VC Villefranche Beaujolais : « Ça nous donne encore de l’élan »

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo

Sur l’Alpes Isère Tour, le VC Villefranche Beaujolais joue à domicile. Chaque année, le club profite de l’épreuve de Classe 2 pour faire venir ses partenaires voir au plus près les coureurs. Alors ce jeudi, il y avait du monde à l’arrivée autour de Tom Lambert Wetzel, vainqueur à Bourgoin-Jallieu de la deuxième étape après avoir réglé un groupe d’une quarantaine d’éléments. Manager du VCVB, Anthony Barle a été l’un des premiers à se précipiter sur le coureur de 20 ans, avant d’être lui aussi félicité autant sur place qu’au téléphone. Une fois la folie retombée autour de la ligne d’arrivée, Anthony Barle est revenu pour DirectVelo sur cette journée si particulière pour la Conti Fédérale rhodanienne.


DirectVelo : Que représente ce succès sur l’Alpes Isère Tour ?
Anthony Barle : Énormément de choses ! Tout d’abord, je pense à la formation avec Tom (Lambert Wetzel) qui était en Junior 2e année au VC Villefranche Beaujolais. C'est un garçon qui est important dans l'équipe depuis le début de saison. Je suis vraiment très content pour lui parce qu'il s'en donne la peine. C'est un coureur hyper sérieux, qui a beaucoup de respect envers son club. C'est juste énorme de gagner ici, face aux meilleures équipes de développement. Ce succès montre qu’on est en train de monter d'un cran, autant le club que Tom. 

« BEAUCOUP D'ÉMOTIONS À L'ARRIVÉE  »

La dernière victoire remontait à 2013 avec Frédéric Talpin…
On avait gagné avec Fred Talpin en 2012 et 2013, puis fait des podiums mais on n’avait plus obtenu de victoire. Il y a beaucoup de fierté. J’ai repris le club il y a 20 ans. On a toujours besoin de ces moments-là qui sont une source d'adrénaline pour pouvoir continuer à se battre et à faire avancer le club. Je tiens à remercier nos bénévoles et nos partenaires, dont les 200 privés. Tout le monde est main dans la main. C’est grâce à eux qu'on arrive à gravir les échelons. Je suis hyper fier de tout cela. Je n'avais pas besoin de ça mais forcément, ça nous donne encore de l'élan pour essayer d'avancer de plus en plus. Vu le plateau, ça laisse présager encore de belles choses.

Entre le club et l’Alpes Isère Tour, c’est une longue et belle histoire…
En 2008, quand on monte la DN2, l’organisateur Michel Baup m’a fait confiance et l’histoire a commencé à ce moment-là. Il nous a tendu la main dès le départ. On avait Sébastien Hoareau qui était déjà là et performant mais sans dénigrer les autres, ça ne reposait pas sur beaucoup de coureurs. Ils étaient courageux mais je me souviens avoir été directeur sportif à 45 minutes de la tête de course… Je pense que j'ai tout connu sur cette course-là. Il y a eu les victoires de Fred Talpin, les places de Sébastien Hoareau, Bastien Duculty, Antoine Raugel… Tao Quemere a fait quant à lui un travail énorme ici. L’an passé, Théo Laurans avait fini 7e du général. Cette victoire est pour tous les gens qui ont été là depuis 2008. Il y avait beaucoup d'émotions à l'arrivée. On se bat tous les jours avec le staff, les partenaires et les bénévoles pour vivre ces moments-là. La récompense est là.

« PARFOIS, JE ME PINCE »

Le fait de passer en Conti Fédérale a-t-il fait franchir le cap que tu voulais au club ?
On s'est un peu fait casser du sucre sur le dos parce qu'on était cinq équipes à y aller et on nous a dit qu'il ne fallait pas le faire, que ça ne servait à rien, qu’on n’allait pas avoir plus de courses au programme. L’an passé, c’est vrai qu’on a fait que le Grand Prix Criquielion en Belgique en plus, il n'y avait pas grand-chose de différent, mais il fallait y aller comme m’avait dit le président Michel Callot. Maintenant on est six équipes, et on se tire vers le haut entre nous. On est hyper soudés. Je suis allé féliciter Bourg-en-Bresse pour la Ronde de l’Isard. On a eu raison de ne pas écouter ceux qui disaient de ne pas franchir le pas et de se donner la peine d'y aller en augmentant notre budget.

Qu’est-ce que ça change concrètement désormais ?
Ça nous permet d’aller sur des Classe 1, de ne plus être un petit poucet en Classe 2… Les coureurs ont moins de stress et se disent que c’est une course de leur catégorie. On a fait Besançon et le Jura chez les pros. On va aller au Tour de l’Ain et au Tour du Limousin. Parfois, je me pince et je me dis que c'est quand même un truc de fou. Je pense aux gamins du club qui ont suivi l’étape à distance et qui ont vu gagner un coureur du VC Villefranche Beaujolais. Il faut profiter du moment et continuer dans ce sens-là sans s'enflammer, mais ce n’est pas mon habitude. C’est pour ça qu’on est encore là après 20 ans.

« IL DEVAIT PASSER À LA VITESSE SUPÉRIEURE CETTE ANNÉE »

Pour revenir à Tom Lambert Wetzel, le but va être désormais de l’envoyer chez les pros ?
Je ferai tout mon possible pour qu’il passe au-dessus. Il a le niveau pour cela. C’est un garçon sérieux. Il le mérite. On lui a donné le temps de progresser, de faire ses études… C'est le rôle d’une équipe comme la nôtre. Dans les équipes de développement, il faut absolument réussir, tu es en concurrence avec l’ensemble de tes coéquipiers… Tom est Espoir 3. Je lui avais dit qu'il était important d’accélérer cette année. Il devait passer à la vitesse supérieure, c’est ce qu’il est en train de faire. J’espère qu’il aura des contacts. On va tout faire pour l’aider. C’est mon travail de manager maintenant. Et puis pourquoi pas avec nous si on monte un jour au-dessus… Ça me semble court pour 2027 mais je sens quand même une évolution. On a des entreprises de niveau national, qui nous contactent un peu plus qu'avant. 

Tu as toujours cette volonté d’avoir une équipe professionnelle ?
Oui, mais sans faire n’importe quoi. Le club, c’est mon bébé. Je ne veux pas le perdre, il doit rester avec ses jeunes catégories. Mais si on a une opportunité de monter d’un cran, on le fera. Mon père a monté une équipe pro à 50 ans (Jean Delatour en 2000, NDLR), je viens d'avoir 51 ans. J'ai un an de retard sur lui mais je suis dans sa roue (sourire). Ce serait une belle histoire pour le club mais déjà avec la victoire de Tom, l’histoire est belle aujourd’hui.

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