Des coureurs « sublimés », d'autres à revoir et une victoire : Le bilan de l'endurance

Crédit photo Patrick Pichon - FFC
L'équipe de France d'endurance a concentré sa saison de Coupe du Monde sur piste sur les deux dernières manches disputées en Asie, à une semaine d'intervalle, à Hong Kong puis à Nilai, en Malaisie. Les tricolores se sont distingués en poursuite par équipes et dans les courses en peloton. La paire Marion Borras-Valentine Fortin a gagné l'Américaine à Hong Kong où Donavan Grondin et Erwan Besnier se sont classés 2e. Les poursuiteuses terminent 3e à Hong Kong lors de leur unique sortie quand les poursuiteurs se classent 5e puis 2e, battus en finale par les Chinois. Iris Sachet et Samuel Monnerais, les entraîneurs nationaux, tirent le bilan de cette campagne pour DirectVelo.
DirectVelo : Vous repartez de ces deux Coupe du Monde avec une victoire dans l'Américaine avec Marion Borras et Valentine Fortin...
Iris Sachet : La victoire leur fait beaucoup de bien. Valentine n'avait pas fait de Madison à ce ce niveau-là depuis longtemps. La préparation se fait aussi avec Cofidis sur la route. C'est très positif.
Samuel Monnerais : Il faut relativiser le niveau d'ensemble. Il n'y avait pas toutes les nations avec leurs meilleurs éléments. Mais il n'empêche que les filles ont réalisé une très belle performance. Le retour de Valentine Fortin compétitive à un tel niveau après plus d'un an sans Américaine, ce n'était que du positif.
Les poursuiteuses sont aussi montées sur le podium. Qu'attendiez-vous de ce tournoi ?
I.S. : On voulait se situer par rapport à la concurrence, même si toutes les meilleures équipes n'étaient pas là. On voulait faire un point d'étape avant le Mondial. On est toujours dans la démarche de la construction du groupe. Nous avions trois jeunes dans l'effectif (Mélanie Dupin, Ilona Rouat et Clémence Chéreau). Clémence Chéreau était malade à Hong-Kong et c'est encourageant de pouvoir faire tourner l'effectif. Et elles sont à 2"5 des Néo-Zélandaises au premier tour. On est contents de ce qu'elles ont montré.
Que penser de la 7e place de Marion dans l'Omnium ?
S.M. : Marion manquait de fraîcheur. Elle avait couru Paris-Roubaix qui avait fini tard. Il fallait ensuite prendre l'avion. L'Omnium arrivait après trois jours après trois poursuites par équipes pleines, une Américaine qu'elle gagne. Mais elle ne fait pas d'erreurs dans l'Omnium, elle reste très neuve dans la discipline. Marion voulait tenter des choses tactiquement comme, par exemple, vouloir doubler dans le scratch où le peloton roule très vite. Ça n'a pas fonctionné et derrière, elle finit très loin. Même fatiguée, elle s'est battue jusqu'au bout et a montré ses capacités à puiser loin dans ses ressources. Elle fait des choix et elle s'y tient.
« FLUX D'AIR DANS LE DOS DES COUREURS »
Quel type de vélodrome est celui de Nilai ?
I.S. : Il se roule très bien. Il n'est pas très pentu. Il présente la particularité d'être climatisé car il faisait très chaud à l'extérieur. Les flux d'air froid étaient dans le dos des coureurs dans chaque ligne droite mais on ne maîtrise pas l'impact de ces flux d'air sur les coureurs.
Quel bilan faites-vous de la poursuite chez les Hommes ?
I.S. : Ils ont fait deux tournois quasiment complets, avec une finale (2e à Nilai). Ça reste de jeunes coureurs. Valentin Tabellion reprend des repères à un nouveau poste que je lui ai demandé d'occuper, le poste 2. Ils prennent de l'expérience. Ils appréhendent mieux les compétitions. Ils ont fait un beau tournoi en Malaisie. Ils sont allés chercher la finale en battant la Nouvelle-Zélande. Il manquait deux-trois grosses équipes mais ça roule bien.
Les Chinois montrent de gros progrès...
I.S. :Ils prennent clairement place dans la concurrence. On voit l'écart de niveau qu'ils ont gagné en deux-trois ans.
S.M. : Ils ont le physique pour rouler très vite. C'est une nation à prendre au sérieux. Ils bossent dur et ils ont recruté des entraîneurs.
« SON TALENT NE S'EST PAS ENVOLÉ »
Comment avez-vous composé les paires pour les Américaines ?
I.S. : Nous avons la volonté de faire tourner, de voir plus d'athlètes pour leur donner une chance de se montrer, et pour nous, de voir leurs capacités. Donavan était très très fort à Hong Kong. Avec Erwan, ils se sont sublimés
S.M. : Donavan et Erwan ont su faire une course plutôt intelligente. Ils ont su déclencher des mouvements de course, ils ont su doubler. Erwan manque un peu de capacité à rouler très vite. Ils ont subi les attaques violentes des Pays-Bas mais après le choc de l'attaque, ils arrivaient à rouler derrière. Ils ont fait une très belle course. Depuis un an, c'est seulement la troisième Américaine d'Erwan. A chaque sortie, il est meilleur. Donavan est à un très bon niveau mais il n'est pas encore à son meilleur niveau
Qu'avez-vous pensé de l'Omnium chez les Hommes ?
S.M. : Oscar Nilsson-Julien (7e à Hong Kong) est en recherche de sensations depuis 2024, où il avait terminé 2e à Hong Kong en Coupe du Monde. Il s'était bien préparé, retrouvé beaucoup d'envie mais il a été stoppé dans son élan par sa chute au Circuit des Ardennes. Il a eu le genou infecté. Ce n'est pas inquiétant mais ça aurait été bien pour son moral. Son talent ne s'est pas envolé.
I.S. : C'est partie remise, on le reverra à son meilleur niveau.
Quelle sera la suite du programme de l'équipe de France d'endurance ?
I.S. : Parmi les Espoirs qui étaient présents, certains iront au Championnat d'Europe à Cottbus. Nous préparerons le Championnat du Monde à Shangai au maximum car ce sera le début de la qualification olympique.
S.M. : On n'est pas à la recherche de points pour participer au Championnat du Monde contrairement à l'année dernière donc on a moins besoin d'aller dans les Grands Prix. Clara (Copponi) a terminé 2e de l'Omnium à Gand. Benjamin (Thomas) et Bryan (Coquard) étaient à Hyères. Pour les 6 Jours de Fiorenzuola cet été, le problème c'est la disponibilité des coureurs des équipes pros. Nous irons comme tous les ans aux 3 Jours d'Aigle avant le Championnat du Monde.
