Decathlon CMA CGM s’en contentera

Crédit photo Fabien Lenfant / DirectVelo

Crédit photo Fabien Lenfant / DirectVelo

Bien sûr, le bilan de l’Etoile de Bessèges 2026 de la formation Decathlon CMA CGM aurait été tout autre à deux secondes près. Si Paul Lapeira avait pris un ou deux virages plus vite ce dimanche dans les rues d’Alès, s’il était parvenu à terminer 2e plutôt que 3e la veille, lors de l'exigeante arrivée de Vauvert, où s’il n’avait pas légèrement coincé dans le final de Bellegarde, le premier jour. “Je suis content de faire un podium au général ici, on était venus pour ça. 2e, c’est bien, mais il y a forcément de la déception car j’aurais pu gagner le sprint hier (samedi) et donc aussi le général aujourd’hui au jeu des bonifs”, synthétisait le Normand au pied du podium protocolaire, dimanche après-midi. 


Contrairement aux trois autres WorldTeams présentes durant cinq jours dans le Gard - Alpecin-Premier Tech, Groupama-FDJ United et Intermarché-Lotto -, les hommes de Dominique Serieys n’ont pas gagné. “C’est sûr qu’il y a de la frustration car on y croyait et ça se joue à deux secondes près… Le bilan est mitigé. On était venus là pour gagner une étape et le général, on ne parvient à faire ni l’un ni l’autre”, débute Nicolas Guillé auprès de DirectVelo. Le directeur sportif tient tout de même vite à relativiser, et à contrebalancer. “Je préfère quand même retenir avant tout la très bonne attitude de tout le groupe. On a tenté de belles choses sur chaque étape. La journée de samedi a été déterminante pour le général, ça n’a pas voulu sourire mais ça reste correct”.

« LE BUT ÉTAIT QUE PAUL (LAPEIRA) RÉCUPÈRE DU TEMPS VIA LES BONIFICATIONS »

Pas question de tout jeter en effet, alors que Paul Lapeira a été tout proche de remporter l’épreuve et que l’équipe a placé un coureur dans le Top 5 à quatre reprises. Il faut dire que Decathlon CMA CGM s’était présentée sur la première course par étapes française de la saison avec pas moins de trois hommes capables de faire un gros coup au sprint : Paul Lapeira donc, mais aussi Rasmus Pedersen - lequel espérait "montrer à tout le monde" ce qu'il vaut pour parfaitement lancer sa saison - mais aussi Noa Isidore. Ce dernier évoque un bilan personnel “mitigé” après le chrono final. “Je me sentais bien mais je n’ai pas eu les résultats que j’espérais. Sur la troisième étape à Bessèges, il y avait vraiment moyen de gagner mais on n’a pas bien communiqué entre nous. Dans le final, c’était un peu brouillon. C’est dommage pour hier (samedi) aussi car on a fait le travail à la perfection mais Paul s’est fait gêner dans le sprint. Il y avait moyen de gagner. On a bossé les automatismes, c’est toujours ça de pris”, déclare l’ancien Champion de France Espoirs, qui s'était dit "très revanchard" en stage de présaison. 

Si Nicolas Guillé précise que la stratégie était de miser sur la force collective en jouant plusieurs cartes vendredi, lors de la traditionnelle étape tracée autour de Bessèges et de la Cèze, Paul Lapeira restait tout de même l'option N°1 et la (grande) priorité tout au long de la compétition. “Les rôles étaient bien définis. Le but était que Paul récupère du temps via des bonifications avant le chrono. Mais il a fait 4 le premier jour et a donc loupé les bonifs de peu. Puis à Bessèges, ça ne l’a pas fait non plus alors qu’on espérait créer des différences et écarter des mecs de la victoire finale. Rasmus était pour sa part le sprinteur désigné pour l’étape du jeudi”. Où le Danois a pris la 4e place.

« ON A SENTI UNE BONNE ÉVOLUTION AU FIL DES JOURS »

Decathlon CMA CGM est donc reparti sans succès d’Alès mais la saison ne fait que commencer et, sans faire offense à la compétition occitane, il s’agissait là d’une mise en jambes avant les gros objectifs à venir. “On a senti une bonne évolution au fil des jours. On a de mieux en mieux travaillé ensemble, c’est bien revenu, se félicite Noa Isidore. On finit mieux que ce qu’on a commencé, même s’il n’y a pas la gagne”. Avec trois coureurs dans le Top 6 du dernier chrono, l’équipe prouve s’il en était besoin qu’elle compte en effet un collectif particulièrement solide et homogène. 

Pour rappel, la saison 2026 de la très ambitieuse WorldTeam française avait parfaitement commencé en Australie avec les succès du Danois Tobias Lund Andresen, sur une étape du Tour Down Under puis lors de la Mapei Cadel Evans Great Ocean. “C’est toujours important de gagner très vite, ça libère forcément l’ensemble du groupe, on court plus détendus pour tenter des choses”, rappelle Nicolas Guillé. Sur le front français, le collectif enchaînera dès vendredi prochain avec le Tour de la Provence. “Il faut continuer sur cette dynamique. On est sur un bon début de saison. L’équipe fonctionne bien. La victoire sera vite au bout une nouvelle fois”.  

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