Tom Lambert Wetzel : « J’avais un peu disparu des radars »

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo

Tom Lambert Wetzel enchaîne les bonnes nouvelles. Ce mardi, il en a fini avec sa licence de STAPS. “C'est pour ça que je me sens un peu plus libéré dans ma tête. C'est compliqué d'allier les études et le sport à ce niveau-là”, confie-t-il à DirectVelo après avoir remporté ce jeudi la deuxième étape de l’Alpes Isère Tour (2.2). Devant le stade Pierre-Rajon, l’antre des rugbymen du CS Bourgoin-Jallieu, le sociétaire du VC Villefranche Beaujolais a réglé au sprint un peloton d’une quarantaine de coureurs à l'issue d'une étape encore très disputée. Après ce premier succès en Classe 2, le coureur de 20 ans a exprimé sa joie au micro de DirectVelo.


DirectVelo : Tu lèves les bras sur l'Alpes Isère Tour !
Tom Lambert Wetzel : Franchement, c’est incroyable. C’est une course qui tient à cœur au club. La dernière victoire ici remontait à 2013 (avec Frédéric Talpin, NDLR). Forcément, après le fait qu’on ne soit pas allés à la Ronde de l'Isard, c’est devenu mon objectif principal. Je voulais faire un bon classement général et, si la possibilité de gagner une étape se présentait... C’est une étape qui me convenait. La course a été vraiment très dure et surtout très décousue. Il fallait savoir se canaliser parce que ça attaquait dans tous les sens à partir de 30 ou 40 kilomètres de l’arrivée. J’ai réussi à rester serein grâce au super travail de l’équipe.

C’était donc tout pour toi…
Maximilien (Juillard) allait dans tous les coups. Axel (Salvadori) a passé une superbe journée à l’avant. Lancelot (Chevignon) et Thomas (Tachot) ont bien fait le travail avec Lucas (Mainguenaud) avant que ça ne devienne la guerre. Au pied de la bosse, Maximilien m’a idéalement placé. J’étais comme un roi, j’avais juste à suivre ! Bon, j’étais quand même à bloc en haut (sourires), mais on avait vu au briefing qu’il fallait être dans les trois premiers au virage. J’étais 2e, je ne savais pas si j'allais réussir à dépasser le coureur devant moi parce que c’était bien serré, mais j'ai lancé le vélo et ça l’a fait. 

Tu as une bonne pointe de vitesse ?
Je n’ai pas forcément une puissance pure de folie sur les sprints très courts, mais je sais que sur des sprints un peu longs, j’arrive à tenir mes watts. J'étais quand même confiant face à des coureurs plus typés grimpeurs. Après, quand j’ai vu qu'il y avait Valentin Darbellay, c’est un gabarit costaud. Je pense qu’il doit faire bien dix kilos de plus que moi mais c’est passé. 

« J’Y PENSAIS VRAIMENT »

Cette victoire est importante pour ton avenir…
C’est ma première victoire en Classe 2. C’est la première fois que je me montre vraiment aux avant-postes à ce niveau. Maintenant, on sait que pour passer au-dessus, les victoires en Élite c’est bien, mais ça ne suffit plus. Je savais que l’équipe me faisait confiance pour faire un résultat, j’ai essayé de tout mettre en œuvre pour que ça se réalise. J'avais cette victoire sur l'Alpes Isère Tour dans un coin de la tête, j'y pensais vraiment. Forcément, j’espère un passage chez les pros. Pour l’instant, je n’ai pas vraiment eu beaucoup de contacts, donc j’espère que ça peut débloquer un peu la situation.

Tu étais parmi les meilleurs Juniors Français et tu n’avais pas eu la possibilité de rejoindre une réserve pro en arrivant chez les Espoirs. Ce que tu n’avais pas bien vécu à l’époque…
Forcément, ça avait été un peu compliqué de voir les autres coureurs de mon âge, avec qui je me battais, passer dans des Devo alors que je restais en Élite. Après coup, je pense que si je ne passe pas pro un jour, ce sera un échec, mais cette expérience a été bonne pour ma progression sur le long terme. On ne se rend pas compte, mais le niveau Élite est vraiment élevé aujourd'hui. Les Conti Fédérales ne sont pas ridicules quand on arrive en Classe 2. C'était un mal pour un bien. J’avais un peu disparu des radars à cause d'un enchaînement de pépins de santé, notamment au niveau des dents, qui m’avait bien handicapé. Cet hiver, j’ai essayé de tout remettre en place, avec notamment une opération des dents de sagesse, une désensibilisation au pollen dont je souffrais beaucoup... Là, je sens vraiment la différence cette année, j'arrive à tenir sur la durée.

OBJECTIF TOP 10 AU GÉNÉRAL

Cours-tu en pensant à un passage à l’étage supérieur ou arrives-tu à t’en libérer ?
Dès qu’on commence à marcher un peu, on y pense forcément parce qu’on a envie de passer le cap. Par contre, quand j’arrive sur ce genre de course, je n’y pense plus vraiment. Je fais ma course, et après ça donne le résultat que ça donne. Ce n’est pas une finalité en soi, c’est un rêve. Si ça ne le fait pas, je pourrai faire autre chose de ma vie, ce n’est pas un problème.

Tu te définis comme quel type de coureur ?
Honnêtement, je dirais plutôt passe-partout. J’ai un bon sprint. On le voit de plus en plus, les coureurs doivent savoir tout faire. C'est difficile d’être un pur grimpeur en Élite car il y a peu de courses qui s'y prêtent. Pour savoir si je suis un vrai grimpeur, on verra dimanche, car je n’ai jamais fait d’étape de ce calibre-là. Je suis plutôt un coureur complet, mais j’aime bien grimper, c’est quelque chose que j’apprécie.

Il reste trois jours de course sur cet Alpes Isère Tour…
Normalement, les deux prochains jours devraient être un poil plus tranquilles, enfin je l'espère, car les deux premières étapes ont été vraiment éprouvantes pour le peloton. Mon objectif reste un Top 10 au général, on verra ce que ça donne à la fin.

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