On a retrouvé : Benjamin Le Montagner

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo
Entre 2014 et 2020, DirectVelo donnait régulièrement des nouvelles d’anciens coureurs qui ont arrêté leur carrière cycliste après avoir longtemps été suivis par notre média dans les rangs Élites, depuis les catégories Espoirs, Juniors ou même parfois dès les Cadets. Après cinq années d’interruption, la rubrique « On a retrouvé » reprend son voyage à travers le temps et les parcours de vie.
Huitième numéro de cette version 2.0 avec Benjamin Le Montagner, que l’on a retrouvé à l’occasion de l’actuel Tour de Bretagne, où il est chauffeur invité pour la première fois. Ancien coureur de l’AC Lanester 56, du VC Rouen 76 ou encore de Côtes d’Armor-Marie Morin, il était passé pro sur le tard, chez Bretagne Séché-Environnement - ancien nom de la défunte formation Arkéa - après avoir remporté la première étape du… Tour de Bretagne, en 2012. À désormais tout juste 40 ans, Benjamin Le Montagner est revenu sur son parcours et nous raconte ce qu’il est devenu. Entretien.
DirectVelo : Tu as disputé le Tour de Bretagne par le passé, tu y as même gagné une étape en 2012. Mais que fais-tu sur la course cette année ?
Benjamin Le Montagner : Je conduis les invités. Je les accueille au village départ, puis je les emmène voir les coureurs, les paddocks, et on les emmène sur le parcours et jusqu'à l’arrivée, pour qu’ils profitent des tours de circuit du final au plus près des coureurs. C’est la première fois que je le fais, alors que je n’avais pas mis les pieds sur une course de vélo depuis dix ans (rire). C’est vraiment chouette et agréable.
Est-ce que ça te rend nostalgique ?
Ça me fait forcément repenser aux bons souvenirs que j’ai pu avoir ici. Je trouvais sympa de revenir sur le Tour de Bretagne, la course qui m’a fait connaître. C’est un joli clin d'œil, après avoir eu la chance de gagner une étape ici en 2012 (le premier jour à Vannes, avant de porter durant 48 heures le maillot de leader de l’épreuve, NDLR).
Comment t’es-tu retrouvé ici ?
C’est Thibault Ferasse (rire) ! C’est lui qui m’a demandé de venir ici. C’est un très bon copain avec qui je fais d’ailleurs beaucoup de course à pied actuellement. On a un peu moins de temps pour le vélo mais on court. Au début, c’était plus pour essayer de garder la ligne mais j’y ai pris goût et maintenant, je prends autant de plaisir à faire de la course à pied, du trail longue distance, que j’en prenais sur le vélo. Là par exemple, je prépare l’UTMB du Puy-en-Velay.
« J’AVAIS PERDU LE MAILLOT DANS LA CÔTE DE MÛR-DE-BRETAGNE »
Suis-tu toujours le cyclisme ?
Moins. Je regarde quand même, un peu moins le côté amateur pour être honnête. Je ne connais plus grand-monde dans ce peloton-là. Par contre, j’aime bien regarder les courses pros, les courses mythiques. 
Tu évoquais à l’instant le Tour de Bretagne 2012. Est-ce l’un de tes plus grands souvenirs sur le vélo ?
J’en garde de superbes souvenirs, forcément. C’était une édition très différente de celle que l’on vit cette semaine, il y avait de la pluie tous les jours. On en parlait justement avec Christophe (Fossani, le directeur de course, NDLR) qui m’a dit que si c’était à refaire, il annulerait la première étape, celle que j’ai gagnée, tant il avait plu (sourire). Mais ce sont de superbes souvenirs, c’était génial. J’ai eu des maillots distinctifs tous les jours. Cette année-là, je disputais la course avec la sélection de Bretagne mais je n’ai porté le maillot que le premier jour, finalement, puisque j’avais toujours un autre maillot ensuite, jusqu’à l’arrivée finale à Dinan. Je me souviens très bien que j’avais perdu le maillot de leader dans la côte de Mûr-de-Bretagne, que l’on montait trois fois, le quatrième jour.
As-tu des regrets, après coup, en repensant à cette édition 2012 ?
Oui, j’ai des regrets. J’ai fait 3e le deuxième jour, le lendemain de ma victoire. Et j’aurais dû gagner ce jour-là aussi. C’était à Saint-Méen-le-Grand. J’avais manqué un peu de vigilance à 500 mètres de l’arrivée quand on a tourné à gauche. Je revois les images comme si c’était hier. C’est Eric Berthou qui a gagné ce jour-là.
« IL N’Y A PAS FORCÉMENT DE RAISON »
Tu étais passé pro grâce à cette victoire d’étape sur le Tour de Bretagne ?
Certainement. C’était une course sur laquelle il y avait encore beaucoup d’amateurs à l’époque, et c’était la course de référence dans le grand ouest et même à l’échelle de la France. Gagner une étape et porter le maillot de leader, face à des pros, ça m'a aidé, d’autant que j’ai été bon toute la semaine et que la saison 2012, plus généralement, a été ma meilleure.
Tu es passé pro tard, à 25 ans… Y croyais-tu encore ?
Oui j’avais envie d’y croire, forcément. J’ai toujours été quelqu’un qui a essayé d’aller au bout des choses alors je me suis entraîné pour y arriver. Cette année 2012 avait été la consécration et la récompense de tous les entraînements, de tous les sacrifices que j’ai pu faire à l’époque. J’ai été Champion de Bretagne aussi. Je me souviens que c’est Roger Tréhin qui m’avait contacté pour passer pro, puis Emmanuel Hubert. .jpeg)
Pourquoi ça n’a pas marché chez les pros ?
Je ne sais pas, il n’y a pas forcément de raison. J’aimais beaucoup les courses de début de saison, notamment les Classiques type flandriennes. Mais je n’avais pas les résultats escomptés. Je n’ai pas d’explications particulières, même avec du recul. Mes deux années pros étaient très moyennes, en 2013 et 2014, alors que je n’avais rien changé de particulier. Peut-être que les courses pros étaient trop stéréotypées pour moi. J’avais besoin d’un côté un peu plus libre, ce qui n’était pas possible chez les pros. J’avais eu du mal avec les vélos notamment, c’était différent, mais ce n’est vraiment pas une excuse. C’est peut-être ça, mais je ne sais pas vraiment pourquoi je n’ai pas réussi à me faire une place.
« MON RESPONSABLE S’APPELLE PERRIG QUÉMÉNEUR »
Mais tu n’as pas arrêté le vélo là-dessus…
Je suis redescendu en amateurs à Nantes, en 2015, et j’ai repris beaucoup de plaisir. J’ai rencontré Thibault Ferasse, justement, Kévin Fouache et bien d’autres. J’ai pris un plaisir fou là-bas, je me suis éclaté. Je pensais rester un an, en espérant pourquoi pas repasser pro ou arrêter mais finalement, j’ai pris tellement de plaisir cette année-là que j’ai continué encore plusieurs saisons par la suite (jusqu'en 2017, NDLR).
Tu as été pro en même temps que ton frère Maxime !
C’était une satisfaction personnelle mais aussi pour les parents, forcément. On le voyait dans leurs yeux. On se retrouvait au départ, en course. C’était chouette d’être tous les deux dans ce peloton pro, à faire un métier qui était d’abord une passion.
De quoi vis-tu désormais ?
Je suis commercial chez… Véranda Rideau (sourire), chez des passionnés de vélo. Mon frère a été pro chez Véranda Rideau lorsqu’ils étaient partenaire titre de l’équipe. Et j’y retrouve d’anciens coureurs puisque mon responsable s’appelle Perrig Quemeneur. Dans la boîte, il y a Freddy Bichot, Angelo Tulik… C’est une entreprise très familiale, où on adore le sport et le cyclisme en particulier. C’est cool.
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