Lenny Martinez : « Il me manquait un truc »

Crédit photo Florian Frison / DirectVelo
Il l’avait dans les jambes depuis le début de saison, avait déjà multiplié les places d’honneur, mais pas encore gagné. C’est désormais chose faite, et de quelle manière ! Ce dimanche, Lenny Martinez a brillamment remporté la huitième et dernière étape de Paris-Nice, devant l’Allianz Riviera, après avoir tenu en respect dans la dernière ascension Jonas Vingegaard. Puis de le mater au sprint, de justesse. DirectVelo était présent à la conférence de presse du leader de la Bahrain Victorious après la course. Entretien.
DirectVelo : Tu termines magnifiquement ce Paris-Nice !
Lenny Martinez : Je suis super heureux, c’est une très belle victoire. Quand j’ai vu la ligne d’arrivée, j’ai lancé. Sur le coup, je me suis dit que j’étais peut-être parti d’un peu loin mais j’ai réussi à tenir et je suis très content. Je sais que Jonas a un très bon sprint aussi donc franchement, je n’étais pas très confiant. On me disait à l’oreillette que j’allais ramener la victoire à la maison, ça m’a motivé, mais j’avais peur que Jonas me surprenne. Surtout qu’il ne passait plus dans le dernier kilomètre. Je pensais qu’il allait remonter mais non.
« JE N’ÉTAIS PAS DANS LE ROUGE »
Tu remportes une étape sur Paris-Nice, comme l’an passé, mais avec cette fois-ci un très bon classement général en prime !
J’ai encore pris du niveau, je pense. En tout cas, je me sens plus fort en course, j’ai appris, j’ai réussi à mieux me placer cette année. L’avantage d’être mieux placé, c’est que quand j’étais un petit peu moins bien, ça se voyait moins que l’an dernier. J’étais déjà très content et fier de m’être accroché jusque-là, de ne jamais avoir craqué une fois dans la semaine, comme ça avait justement pu être le cas l’an dernier. Mais il me manquait encore une victoire, je la chassais depuis le début de la saison. Face à Jonas, elle est d’autant plus belle.
Dans cette nouvelle côte du Linguador, tu as semblé à l’aise dans la roue d’un Jonas Vingegaard qui a pourtant roulé très fort. Étais-tu à la limite ou t’en restait-il encore ?
J’imagine que ça ferait bizarre de dire que je n’étais pas à la limite (rire). J’ai géré quand même, j’avais peur qu’il m’attaque. J’avais mal aux jambes, bien sûr, mais il me restait encore une petite marge. Je n’étais pas dans le rouge en haut de la bosse, mais ça a fait mal quand même bien sûr. J’avais de bonnes jambes.
« J’AI PRIS EN MATURITÉ »
As-tu travaillé particulièrement des choses pour être meilleur sur un général ?
Honnêtement, non, j’ai travaillé de façon identique à l’an passé. C’est plutôt mentalement, je pense. J’ai changé, j’ai pris de l’expérience même si je reste jeune. J’ai pris en maturité. J’imagine que ça se fait naturellement aussi, en tout cas ça va de mieux en mieux et je me surprends. C’est aussi une question de confiance. L’autre jour, quand Jonas a gagné avec deux minutes d’avance, je n’étais pas dans la roue quand il est parti. J’avais eu des regrets car j’ai eu le sentiment que j’aurais pu prendre la roue. Alors cette fois-ci, je m’étais promis que s’il en mettait une, il fallait que je sois directement dans la roue. Et je l’ai fait.
Tu marches particulièrement fort depuis le début de l’année, mais tu n’avais pas été en réussite jusque-là, malgré plusieurs podiums…
Pour ma première de l’année sur le Tour des Alpes-Maritimes, j’étais vraiment deg’. Je ne sais toujours pas ce qu’il s’est passé ce jour-là, mon corps m’a dit stop sur les deux derniers kilomètres. Pareil aux Boucles Drôme-Ardèche. Le samedi, ce n’était pas possible face à Paul (Seixas) mais le dimanche, j’ai encore loupé la victoire de peu et j’étais vraiment dégoûté, encore une fois. Cette fois-ci, j’étais content de faire un bon général mais oui, il me manquait un truc. Et je l’ai maintenant.
En savoir plus : coureurs et équipes associés
Coureurs

