Louis Hardouin : « Ma force, c’est la perte de Simon Millon »

Crédit photo Freddy Guérin - DirectVelo

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Louis Hardouin poursuit sa série. Victorieux à deux reprises par mois depuis mai, le pensionnaire de Guidon Chalettois a respecté cette règle pour juillet. Lauréat il y a quinze jours d’une étape du Tour de Côte d’Or, il a remporté, ce mardi, le Grand Prix de Cours-la-Ville, cinquième manche de la Coupe de France N1. “La Coupe de France est une des plus belles épreuves après le Championnat de France. On sait qu'il y a un gros niveau et que ce n'est pas une course de village. Je ne connaissais pas Cours-la-Ville mais c’est une très belle course, assez dure, et je suis heureux de lever les bras ici“, se réjouit au micro de DirectVelo le 2e du Challenge DirectVelo Amateurs qui s’était déjà imposé sur une manche de Coupe de France, l’an passé, au Caux Tour. Par la même occasion, il consolide sa place de leader au classement général individuel de cette Coupe de France N1.

« LE VENT DE FACE A JOUÉ UN RÔLE MAJEUR »

Au cours de l’après-midi, le coureur de 24 ans s’est inquiété quand une échappée de dix unités a pris le large. “Au début, je me suis un peu affolé, je relançais beaucoup. J'ai voulu attaquer, parce qu'il y avait un gros groupe devant d'une dizaine de coureurs. On n'avait personne devant, et je voulais dynamiter la course pour pouvoir sortir du peloton“. Mais il s’est vite ravisé. “Je me suis vite rendu compte qu'avec le vent de face, ça allait vachement poser la course. Ce matin, j'étais le premier à dire que ça n'arriverait jamais en sprint massif, mais le vent a joué un rôle majeur. On est resté attentif avec l'équipe, et à deux tours de l’arrivée, on a vu qu'on allait quand même se diriger vers un massif“.

Louis Hardouin a parfaitement manœuvré dans le final. “J’ai filoché, je me suis bien placé. J'ai fourni un premier effort aux 500 mètres pour me replacer vraiment dans les toutes premières positions. Après l'enchaînement des deux virages, j'ai vu l'ouverture et j'y suis allé pour ne pas avoir de regrets. Et avec mon punch, j'ai réussi à faire la différence“. Il confirme qu’il est à l’aise sur tous les terrains. “Je suis assez polyvalent. J'aime aussi bien quand c'est usant, que quand ça arrive au sprint comme quand j’ai gagné au Tour de Côte d’Or“.

« C’EST POUR ÇA QUE J’ARRIVE À GAGNER »

En outre, il a un supplément d’âme depuis le début du printemps. “Ma force, c'est la perte de Simon Millon, notre coéquipier. On a vécu un gros coup dur collectivement et personnellement aussi, parce que c'était vraiment mon ami. Tous les matins, quand je pars à l'entraînement et que je monte sur le vélo, je pense à lui, et je me dis que j'ai cette chance de m'entraîner, tandis qu’il n'aura plus jamais cette chance-là. Je pense vraiment qu’il est avec moi, parce que toutes les planètes s’alignent, depuis qu'il est parti. Je ne peux pas le nier, c’est pour ça que j’arrive à gagner. Il m’a aidé lors de ma première victoire au début de saison, et il est mort le lendemain. Depuis, le groupe est soudé, toute l'équipe m’a soutenu. Simon faisait partie des murs du Guidon Chalettois, et c'est important de briller, d'avoir quelques sourires, des larmes de joie à l'arrivée, et pas de tristesse par rapport à ce qu'on a enduré“.

Louis Hardouin aura un mois d’août “un peu plus calme“ avec trois courses du Challenge Mayennais. Avant de reprendre les choses sérieuses le 31 août avec le Grand Prix de Plouay (1.2). À partir de là, il enchaînera les épreuves du Challenge Boischaut-Marche, Paris-Chalette-Vierzon qu’il avait remporté la saison dernière, ainsi que les deux dernières manches de la Coupe de France N1, Paris-Bourges et la Classique Puisaye-Forterre. “Le but est de bien finir la saison et de prendre tout à ce qu’il y a à prendre. Forcément, Paris-Bourges sera particulier, c’est redescendu d’un échelon, on a la chance de pouvoir le faire chez les Amateurs. Je pense qu’on va aller repérer le parcours, comme ce n’est pas très loin de la maison. Ce serait l’occasion de peut-être remporter une nouvelle manche“.

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