Cette fois, Julian Alaphilippe n'a pas seulement retrouvé des couleurs

Crédit photo GP de Québec - James Startt

Crédit photo GP de Québec - James Startt

Il y a presque deux mois, Julian Alaphilippe franchissait la ligne d'arrivée de la 15e étape du Tour de France, à Carcassonne, les bras levés, pensant mettre fin à une année de disette. Puis la déception avait été grande, quelques secondes après avoir compris qu'il ne finissait que 3e, loin derrière Tim Wellens, parti dans un numéro solitaire ce jour-là. Mais ce vendredi, le coureur de Tudor peut célébrer. Julian Alaphilippe a triomphé sur le Grand Prix de Québec, pour son premier succès en WorldTour depuis une étape du Giro 2024. "Honnêtement, je pense que je vais avoir besoin d’un petit peu de temps (pour réaliser) parce que le GP de Québec est une course que j’ai toujours rêvé de remporter", exulte-t-il.


Du haut de ses 33 ans, le punch de l'ancien double Champion du Monde n'a pas encore disparu. En filou toute la journée, en se glissant dans les différents groupes d'attaquants, Julian Alaphilippe a fini par sortir de sa coquille au meilleur des moments. Après une première accélération à moins de 3 kilomètres du but, qui lui a permis de sortir avec Alberto Bettiol et Pavel Sivakov, le 3e du dernier Tour de Grande-Bretagne a mis la bonne dans la dernière montée de la Côte de la Montagne. "J’avais de bonnes sensations pendant toute la course mais à un certain moment, c’est devenu tactique. Il y avait des équipes très fortes et de mon côté, j’étais le seul représentant de l’équipe. J’avais l’ordre d’essayer de garder le plus de forces possible pour le final. Je suis resté concentré et à la fin…".

UNE AFFAIRE DE MÈTRES

Et à la fin, Julian Alaphilippe a retrouvé de sa superbe. Même une attaque désespérée de Tadej Pogacar, à 13 kilomètres du terme, plus timide qu'à l'accoutumée, n'a pas fait abdiquer les échappés. Et même après l'attaque finale à plus d'un kilomètre du but, Alberto Bettiol et Pavel Sivakov n'ont pas lâché l'affaire, et n'ont concédé que quelques mètres à leur adversaire. Même un dernier sprint de Pavel Sivakov n'a pas fait vaciller Julian Alaphilippe. "Bravo à Julian, il a été très fort aujourd’hui dans la dernière montée. C’est quand même un peu de déception de passer à côté d’une belle victoire mais 2e, ça reste un très bon bilan pour aujourd’hui. Je n’avais pas passé des mois super au niveau de mes sensations, alors je suis satisfait de retrouver de bonnes jambes pour cette fin de saison. C’est la fin d’une mauvaise passe", note le coureur d'UAE Team Emirates.

Sans parler de mauvaise passe compte tenu de ses résultats plus qu'honorables, Julian Alaphilippe a lui aussi mis une longue période d'attente derrière lui. "Le réaliser aujourd’hui et de cette manière... C’est la première en WorldTour depuis une étape au Giro l’année dernière, je suis très heureux". En plus devant sa compagne, Marion Rousse, qui n'a pas manqué de lui glisser quelques mots après son succès. "Tu as fait la course parfaite ! Tu le sentais ?". Réponse positive du vainqueur du jour. Fini les défaites encourageantes de la Grande Boucle ou du Tour de Suisse, Julian Alaphilippe a encore de la ressource physique, mais aussi tactique lorsque les jambes répondront moins. Et ce même en WorldTour.

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