« C’était quand même stressant » : Paul Seixas a-t-il commis une erreur ?

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo
Voir Cyril Dessel et Sébastien Joly descendre du bus en manches courtes, à une petite heure du départ de la sixième et dernière étape du Tour du Pays Basque, n’était pas franchement annonciateur de la journée qui allait suivre et des conditions climatiques terribles que les coureurs subiraient pendant l’intégralité de ce dernier acte de la semaine, entre Goizper-Antzuola et Bergara. Après cinq journées ensoleillées et même chaudes pour la saison - le thermomètre a frôlé les 30°C en milieu de semaine -, il a fallu braver le froid et la pluie lors d’une dernière étape rendue particulièrement piégeuse par cette météo.
« ON NE VA PAS DIRE QU’ON A TREMBLÉ MAIS… »
Ce qui n’a semble-t-il pas effrayé outre mesure un Paul Seixas sûr de son fait et qui s’est une nouvelle fois porté à l’attaque. Peut-être de façon un peu plus hasardeuse que lors des journées précédentes, en revanche. Alors qu’un imposant groupe de tête s’était une nouvelle fois porté à l’attaque, parmi lesquels le dangereux Tobias Halland Johannessen - entouré de pas moins de quatre coéquipiers chez Uno-X Mobility -, le grimpeur lyonnais a décidé de partir seul en contre. “On ne va pas dire qu’on a tremblé mais quand il s’est retrouvé tout seul à 60 kilomètres de l’arrivée… On sait que tout peut arriver dans ces conditions, une fringale notamment”, concédait après la course Cyril Dessel, venu derrière le podium protocolaire faire le bilan de la semaine face aux médias français présents sur place. “Il n’avait plus d’équipier, mais plus personne n’en avait. C’était quand même un petit peu stressant sur la dernière heure et demie de course mais il a encore une fois été incroyable et très fort”.
Comme lors du numéro de Paul Seixas en Ardèche en début de saison, le staff n’a pas souhaité freiner son leader. Mais pourquoi ? “On l’a laissé faire quand il est parti dans la bosse parce qu’on sait qu’il n’aime pas subir les à-coups des autres, quand ça s’arrête, que ça attaque sans arrêt…”. L’ancien porteur du maillot jaune sur le Tour de France 2006 concède tout de même du bout des lèvres qu’il n’a pas été particulièrement fan de la manoeuvre et de ses conséquences, puisque son poulain s’est retrouvé longtemps esseulé. “J’aurais quand même préféré qu’il sorte avec deux-trois autres mecs comme (Florian) Lipowitz ou (Ion) Izagirre. En se retrouvant tout seul, ça compliquait un peu la situation. Ça s'est bien terminé car les coureurs étaient tous épuisés et plus personne n’était capable de faire la différence”.
« UNE SEMAINE ASSEZ INCROYABLE »
Voilà en tout cas qui a sans doute fait causer dans le bus après l’arrivée. Pour autant, l’essentiel est bien évidemment ailleurs avec la magnifique victoire finale du coureur de 19 ans, qui plus est après une domination totale et trois victoires d’étapes éparpillées tout au long de la semaine basque. “Ça a été une semaine assez incroyable, qu’on a su bien maîtriser jusqu’à aujourd’hui. Cette fois-ci, il y a eu des conditions très difficiles et on s’est bien rendu compte qu’une course n’est jamais finie jusqu’à la fin. Collectivement, l’équipe a montré qu’elle pouvait tenir la route toute la semaine. C’est une semaine très positive pour Paul mais aussi pour les copains”, reprend le directeur sportif, fier du solide travail de ses troupes.
Voilà un test parfaitement réussi en vue d’une éventuelle participation au prochain Tour de France. Mais Paul Seixas a lui-même annoncé qu’il commençait à (légèrement) pêcher - de façon relative, certes - en fin de semaine. Or, entre six jours de course et 21… Comme imaginé depuis la préparation hivernale, le point va désormais être fait et les échanges s’annoncent nombreux entre staff et coureur ces prochains jours, après avoir analysé dans quel état physique le jeune homme est retourné à Nice à la sortie de ce Tour du Pays Basque. Quant aux objectifs à venir ? “On va rester humbles, ajoute Cyril Dessel non sans rappeler la prudence générale de son acolyte Sébastien Joly. Et on va continuer de le mettre dans les meilleures dispositions. Mais effectivement, quand on voit les résultats qu’il va chercher, notamment ici sur ce rendez-vous important, on peut dire qu’il fait partie des quelques coureurs capables de peser sur n’importe quelle course”. Prochains rendez-vous, justement, sur les Ardennaises, avec la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège.
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