François Trarieux : « On fait partie des meilleures nations au monde »

Crédit photo Patrick Pichon - FFC

Crédit photo Patrick Pichon - FFC

Un titre Mondial de plus pour l'équipe de France de cyclo-cross. Le troisième depuis la nomination de François Trarieux comme entraîneur national. Mais ce titre de Champion du Monde de relais mixte succède, au cours du même hiver, à celui de Champion d'Europe dans la même discipline. Ce qui donnait de la confiance aux coureurs. "On savait qu'on pouvait être Champions du Monde, en sachant que les Hollandais n'étaient pas là, glisse Hélène Clauzel qui cumule les deux titres. On savait aussi que les Anglais, les Belges et les Italiens allaient être très forts. Mais on savait depuis le Championnat d'Europe qu'on pouvait le faire, même avec deux Espoirs mais des Espoirs très costauds, et nous voilà Champions du Monde". François Trarieux revient avec DirectVelo sur cette journée arc-en-ciel dont il s'est aussi servi pour préparer la suite du week-end.

DirectVelo : Le titre de Champion du Monde après le titre européen... C'était l'objectif ?
François Trarieux : On visait le podium dans son ensemble mais pour ça, il faut faire la course parfaite et on n'a pas fait la course parfaite... Rémi (Lelandais) a raté sa pédale, ce qui l'a fait dérailler, et derrière, il a réussi à bien rétablir la situation. L'objectif de son relais était d'avoir un coup d'avance. Sur un parcours bien gras, je pensais que c'était mieux de mettre les deux meilleures cartouches en tête pour qu'ils puissent creuser sur les autres nations pour être directement dans le match. Martin (Groslambert) a pris le relais et a creusé un petit peu, Célia (Gery) décroche l'Italienne et la Belge. Laurianne (Duraffourg) a fait quelques erreurs mais elle a réussi à garder le contact avec l'Anglais (Oscar Amey).

« ÇA POUVAIT LUI SERVIR POUR LA COURSE DE DIMANCHE »

C'était ensuite le tour d'Hélène Clauzel...
Elle a pris le relais avec 20 secondes de retard (sur Anna Kay, NDLR). Hélène a fait un gros relais, elle a recollé et même dépassé Anna Kay. Quand je vois qu'Aubin (Sparfel) prend le relais avec sept secondes d'avance pour le dernier tour, je sais qu'il est capable d'aller très vite sur un tour. Je savais aussi que Mason n'était pas forcément le meilleur sur un seul tour. Quand ça gagne, tu te dis que tu as choisi la bonne stratégie mais ça se joue à des petites choses.

Comment as-tu construit cette stratégie ?
Je voulais varier, ne pas faire tout le temps la même stratégie. J'avais d'abord mis Martin en premier et ensuite, j'ai choisi de mettre Rémi. L'idée était de profiter des qualités de Rémi au départ dans les petites buttes après la passerelle et qu'ensuite Martin remette un petit coup derrière. Pour Aubin, en dernier, je me disais que sur un tour, il pouvait aller assez vite au sprint. Et en cas de sprint, ça pouvait lui servir pour la course de dimanche et lui montrer l'approche du final avec la pression. J'avais un accord avec David (Menut) prévu initialement dans le relais, j'ai décidé de le remplacer par un deuxième Espoir, même s'il court demain. Sur la durée de la course, David comme Mason sont meilleurs que les Espoirs, mais sur un seul tour ce n'est pas là où ils sont le plus rapide.

Par quelles émotions es-tu passé pendant la course ?
On a assisté à une super course, c'était palpitant du début jusqu'à la fin. Au départ, on s'est dit que ça allait être chaud avec Rémi. On est passé par tous les états, on a repris la tête rapidement. Quand on court devant, on a le droit à l'erreur, c'est ce qui s'est passé pour Lauriane qui a fait une ou deux petites fautes, mais Anna Kay est tombée le tour d'après dans son face à face avec Hélène. Dans le final, Aubin a sorti un très beau finish. J'espère que, comme au Championnat d'Europe, ça va bien les lancer mais là, au moins, on ne repartira pas bredouille.

« APRÈS CE FINISH FABULEUX, IL FAUT SAVOURER »

Que représente ce titre pour le cyclo-cross français ?
Ce titre de Champion du Monde après le titre de Champion d'Europe, ça montre qu'on fait partie des meilleures nations au monde en cyclo-cross. Je ne veux pas dire qu'on est les meilleurs mais ça montre que dans notre fédération, nous avons des filles et des garçons qui sont à haut niveau et aujourd'hui, ils sont allés chercher ce petit supplément pour aller gagner. C'est pour ça qu'on travaille avec tout le staff et quand ça paie, c'est une super réussite. C'est une fierté pour toute l'équipe d'avoir pu vibrer aujourd'hui (vendredi). J'espère que ça continuera comme ça pour la suite, il faut que les coureurs s'en servent pour avoir la confiance nécessaire.

Qu'attends-tu de ce week-end après ce titre ?
Les courses de ce week-end vont être très disputées dans toutes les catégories. Nous ne sommes pas les favoris, il y a des coureurs très costauds, on les a vus aujourd'hui comme Viezzi chez les Juniors. Ce sera un week-end bien dur sur un circuit ultra physique et très technique dans le bas du parcours. On l'a vu, il ne faudra pas commettre d'erreurs. Les Champions et Championnes du Monde de ce week-end seront à l'image du cyclo-cross : une discipline complète, technique et puis physique. Sur un Championnat du Monde, ce sont aussi les émotions qui comptent, il faut être fort dans la tête et dans les jambes. Il me tarde de voir comment ça va se passer.

L'équipe de France gagne le relais au Championnat d'Europe et au Championnat du Monde avec deux équipes différentes, ça prouve la richesse du réservoir du cyclo-cross français ?
Les ossatures sont les mêmes mais on peut se permettre de faire tourner l'effectif. Joshua (Dubau) affectionne ce type de rendez-vous. J'ai mis Martin (Groslambert) comme il vient du VTT, il est habitué à faire ce type d'effort. Chez les Elites, on sait qu'on a toujours du mal à s'exprimer au plus haut niveau mais on voit cette homogénéité qui ressort et j'espère que dans les prochaines années, la France continuera d'être sur les podiums. On ne gagnera pas tout le temps, mais quand on gagne comme aujourd'hui après ce finish fabuleux, il faut savourer.

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