« Garder de l’humilité » : Decathlon CMA CGM va se méfier jusqu’au bout

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo

Comme imaginé par beaucoup au départ, la troisième étape du Tour du Pays Basque a permis aux attaquants de se jouer la victoire, dans le terrible mur final de Balauri, le Breton Axel Laurance se montrant finalement le plus fort en se sortant d’un duel au soleil final face à l’Espagnol Igor Arrieta. Il s’agissait, dans le même temps, d’une journée relativement tranquille pour les Decathlon CMA CGM. Aucun changement au classement général n'est ainsi à signaler si ce n’est, tout de même, la disparition des radars du Mexicain Isaac Del Toro, victime d’une chute en cours d’étape et contraint à l’abandon.

Ultra-dominateur lors des deux premières journées de course, Paul Seixas semble avoir (largement) fait le plus dur mais prudence : les pièges restent possiblement nombreux sur les routes vallonnées du Pays Basque, jusqu’à samedi prochain. En marge de cette troisième journée de course, DirectVelo a fait le point avec Sébastien Joly. Le technicien, qui accompagne cette semaine les directeurs sportifs Cyril Dessel et Didier Jannel sur l’épreuve, se félicite du nouveau cap passé par son jeune poulain, mais invite tout de même à l’humilité.

DirectVelo : Après le numéro de Paul Seixas en Ardèche, puis à la suite de son podium aux Strade Bianche, plusieurs membres du staff avaient admis que votre leader était en avance sur les projections. Est-ce encore davantage le cas après ses deux victoires d’étapes du début de semaine ?
Sébastien Joly : Ce n’est pas encore davantage le cas, non, c’est juste que Paul continue de progresser course après course et qu’on s’adapte à cette évolution. On en a plaisanté hier (lundi) soir : ce qu’il a réalisé en Ardèche lui a permis de prendre confiance et conscience de ce dont il était capable sur les efforts en solitaire. Pouvoir le reproduire ici, sur du niveau WorldTour, c’était important.

Les coureurs nous ont expliqué que ce scénario était espéré et planifié depuis des jours…
Ah oui, justement, Didier et Cyril avaient bien préparé leur affaire. Cyril avait appelé Paul, ils s’étaient parlés. On savait que cette première étape en ligne était propice pour attaquer… Et les gars ont parfaitement mis sur orbite Paul. On connaît la suite.

« ON EST LOIN DE CRIER VICTOIRE »

Peut-on considérer que perdre ce Tour du Pays Basque serait désormais un échec ? 
On va prendre étape après étape. C’est sûr qu’il a pris une belle option. Mais il est jeune et on est loin de crier victoire et on ne le fera pas avant samedi, si ça doit se faire samedi.

De qui et de quoi faut-il se méfier ?
De lui-même avant tout. Il a fait de gros efforts, c’est un test grandeur nature sur six jours. Il faut garder de l’humilité, on l’a dit aux coureurs. Pour l’équipe aussi, c’est nouveau de gérer ce genre de situations.

« ON AVAIT DÉJÀ CETTE CULTURE DU CLASSEMENT GÉNÉRAL »

Est-ce une pression, aussi, pour le staff ?
Non. La sérénité de Paul découle sur l’ensemble de l’équipe, que ce soit ses coéquipiers ou le staff. Chacun a son rôle et c’est ce qui permet de travailler avec cette sérénité. On apprend aussi avec lui. Mais il ne faut pas oublier qu’avec Romain Bardet à l’époque, on avait déjà cette culture du classement général qui nous sert aujourd’hui. Ce n’est pas complètement nouveau non plus.

Paul Seixas est-il d’ores-et-déjà en mesure de choisir les coéquipiers qui l’accompagnent sur une course comme celle-ci, ou la sélection appartient-elle avant tout voire totalement à la direction sportive ? 
On discute avec lui. C’est notre côté français. C’est un mélange de la culture française avec le processus anglo-saxon et ça marche bien. Il faut s’écouter et faire au mieux ensemble. Mais attention, tout ne tourne pas autour de Paul. Félix (Gall) est lui aussi bien entouré avec Gregor Mühlberger, Callum Scotson… Sans oublier Johannes Staune-Mittet par exemple qui est ici cette semaine mais qui travaille aussi avec Félix sur certaines courses. L’équipe est solide sur tous les fronts, en Pays de la Loire, en Belgique et ici au Pays Basque. Il faut absolument dézoomer ce qu’il se passe autour de Paul. Il y a un focus naturellement autour de lui, mais il n’y a pas que ça. 

Mots-clés

En savoir plus

Portrait de Sébastien JOLY
Portrait de Paul SEIXAS