui convenait, je lui ai dit : « cette fois, n’hésite plus, vas-y à fond. ». Il fallait qu’il s’écoute”. Après un tel succès face à l’un des tous meilleurs coureurs au Monde, nul doute que la confiance ne devrait plus s’évaporer de si tôt.
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