Samuel Monnerais : « Un gros travail pour peaufiner l'aérodynamisme »

Crédit photo DirectVelo

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Le Championnat de France sur piste à Saint-Quentin-en-Yvelines a servi de derniers réglages aux équipes de France avant le Championnat d'Europe. Samuel Monnerais, l'entraîneur des filles de l'endurance, était présent, tout comme Steven Henry, dans le quartier des coureurs pour faire le bilan de chaque course avec ses sélectionnées. Classées 3e du classement de la qualification olympique, et deux fois médaillées de bronze du Championnat du Monde, les Françaises abordent bien placées la dernière ligne droite vers les Jeux olympiques. Samuel Monnerais fait le point avec DirectVelo.

DirectVelo : Quel bilan fais-tu du Championnat de France des filles de l'équipe de France ?
Samuel Monnerais : C'est difficile de répondre. Pour la poursuite par équipes, elles sont réparties dans des équipes de comité et elles sont obligées de respecter l'homogénéité nécessaire à chaque équipe pour aller au bout de l'exercice. Sur l'Omnium, les quatre de l'équipe de France (Victoire Berteau, Marion Borras, Clara Copponi et Valentine Fortin, NDLR) étaient au-dessus et il m'a semblé qu'elles étaient plutôt bien en jambes. Sur la poursuite individuelle, c'est pas exceptionnel sur le plan physique en termes de Watts. Elles ont aussi couru le matin après une longue journée d'Omnium donc ce n'est pas surprenant.

Tu leur avais donné un objectif pour ce Championnat de France ?
Nous sommes dans un gros travail pour peaufiner l'aérodynamisme et samedi on a eu de très bons signaux. C'était l'objectif de la séance de poursuite individuelle. On a beaucoup travaillé avec la cellule performance de la fédé sur cette thématique car on pensait qu'on avait à gratter. Et en effet, on arrive à améliorer le Scx. C'était le très bon point mais il manquait de la puissance sur les pédales. Ça peut s'expliquer parce qu'elles doivent justement maîtriser une nouvelle position pour rouler à plein régime et il y avait la fatigue de la veille.

« LE CHOIX REPOSE SUR LES ÉPAULES DE STEVEN »

Qu'est-ce que t'attends d'Apeldoorn ?
En poursuite par équipes, je ne sais pas et ce n'est pas de la langue de bois. On a très peu travaillé la poursuite par équipes alors qu'on a bossé sur la route, en hypoxie, à Ténérife. On a fait le travail de position à Saint-Quentin avant de partir à Ténérife mais sans travail à allure de compétition. Les premiers exercices de poursuite par équipes, c'était le 2 et le 3 janvier avant le Championnat de France. On se projette sur beaucoup plus loin car on n'a pas le couteau sous la gorge comme on a pu l'avoir pour se qualifier pour les Jeux de Tokyo. On a de la marge (3e du classement de la qualification olympique sur 10 qualifiés, NDLR). Les filles vont bien, elles sont performantes, alors ne pas monter sur la boîte ce serait une petite déception.

L'absence de Marie Le Net (lire ici) c'est plus un handicap pour elle ou pour l'équipe ?
Si une des quatre titulaires tombe malade à Apeldoorn, son absence sera handicapante pour le groupe. Aujourd'hui, c'est plus à elle qu'on pense. Ça nous fait de la peine parce que c'est une situation pas évidente à vivre. Elle était revenue sur la piste il y a un an, l'objectif olympique était très clair. Là, c'est un caillou dans la chaussure pour nous et pour elle. On a envie de la retrouver rapidement avec nous en bonne santé. Ça n'handicapera pas la performance des filles car on a une équipe hyper homogène qui se tient. Ce n'est pas comme certaines nations où, quand il manque Chloé Dygert, c'est beaucoup plus dur pour les Etats-Unis.

Comment vas-tu faire le choix pour la sélection pour les JO ?
Le choix repose sur les épaules de Steven (Henry, l'entraîneur en chef de l'endurance, NDLR). Mon boulot c'est de les entraîner en stage et au quotidien, pour la plupart mais pas toutes. Sur les cinq qui ressortent du lot pour les Jeux, à part Marie, j'entraîne les quatre autres. Comme on veut que les choses soient claires, je ne sélectionne pas et ce n'est pas moi qui décidera qui fera l'Américaine et l'Omnium aux Jeux. Steven assiste systématiquement à tous les moments clef pour avoir les éléments en mains pour faire son choix.

« SI UNE DES CINQ EST ALIGNÉE DANS UNE AUTRE DISCIPLINE... »

Après Milton, il faudra choisir...
Oui mais il nous reste une solution. On pourrait partir à cinq aux Jeux si une des cinq est alignée dans une autre discipline que la piste. Donc peut-être que parmi les cinq, il n'y aura pas de choix à faire. Ce seront les résultats des filles sur la route qui vont parler. Ça reste dans un coin de notre tête car aujourd'hui on a des filles qui pèsent sur la route alors que je n'aurais pas tenu le même discours avant Tokyo. Mais Paul Brousse fera la sélection qui lui paraîtra la plus juste sur le plan sportif. Et s'il y a une pistarde dedans, on partira à cinq.

Avec quelle équipe irez-vous à la Coupe des Nations de Hong-Kong ?
On ne sait pas si on alignera une équipe à Hong-Kong. On fera les comptes après le Championnat d'Europe. Si après Apeldoorn, on voit qu'on est assuré d'être qualifié pour les Jeux, on fera le choix de ne pas aller à Hong-Kong. Si on y va ce sera avec une équipe de relève.

Avec la professionnalisation des équipes, est-ce que c'est mieux de laisser les filles un peu plus disponibles pour leur équipe sur la route ?
On n'a pas le choix, c'est leur métier de faire du cyclisme sur route, elles ont des employeurs. C'est même une plus value pour nous de les voir évoluer au plus haut-niveau sur la route. Leur pratique route leur sert beaucoup pour leur pratique piste, et inversement. Sur la piste, elles apprennent à rouler très vite et musclent leur jeu pour les moments décisifs sur la route. Il faut juste que les équipes l'entendent et on a la chance que les équipes l'entendent et ne viennent pas opposer le projet d'équipe au projet piste des filles. C'est une chance.

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