Filippo Ganna en poursuiteur, « juste trop long » pour Wout van Aert

Crédit photo Pierre Willemetz - DirectVelo

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L'Italie sait aussi gagner. À la suite de la débâcle du football italien la veille, la référence est forcément venue ce mercredi, après la victoire de Filippo Ganna sur A Travers la Flandre. "Je ne suis pas beaucoup le football, mais je sais que ça ne se passe pas très bien. Peut-être que pour beaucoup de gens en Italie, il n’y a que le football, mais il y a aussi beaucoup d’autres sports comme le cyclisme, par exemple", ironise le vainqueur du jour, qui est allé décrocher ce succès au terme d'un final à couper le souffle. Et comme souvent sur cette épreuve, le malheureux du jour s'appelle Wout van Aert. "Ça aurait été bien que l'arrivée soit 150 mètres avant, j'ai essayé, j'ai tout donné, j'étais au bout sur la fin, c'est comme ça", regrettait-il à l'arrivée.


« J'ESPÉRAIS QUE LA CHANCE ALLAIT TOURNER »

Il faut dire que le match était un peu déséquilibré. D'un côté, le Belge avait déjà placé plusieurs attaques, avant la bonne, à environ 40 kilomètres du but. "Avant c'était dur, mais beaucoup d'équipes roulaient, pour moi c'était le bon moment pour attaquer". Pendant que le coureur de la Visma-Lease a Bike fait la jonction avec Romain Grégoire et Niklas Larsen à l'avant, son adversaire italien mène un tout autre combat avec des problèmes à la chaîne. "Toute la journée j'ai été assez malchanceux, notamment après les premiers monts. Il y a eu la crevaison, le changement de vélo à cause du guidon cassé... J'espérais que la chance allait tourner et une fois devant, je me suis dit que j'allais aider mes coéquipiers, je ne pensais pas à moi".

Romain Grégoire a d'abord fait les frais d'une première accélération du spécialiste de cyclo-cross, à plus de 20 kilomètres du but, avant que Niklas Larsen ne cède à son tour, dans les 10 derniers kilomètres. La présence prolongée du Danois dans sa roue oblige Wout van Aert à calculer un peu plus. Quelques petites secondes ça et là qui ont peut-être eu un impact quelques minutes plus tard. Mais pas forcément pour le principal intéressé. "On a fait ce qu'on pouvait faire. C'était bien, on a bien travaillé. J'ai dû partir seul pour aller chercher la victoire. Si j'avais lancé plus tôt, j'aurais été seul plus longtemps... Ce n'est pas non plus une très bonne tactique. Je pense que j'ai fait au mieux".

« JE NE POUVAIS RIEN FAIRE »

Car le danger n'est finalement pas venu du peloton, mais d'une contre-attaque de Filippo Ganna et Florian Vermeersch. Alors que le peloton semble bien partir pour revenir, le coureur d'INEOS Grenadiers n'abdique pas et entre dans un exercice qu'il maitrise sur la piste. "Je n’ai pensé à rien, je l’ai simplement poursuivi aussi vite que possible pour le rattraper. Je suis arrivé dans le dernier virage, et c'est là que j'ai compris que j'allais le reprendre. Le peloton était juste derrière, prêt à me rattraper, j'ai pris son sillage pour prendre l’aspiration et aller plus vite et le dépasser". À moins de 100 mètres de la ligne, l'Italien a posé le coup de grâce. "J'ai vu au dernier moment qu'il était à côté de moi, je ne pouvais rien faire. C'était juste trop long", regrette le 2e du jour.

A Travers la Flandre échappe une nouvelle fois à Wout van Aert, lequel avait une revanche à prendre après un final tout aussi fou l'an dernier, où Neilson Powless avait piégé le Belge et son train de la Visma-Lease a Bike, dans un match à un contre trois. Filippo Ganna s'en rappelle et compatit. "Je suis vraiment désolé pour lui, parce que ce n'est pas la première fois. Il était fort mais c'est assez incroyable. C'est l'une de mes plus belles sans doute, on devrait presque la montrer dans les écoles de cyclisme", sourit-il. Bon joueur, Wout van Aert gardait la tête haute au moment des interviews et se projette déjà. "L'équipe est prête, moi aussi. C'est une déception de ne pas gagner, mais il faut avancer et regarder le côté positif".

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