Surpris par la flamme rouge, Ewen Gaillard place son maillot vert sur le podium
Crédit photo Quentin Bénion Photographies
La première édition en Fédérale Juniors de la Boucle Boissiérienne proposait un chemin empierré à chaque tour du circuit final autour de La Boissière-du-Doré. Mais c'est dans la partie en ligne que la bonne échappée s'est dessinée à un peu plus de 100 kilomètres de l'arrivée. Ewen Gaillard a été le dernier à sauter dans le bon wagon mais le coureur au maillot vert de l'AC Noyal-Châtillon-sur-Seiche a validé son ticket jusqu'à l'arrivée puisqu'il était encore là pour jouer la victoire au sprint. Il s'est incliné face aux deux Moreau, Thomas et Zachari, mais le Junior 2 vise plus loin dans la saison, comme il l'explique à DirectVelo.
DirectVelo : Alors, troisième aujourd'hui, quel sentiment t'inspire ce podium ?
Ewen Gaillard : Je suis globalement satisfait de ma course et de la manière dont elle s'est déroulée. C'est sûr qu'il y a toujours une pointe de frustration quand on voit la victoire s'échapper, mais les sensations étaient bonnes et nous avons fait une belle prestation à l'avant pendant une centaine de kilomètres. Je savais que ça allait sortir tôt. Le circuit, et particulièrement la première partie, était vraiment propice aux échappées. Il fallait impérativement être présent dès les premiers coups.
Comment t'es-tu retrouvé à l'avant ?
Je suis revenu sur un premier groupe de trois ou quatre coureurs qui avaient pris les devants. J'ai produit mon effort dans la bosse pour faire la jonction, ce que j'ai réussi à faire juste après le sommet. Ensuite, j'ai disputé tous les prix de la montagne. Quitte à être devant, autant aller chercher un classement annexe, ça fait toujours plaisir. Je n'étais pas forcément le plus à mon avantage dans les portions en chemin.
« PLUS PERSONNE N'A VOULU ROULER »
Comment as-tu géré le final ?
Je me suis fait surprendre par la distance. Je pensais qu'il restait deux ou trois kilomètres alors que nous étions déjà à la flamme rouge. On a vu le peloton se rapprocher à deux ou trois tours de l'arrivée, notamment en sortant des chemins. On a alors décidé d'augmenter l'allure et, finalement, ça a suffi pour maintenir l'écart jusqu'au bout. La course a été dure, il y avait de gros "coups de vis". Thomas (Moreau) parvenait à boucher les trous, mais de mon côté, je ne voulais pas rentrer trop brutalement pour ne pas m'épuiser. J'ai préféré monter à mon rythme, sachant que les deux (Thomas et Zachari Moreau) de devant n'étaient pas encore à bloc. Je ne me sentais pas forcément le plus fort. Ils étaient vraiment très puissants aujourd'hui.
Dans le final, tu n'as pas pu tenter ta chance ?
J'avais l'intention de tenter quelque chose, mais au moment où j'ai fini mon relais, on a passé le panneau du dernier kilomètre. Dès lors, plus personne n'a voulu rouler, ce qui est logique. Au sprint, je ne suis pas le plus performant, et j'ai commencé à avoir des crampes sur la fin.
« PAS UN COUREUR DE DÉBUT DE SAISON »
En début de saison, tu as fini 3ème de la Ronde du Printemps, étais-tu déjà en forme comme maintenant ?
À ce moment-là, je sortais d'un gros bloc d'entraînement, j'étais encore en pleine charge et je me mettais trop de pression. Aujourd'hui, j'étais beaucoup plus détendu. Ça se passe nettement mieux quand j'aborde les courses avec plus de sérénité, comme c'était le cas ici ou à la Ronde du Printemps. Je ne suis pas un coureur de début de saison, donc réussir à enchaîner de telles performances est très positif pour la suite. Après le cyclo-cross, je n'ai coupé que deux semaines. Ma préparation est donc un peu décalée par rapport aux autres coureurs. Je préfère faire plusieurs petites coupures durant la saison plutôt que d'enchaîner de trop longs blocs sans repos.
Quelles sont tes prochaines échéances ?
Je serai présent à la KBA le 1er mai. Je devais initialement participer à la Classique des Pyrénées, mais elle a été décalée. C'est surtout la deuxième partie de saison qui sera intéressante, avec notamment la Classique des Alpes en ligne de mire.
