Nathanaël Gery : « Je suis dégoûté »

Crédit photo Zoé Soullard - DirectVelo

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Nathanaël Gery a eu le temps de s’imaginer vainqueur devant le stade Geoffroy-Guichard. Un an après avoir été le meilleur grimpeur de l’épreuve, le coureur de 28 ans a encore fait parler de lui ce samedi sur le Grand Prix de Saint-Étienne Loire. Mais cette fois-ci, c’est à la pédale qu’il est sorti seul dans la cinquième et dernière difficulté, la montée du Pilon par la Jaillière, avant d’être repris par Antoine Aebi (Charvieu-Chavagneux IC) puis par un peloton d’une grosse vingtaine d’éléments, à moins de trois kilomètres de l’arrivée. Celui qui est entraîneur au sein de l’ECSEL est revenu sur sa course au micro de DirectVelo.

DirectVelo : Quel sentiment domine après ce Grand Prix de Saint-Étienne Loire ?
Nathanaël Gery : Je suis parti en stage pour me préparer. Je vois que ça marche bien mais ça me fait trop chier… Je suis dégoûté. Quand je me suis retrouvé devant, je me suis dit « si je gagne là… ». À chaud, c'est un peu énervant. Nous avons fait la course idéale, l'équipe a roulé pour moi. J’ai fait exactement ce que je devais faire et ça ne suffit pas… J'avais de bonnes jambes. Forcément, on pense à la victoire. On est à domicile, j'entraîne les Cadets, je vois qu'on m'encourage sur le bord de la route. Alors oui ça m'énerve…

Tu es sorti seul dans le dernier GPM, la Jaillière…
En bosse, j'étais un des meilleurs. Au pied de la Jaillière, j'en mets une directement et (Rémi) Capron me dit : « tu es énervé aujourd'hui ! ». S'il te dit ça, c'est que ça monte un peu fort quand même. Derrière ça a temporisé. Eux voulaient rester à quatre avec (Jordan) Labrosse et (Clément) Braz Afonso. Moi, je ne voulais pas parce qu'on ne creusait pas assez. Si je n'avais pas assez d'avance, c'était foutu pour moi. Il m'aurait fallu 40 secondes en haut. Mais je n'en avais que 20 et il y avait vent de face…

« JE N’AVAIS PLUS TROP LE CHOIX »

Tu as choisi d'insister…
Je n'avais plus trop le choix. Ça n'aurait rien changé si j’avais attendu le retour de certains coureurs. Même plus frais, je ne pouvais pas gagner au sprint. Antoine Aebi est sorti en facteur sur le sommet de la Jaillière et m’a rejoint au niveau de Saint-Héand. Dans la descente, il fallait pédaler et moi, je pèse 60 kilos. À part en bosse, j'ai du mal…. On a mis tout ce qu'on pouvait mais derrière, avec une vingtaine de coureurs, ça a recollé assez vite. Ensuite, il fallait gérer le sprint.

Comment l’as-tu géré justement ?
J'ai essayé de me mettre à l'arrière du groupe et de remonter au niveau du dernier rond-point. Je me suis mis dans la roue de (Clément) Carisey, je savais qu'il allait lancer fort de loin, mais je n’ai pas pu remonter. Je ne pouvais pas faire mieux au sprint (voir classement).

« JE SUIS DÉSOLÉ POUR EUX »

L’an dernier, tu avais joué le classement des grimpeurs…
Après le premier grimpeur, ils sont tous venus me dire « oh, tu n'as pas fait les points ! » (rires). Je leur ai dit que je n'avais pas le droit, que j'allais me faire engueuler si je les disputais. Et puis les gens ne m'attendaient pas trop dans le rôle que j’ai eu aujourd’hui, peut-être que ça a un peu surpris…

C’était ta deuxième course de la saison…
Je suis entraîneur alors je ne fais pas le début de saison pour ne pas créer d'ambiguïté avec l'équipe. Il y a un effectif et moi je suis dans le staff. Ensuite, il y a des courses que j’aime bien alors je prends des vacances début mars pour partir en stage. Là, je suis allé dans le Vaucluse. Je sais que pour Sainté ou Annemasse, le club me laisse une place. Cette année, j'étais prévu sur Sainté et remplaçant à Annemasse mais un des gars est malade. J'aime bien Annemasse, mais ça sera seulement ma troisième course alors je ne suis pas sûr de l'enchaînement… J'aurai sûrement un rôle différent, plus électron libre ou au service de l'équipe. Ce samedi, ils ont été aux petits soins pour moi… Ils m’ont aidé, ont pris mes déchets et ont roulé. Je suis désolé pour eux.

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