Lenny Martinez : « Ça ne me semblait pas possible »

Crédit photo A.S.O / Billy Ceusters

Crédit photo A.S.O / Billy Ceusters

C’est un moment qui fera assurément date dans la carrière de Lenny Martinez. Après avoir décroché six premières victoires professionnelles en Classe 1 et en ProSeries avec la Groupama-FDJ, l’Azuréen a enlevé son premier succès au niveau WorldTour, ce jeudi, lors de la cinquième étape de Paris-Nice. La première également sous ses nouvelles couleurs de la Bahrain Victorious. C’est en puncheur et à la patte, dans une bataille entre les favoris du classement général, qu’il l’a emporté dans les terribles pentes de la courte ascension vers Notre-Dame-de-Sciez, à la Côte-Saint-André, en Isère. “C’est la plus belle, bien sûr, notamment en termes de sensations et d’émotions en passant la ligne. C’est incroyable de gagner ici”.


Si le terme “incroyable” est régulièrement galvaudé, il s’agit bien cette fois-ci d’un succès que le grimpeur de poche ne s’imaginait pas capable de décrocher, au contraire de ses directeurs sportifs. “L’équipe m’avait dit que j’avais ma chance aujourd’hui, ils croyaient en mon punch. De mon côté, je me disais que c’était Paris-Nice, que ce serait compliqué face à une telle concurrence”. Pourtant, dans les 1700 mètres à 11.1% de pente moyenne, dont un passage à 18%, Lenny Martinez a vite compris qu’il allait jouer quelque chose de grand. “J’ai d’abord pris la roue de Julian (Alaphilippe) puis je suis remonté. Les UAE ont roulé puis j’ai vu (Joao) Almeida péter. Là, je me suis dit que c’était jouable”.

DE QUOI DONNER DES IDÉES POUR LA FLÈCHE WALLONNE

Il a ensuite parfaitement joué le coup en produisant son dernier effort juste après l'ultime virage sur la droite. “Matteo Jorgenson était monté très fort jusque-là. Je suis remonté en troisième position et je savais qu’il fallait lancer à ce moment-là, après le virage. Ça s’est dégagé devant moi, j’y suis allé, je me suis retourné et j’ai vu qu’il n’y avait pas grand-monde dans la roue, c’est incroyable”, répète-t-il. “Je me surprends chaque semaine”, sourit-il, incrédule après un succès dont il avait tout de même rêvé. “Gagner sur Paris-Nice, ça ne me semblait pas possible vu le niveau super relevé. Et en même temps, hier soir, je m’étais dit : « Imagine… ». De là à le faire, c’est autre chose”.

Ce succès est d’autant plus symbolique au lendemain de l’abandon de Santiago Buitrago, leader N°1 de l’équipe au départ de Paris-Nice, avec qui il avait récemment partagé le leadership sur la Classic Var et le Tour des Alpes-Maritimes. “C’était devenu à moi de prendre les choses en main. Il y avait forcément de la pression car si je ne faisais rien, on allait rater notre Paris-Nice. Mais la pression, il faut faire avec, ça fait partie du jeu”. Désormais 5e du général à moins de vingt secondes du podium (voir classements), s’imagine-t-il possiblement sur la boîte à Nice ? “En début de Paris-Nice, je m’étais dit qu’il serait mieux de gagner une étape que de faire un Top 10 au général alors c’est déjà ça de pris”, répond Lenny Martinez avec prudence. Il est vrai que son Paris-Nice est, quoi qu’il advienne ces trois prochains jours, déjà une belle réussite, et cette victoire dans une telle ascension pourrait aussi lui donner des idées pour le mois prochain, au Mur de Huy. “L’équipe me disait déjà que j’avais peut-être les capacités pour faire un résultat sur la Flèche Wallonne dans quelques années. Je n’y croyais pas trop car c’est un effort très court mais visiblement, ils ont raison”.

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