Lenny Martinez : « J’étais à la limite des crampes »

Crédit photo Xavier Pereyron / LNC
Le panache de Lenny Martinez n’a pas été récompensé. Ce dimanche, sur les routes escarpées des Alpes-Maritimes qu’il “connaît par coeur”, le grimpeur de la Bahrain Victorious a passé la dernière heure de course en tête avec le solide allemand Marco Brenner (Tudor). Avant se faire becter à moins de 500 mètres de la ligne par Paul Lapeira, revenu comme un boulet de canon dans un dernier kilomètre en montée à 7%.
“Honnêtement, je suis déçu, je voulais vraiment gagner aujourd’hui”, relatait l'attaquant auprès de DirectVelo, après avoir repris ses esprits et des couleurs dans le bus de sa formation, alors qu’il avait le visage particulièrement marqué sur la ligne. Dans le dernier kilomètre, le Français et l’Allemand ont légèrement temporisé, après avoir très longtemps roulé sans compter leurs coups de pédales. “Je pense que j’aurais de toute façon été déçu si je n’avais pas essayé. Je me sentais bien dans la bosse mais il m’en a quand même manqué un petit peu sur la fin”, reprend l’athlète de 22 ans, qui rappelle qu’il s’agissait là de sa course de reprise. “Je n’avais simplement plus rien dans la dernière bosse. J’étais à la limite des crampes. Je suis vraiment deg’ d’être repris comme ça mais au moins, on a tenté. La forme est bonne”.
« MÊME SI ON MONTAIT VITE, JE N'ÉTAIS PAS À FOND »
Très à l’aise dans les ascensions, Lenny Martinez s’est longtemps battu pour rester dans la roue de celui qui avait été le meilleur Junior mondial en 2019. “En montées ça allait, mais sur le plat il envoyait beaucoup plus que moi, il m’a bien aidé”. Stratégiquement, une erreur a-t-elle été commise lorsque la paire Brenner-Martinez a fait le choix de ne pas attendre Ewen Costiou (Groupama-FDJ United) et Aurélien Paret-Peintre (Decathlon CMA CGM), partis en contre et pointés à quelques secondes ? “C’est vrai que ça aurait pu être bien mais pour moi, même si on montait vite, on ne montait pas encore assez vite, je n’étais pas à fond. J’avais peur qu’il n’y ait pas un gros écart entre eux deux et le deuxième contre, et que tout se regroupe. Je ne savais pas trop, on a simplement continué à notre rythme avec (Marco) Brenner”.
Son directeur sportif, Roman Kreuziger, se montrait également compréhensif après la course, toujours au micro de DirectVelo. “Je n’aurais pas forcément fait différemment car l’écart était quasiment de 50 secondes en haut, il valait mieux poursuivre son effort. Bien sûr, ça aurait été bien que ça se regroupe peut-être devant et qu’il n’y ait plus que les Astana pour rouler mais c’est plus facile à dire depuis la voiture que sur le vélo, en plein effort”. Une chose est sûre : Lenny Martinez a prouvé qu’il était déjà en excellente condition pour sa course de reprise. Et voilà qui promet pour les prochaines échéances. “Je sens que j’ai passé un bon cap cet hiver. Peut-être qu’il y avait mieux à faire tactiquement mais c’est comme ça, les jambes sont là”. Un discours appuyé par celui de Roman Kreuziger. “Il peut être satisfait de sa course bien qu’il ne soit pas récompensé. Bien sûr, il est très déçu, mais de très belles courses arrivent et il aura d’autres opportunités très rapidement”.
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