Clara Copponi : « Je n’y vais pas pour découvrir »

Crédit photo Zoé Soullard / DirectVelo

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Clara Copponi n’a pas pu aller au terme du Tour des Flandres. Pour sa troisième Flandrienne de la saison, après La Panne et Gand-Wevelgem, la Provençale a été victime d’une chute sur le « Ronde », comme plusieurs de ses coéquipières de la FDJ-Suez. “On m’a tapé dedans par derrière. Au niveau du dos, ça n’allait pas du tout… J’ai voulu aider les filles mais j’ai vite arrêté”. Depuis, les nouvelles se veulent rassurantes, après un petit tour par l’ostéopathe. “A priori, ça devrait aller, il n’y aura pas de conséquences”. Cela tombe bien, car un nouveau gros rendez-vous l’attend ce samedi, puisqu’elle va découvrir Paris-Roubaix. Habituée aux grosses performances, l’athlète de 24 ans n’ira pas pour faire de la figuration. “Ce sera une découverte, mais je n’y vais pas pour découvrir. La découverte, c’est sur la reco”, sourit-elle, convaincue que cette épreuve peut très bien convenir à ses qualités physiques. “Mais il faudra aussi un gros facteur chance”, concède-t-elle auprès de DirectVelo. 

« JE NE M'INQUIÈTE PAS DU TOUT »

Le début de saison 2023 de Clara Copponi n’est en rien comparable avec celui de l’an passé. En 2022, elle avait débuté sa saison au Nieuwsblad et avait collectionné les très bons résultats sur les plus belles courses du calendrier tout au long de la campagne des Classiques, avec un impressionnant bilan de six Top 10 en six courses. Cette fois-ci, piste oblige, elle n’a pas disputé la moindre compétition sur route entre fin janvier - elle avait lancé sa saison en Australie - et fin mars. “Je n’ai pas du tout eu la même prépa que l’année dernière. Depuis décembre, j’ai connu des périodes compliquées, j’ai été malade et j’ai eu du mal à revenir. Sur la piste, j’ai connu des Championnats d’Europe et du Monde difficiles, même si j’ai ensuite décroché deux médailles d’or en Coupe de Monde, avec des sensations qui restaient quand même pas top. Je n’ai que trois jours de course au compteur depuis mon retour sur la route, mais ça va quand même”.

Si les résultats ne sont - pour le moment - pas aussi flatteurs que l’an passé à la même époque, Clara Copponi a tout de même décroché un Top 10 lors de Gand-Wevelgem (voir classement). Un résultat plus que convenable. “Il ne m’a pas manqué grand-chose à Bruges, pour ma reprise. Ce n’était pas mauvais. Puis à Gand-Wevelgem, une course que j’adore, j’ai eu de bonnes sensations. Je suis arrivée pour le podium mais j’ai encore mis beaucoup de temps avant de faire mon choix au sprint et ça m’a sûrement coûté une meilleure place. C’est peut-être normal, il me faut le temps de reprendre mes automatismes”. Il n’y a, pour ainsi dire, aucune raison de s’affoler. “Je ne m’inquiète pas du tout. Les sensations sont plutôt bonnes”.

« C’EST LE DEAL AVEC L’EQUIPE DEPUIS LE DÉBUT »

La situation est de toute façon claire pour Clara Copponi et la formation FDJ-Suez. Bien qu’ambitieuse sur la route, elle n’en fera pas une priorité avant encore un an et demi. “On a un deal avec nos pistardes, il faut trouver le bon compromis. Je ne veux pas aller contre le naturel de mes athlètes, ni contre leurs envies. Bien sûr, il y a un côté frustrant car on sait de quoi Clara est capable. Mais son objectif N°1, c’est Paris 2024 sur la piste, rappelle Stephen Delcourt, le manager de la WorldTeam tricolore. Clara n’est pas un robot. Elle n’a repris que fin mars. Il lui fallait du temps”.

Clara Copponi sait depuis longtemps ce qu’elle veut, et où elle va. “Cette double activité, c’est un choix de ma part, un choix assumé. Je me prépare principalement pour la piste. Bien sûr, j’aurais peut-être pu être plus performante avec un début de saison plus riche sur la route, mais on connaît la situation. Ma priorité, c’est les J.O. de Paris. C’est le deal avec l’équipe depuis le début : Tokyo et Paris. Ce n’est pas frustrant. C’est déjà dur de faire les deux, alors s’il fallait être au top tout le temps… C’est déjà beaucoup de sacrifices et de travail. Je ne vois pas souvent ma famille”. Surtout, prioriser la piste ne l’empêche pas de briller sur la route, comme elle l’a démontré tout au long de la saison 2022. “J’ai conscience de pouvoir aller beaucoup plus loin sur la route, c’est clair. Mais Stephen (Delcourt) et l’ensemble de l’équipe ont accepté la situation depuis le jour où j’ai signé à la FDJ. Et ce n’est pas comme si j’étais nulle sur la route. Je n’ai peut-être pas gagné autant de courses que j’aurais pu le faire jusqu’à présent, mais j’imagine que l’équipe est quand même fière de moi, de mon parcours jusque-là. On en veut toujours plus, moi la première. Mais il faut faire des choix”. Des choix qui ne l’empêcheront sans doute pas de prétendre à jouer les premiers rôles ce samedi dans « l’Enfer du Nord ».

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