« C’était une erreur » : Chez Cofidis, l'énigme Emanuel Buchmann

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo
Que se passe-t-il avec Emanuel Buchmann ? Passé totalement au travers du Tour puis de la Vuelta l’an passé, le leader de la formation Cofidis n’a pratiquement pas couru depuis le début de cette saison 2026. L’Allemand compte six petits jours de compétitions depuis la reprise, et a été envoyé… en Grèce, sur des Classe 1 d’un jour, en début de saison. “C’était prévu comme ça, on avait très vite imaginé un début de saison plutôt léger en nombre de jours de course pour ensuite partir sur un gros bloc à partir de mi-avril”, affirmait le coureur auprès de DirectVelo, lors du dernier Tour du Pays Basque.
Surtout, l’athlète de 33 ans a connu différents pépins qui ne l’ont pas aidé. Pour sa course de reprise, il avait chuté d’emblée, le premier jour, lors du Tour de la Provence. “J’avais mal au genou et il était donc plus prudent de rentrer à la maison”. Des problèmes d’estomac l’ont ensuite contraint de renoncer, au dernier moment, au GP Miguel Indurain. Puis il a une nouvelle fois chuté lors du Tour du Pays Basque et a ainsi quitté l’épreuve WorldTour prématurément, avant de renoncer à courir à Besançon et au Tour du Jura, deux rendez-vous qu’il avait cochés sur son calendrier.
EN SURRÉGIME L'ÉTÉ DERNIER
“Le premier gros objectif sera le Tour de Turquie. Je suis persuadé de pouvoir faire de bons résultats là-bas”, assure-t-il, alors que l'épreuve débute ce dimanche. Mais du côté de l’équipe Cofidis, quel est donc le plan avec Emanuel Buchmann, encore sous contrat jusqu'à fin 2027 ? Pourquoi envoie-t-on un coureur de sa trempe - 4e du Tour de France 2019, 3e du Tour du Pays Basque et du Critérium du Dauphiné la même année - en Grèce ou en Turquie ? “Il faut retrouver de la confiance et le plaisir de jouer devant”, répond le coureur. Nul doute que l’enjeu des points UCI entre également dans la balance.
Directeur sportif chez Cofidis, Bingen Fernandez nous en dit plus sur la situation de son leader. En revenant d’abord sur les échecs de l’été dernier : “Il a moins de chance de marcher aussi bien à 33 ans que plus jeune mais il a fait un bon Dauphiné l’an dernier en terminant 11e. Malheureusement, il était peut-être très en forme trop tôt et l’a payé sur le Tour car ça faisait trop long pour tenir ce pic de forme”. Sur la lancée du Dauphiné, Emanuel Buchmann était reparti en stage en altitude en vue de la Grande Boucle. “Il a trop poussé car il était très motivé par ses résultats du Dauphiné. C’était une erreur, on aurait dû temporiser”. L’Espagnol concède ainsi que son poulain a traîné sa misère sur une fin de saison où il était “cramé”.
LE TOUR DE FRANCE RESTE LA PRIORITÉ
Pas question, donc, de reproduire les mêmes erreurs cette fois-ci. Mais le plan reste le même pour Emanuel Buchmann et Cofidis : performer sur le Dauphiné - désormais appelé Tour Auvergne-Rhône-Alpes - puis sur le Tour de France. Et Bingen Fernandez assure que les ambitions restent élevées. “Le Tour de Turquie doit être la fin d’un premier gros bloc avant de partir en prépa pour les gros rendez-vous de l’été, même s’il a été freiné par ses chutes et maladies. On vise toujours une place au général du Tour, ça reste l’objectif et ce sera la priorité de sa saison”.
Mais est-il vraiment raisonnable d’imaginer encore l’ancien coureur de la RedBull capable de jouer les premiers rôles sur un Grand Tour (?), son dernier résultat de référence sur une course de trois semaines remontant à… 2022 et une 7e place sur le Tour d’Italie remporté par l’Australien Jai Hindley. “Ce n’est pas facile, le temps passe et le niveau ne fait qu’augmenter année après année, répond le premier concerné. Mais l’an dernier, j’ai montré sur le Dauphiné que j’étais encore capable de jouer devant, que j’avais encore les jambes, même si ça ne s’est pas aussi bien passé ensuite lors du Tour”. Premier élément de réponse, peut-être, dans les jours à venir lors d’un Tour de Turquie sur lequel Emanuel Buchmann mise beaucoup.
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