Zachari Moreau, 5e du Mondial de ski de fond et suivi par Alpecin-Premier Tech
Crédit photo Quentin Bénion Photographies
Il ne passait déjà pas inaperçu sur la ligne de départ avec son accent québécois mais Zachari Moreau a également marqué les esprits en franchissant la ligne en 2e position de la Boucle Boissierienne ce samedi. Le Canadien accompagné par Alpecin-Premier Tech a tout donné pour arriver en solitaire en multipliant les attaques mais Thomas Moreau (CIC U Nantes) et Ewen Gaillard (Association Cycliste Noyal-Châtillon) ont fait de la résistance. Le coureur de 17 ans est aussi redoutable l’hiver sur des skis de fond puisqu’il a terminé 5e du dernier Championnat du Monde Juniors de ski de fond. Il est revenu sur cette journée et sur son double projet sportif au micro de DirectVelo.
DirectVelo : Tu as été offensif dès le début de course !
Zachari Moreau : Dès le départ ça attaquait beaucoup et un groupe est sorti avec un coureur du CIC. Je ne connaissais pas trop les coureurs et je ne savais pas vraiment qui était le plus fort. On a bien travaillé ensemble, on a collaboré et on est allés jusqu’au bout. À quelques tours de l’arrivée, j’ai essayé de sortir seul, comme Pogacar, mais je ne suis pas comme lui donc je n’ai pas réussi à aller au bout (rires). Je voulais tenter des choses pour que cette course me serve d’entraînement. Je voulais aussi éviter de chuter, donc être dans l’échappée était une bonne option.
Comment as-tu géré le final ?
J’ai multiplié les attaques et dans un passage sur le secteur gravel, j’ai réussi à lâcher deux coureurs. D’habitude, je suis plutôt un bon sprinteur, mais j’ai tenté de lancer de loin pour voir, et ça n’a pas marché. La tactique sera peut-être à revoir (rires), mais je suis quand même content d’avoir essayé et de finir 2e.
« AU CANADA JE SUIS PLUS ACTEUR CAR LE NIVEAU EST MOINS ÉLEVÉ »
Comment te sens-tu en ce début de saison ?
Je reviens bien en forme sur le vélo. L’an dernier, j’ai fait une bonne saison, mais depuis le début de cette année, je n’ai pas beaucoup couru. C’est la première fois que je viens en Europe, donc je voulais voir où j’en étais. Je suis content d’avoir pris l’échappée et d’avoir obtenu de bons résultats la semaine dernière sur la Penn Ar Bed-Bro An Hirwazh. J’avais seulement 1 000 kilomètres dans les jambes et j’ai terminé 13e de la troisième étape. J’ai hâte de voir la suite.
Comment juges-tu le niveau en Europe ?
J’essaie d’apprendre à me connaître. Au Canada je suis plus acteur car le niveau est moins élevé. Sur les épreuves UCI, il y a une trentaine de coureurs à pouvoir gagner, alors qu’au Canada on est plutôt trois ou quatre par course. C’est plus compliqué ici, donc je suis content de voir que ma forme est bonne.
Tu es dans un double projet sportif, comment tu gères cette situation ?
Je suis Junior 1. Je suis avec l’équipe du Québec, mais aussi avec Crabbé-Dstny et suivi par Alpecin-Premier Tech. J’espère continuer à progresser jusqu’en U23 et atteindre mon maximum. Je sors de la saison du ski de fond, donc je suis content de terminer 2e pour ma quatrième course. C’est difficile d’alterner entre le vélo et le ski de fond, et il faudra faire un choix dans les années à venir. Il y a encore de la neige au Québec, et c’est aussi pour ça que je suis venu en Europe faire du vélo. Je termine 5e au Championnat du Monde Juniors de ski de fond cette année, donc je suis aussi en forme de ce côté-là.
« LE SKI DE FOND RESTE PLUS AMATEUR »
Le choix entre ski de fond et cyclisme commence à se poser ?
Depuis que je suis avec Alpecin-Premier Tech, j’ai beaucoup de soutien. Le ski de fond reste plus amateur, contrairement au vélo qui est très structuré. Je penche un peu plus vers le vélo actuellement, mais ça peut dépendre de beaucoup de choses, comme les chutes par exemple. On ne sait jamais de quoi la vie est faite. En tout cas, je ne me mets pas de pression.
Quels sont tes prochains objectifs ?
Je fais une course UCI le 3 mai (le Tour du Carmausin Ségala U19, NDLR), puis la Course de la Paix, et ensuite une autre course sur pavés avec Crabbé-Dstny. J’espère que la forme sera toujours là.
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