« C'est bien que des clubs comme nous soient encore là », la joie immense d'Adrien Garel

Crédit photo DirectVelo

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Il n'a pas vécu le dernier tour dans sa voiture de DS du VC Pays de Loudéac mais assis sur une bordure de granit d'un trottoir de Dinan juste après la ligne d'arrivée. Adrien Garel suit la chevauchée en solitaire de son coureur Pierre Choblet sur son téléphone. Bientôt, il ne peut plus rester assis, se lève, l'angoisse de l'attente et la perspective d'un résultat formidable se mêlent dans sa tête, il se tient la tête dans les mains. La victoire assurée, il peut exploser de joie et quand le vainqueur du jour se présente devant lui, il le serre fort dans ses bras. Adrien Garel est heureux et fier de ses coureurs au bout d'une semaine de Tour de Bretagne, couronnée à Dinan par une victoire d'étape pour le VC Pays de Loudéac qui succèdent à celles d'Antonin Souchon et Cyrille Patoux. L'ancien pro de B&B Hôtels-Vital Concept, voix cassée d'avoir trop crié, ne cache pas sa joie auprès de DirectVelo.


DirectVelo : Avais-tu un plan au départ de l'étape ?
Adrien Garel : Je voulais qu'on prenne l'échappée. On avait étudié les petites routes où ça pouvait faire un petit peu plus rideau. J'avais dit à Ludo (Morice) de se placer dès le début parce que c'était une petite route. Ils étaient sortis à six-sept à cet endroit. Je pensais déjà que ça allait être la bonne échappée car il n'y avait que des mecs pas dangereux au général. C'est exactement ce que je leur avais dit. S'il n'y a que des mecs pas dangereux devant, qui va rouler derrière ? Decathlon, ils n'avaient pas intérêt. On sait toujours ici qu'on croit qu'avec 3 ou 4 minutes, on va rentrer. Et quand on tombe sur un très grand Pierre Choblet, ça ne rentre pas.

« ÇA FAIT PEUT-ÊTRE UN PEU TÔT »

Tu t'attendais à ce qu'il lâche Reef Roberts ?
Je lui avais dit d'aller le plus loin possible avec lui. Je sais que Pierre a une bonne pointe de vitesse quand les gars sont un peu cramés. Je lui ai dit, "tu pourras le battre sur la fin. Essaye de profiter le plus possible d'être à deux". Il passait moins. Sur le coup, je me suis dit, ça fait peut-être un peu tôt. Surtout quand je voyais que le FDJ n'était pas si loin. Mais on sait parfois qu'on va plus vite tout seul qu'à deux. C'est lui qui a fait le bon choix. Il a raison. Il a gagné. Et c'est incroyable pour lui.

As-tu stressé dans la voiture ?
Ma voix parle pour moi (il a la voix cassée, NDLR). Je l'ai déjà perdue la semaine dernière au Loir-et-Cher. C'est incroyable ce qu'ils me font vivre, les gars. Ce sont des émotions peut-être même plus fortes qu'en tant que coureur. On se lève le matin pour eux... C'est pour ça que je fais ce métier. Pour que des jeunes comme lui, qu'on a laissé, que des équipes pros ne veulent pas, pour dire qu'il y a Espoir 1, Espoir 2, mais il y a aussi Espoir 3, Espoir 4. Je suis trop content pour lui.

« IL FAUT LAISSER LE TEMPS AUX JEUNES »

Qu'est-ce que ça peut changer pour lui ?
Je ne sais pas. Pour le club, ça ne changera pas rien, je pense que mon président est content. Pour Pierre, peut-être un passage chez les pros. Il a montré quelque chose d'incroyable aujourd'hui. Il a résisté tout seul. Ça montre ses grosses capacités de rouleur. On sait que chez les pros, ce sont des capacités importantes. Il n'est qu'Espoir 3 aussi. On n'est pas tous des Paul Seixas. Je suis passé pro Espoir 3. Louis Hardouin marche très bien et il est passé pro à 24 ans. Il faut laisser un peu le temps aux jeunes. C'est bien que des clubs comme nous soient encore là pour pouvoir montrer ces choses-là. 

Ça montre que votre invitation était bien méritée...
Oui, on a commencé avec le maillot des grimpeurs de Félix (Rouinsard). C'était quelque chose qu'on voulait. On s'est un peu loupé le lendemain, en le perdant tout de suite. Ils se sont remobilisés. Ils y croient toujours. Tant qu'on y croit, on peut le faire.

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