Stéphane Goubert : « On savait que la journée d'hier allait laisser des traces »

Crédit photo Billy Ceusters / ASO
Ce n'était pas la journée espérée pour la Groupama-FDJ United. Si David Gaudu avait effectué une belle journée sur la route d'Uchon, terminant dans le Top 10 de l'étape et s'installant au 5e rang au général, l'histoire a mal tourné ce jeudi. Visiblement diminué, le Breton, vidé de son énergie, a fini par poser pied à terre et quitter Paris-Nice. Et comme si ce n'était pas assez pour la WorldTeam française, Ewen Costiou a subi un sort similaire, sans pour autant quitter la « Course au Soleil ». Maintenant que le général est oublié, Stéphane Goubert veut garder le moral pour les derniers jours de course, et donne des nouvelles de ses leaders au micro de DirectVelo.
DirectVelo : Peux-tu expliquer pourquoi David Gaudu a été contraint à l'abandon ce jeudi ?
Stéphane Goubert : Le pourquoi, non. Il n'était pas bien. C'est clair que ça a été radical. C'est la même image qu'Ewen (Costiou). Ils n'avaient vraiment plus rien du tout. Donc on attend bien sûr de voir le médecin avant de dire quoi que ce soit. Mais en tout cas sur le vélo, David était complètement vidé. On savait que la journée d'hier allait laisser des traces. On ne pensait pas que ce serait pour nous... et pas aussi rapidement. En plus pour nos deux garçons, même si Ewen hier n'était pas à son avantage, il y avait l'étape d'aujourd'hui, de demain et d'autres bien sûr jusqu'à Nice qui pouvaient lui convenir. Malheureusement, je ne peux pas en dire plus. J'attends le médecin.
Avant le départ, il y avait des signaux ?
Ce matin, il s'est réveillé avec un mal de gorge, après une mauvaise nuit. C'est tout ce que je sais. Il était très fermé dans le bus. Mais on avait dit au briefing qu'après des journées comme ça, il ne fallait pas écouter ses sensations, il fallait se battre. Et automatiquement, après une journée comme celle d'hier, le corps s'est mis un peu en veille. Il fallait lutter pour le réveiller.
« ON VA SE BATTRE JUSQU'AU BOUT »
Est-ce un travail de régularité à mener avec David Gaudu ?
Oui, on y travaille depuis le début de l'année. Après, là, encore une fois, il faut attendre de savoir s'il n'y a pas quelque chose. Parce que quand on voit Ewen qui est dans le même état, il faut voir s'il n'y a pas un virus qui traîne (il se pourrait que d'autres coureurs de l'équipe soient également diminués, NDLR). En 24 heures, ça a été radical. Surtout qu'hier, il a vraiment tout donné, il était vidé. Donc il repart plus affaibli que quelqu'un qui a terminé un peu plus loin et qui a pu se régénérer.
L'avais-tu senti en progression ?
Oui, on le sent bien en progrès. Il est clair qu'il part de très loin. On ne l'a caché à personne. Il travaille dur, très dur, pour retrouver la régularité. Le niveau, il a, il l'a prouvé hier. Il l'a prouvé en remportant une étape à la Vuelta il n'y a pas si longtemps que ça. Mais je suis d'accord avec vous, la régularité, il ne l'a pas. Il faut qu'on arrive à la trouver.
Qu'est-ce que l'équipe va pouvoir espérer jusqu'à dimanche maintenant ?
On espère toujours. À l'image de Rémi (Cavagna), l'équipe s'est battue. Il est clair qu'on espérait que Visma laisse un peu aujourd'hui et gère, et ne vise que samedi. Ils en ont décidé autrement. Ils en ont entièrement le droit, bien sûr (sourire). Demain, je pense que ce sera une étape de baroudeurs. Donc à nous de saisir cette opportunité et de mobiliser les troupes. Ce n'est pas évident avec ce qui s'est passé. On espère que ce n'est pas grand-chose pour Ewen et qu'il ait un rebond derrière. Rémi a fait beaucoup d'efforts. Quentin Pacher a crevé au mauvais moment, quand il y a eu des cassures dans un grimpeur. Puis il est revenu, il se bat jusqu'au final. Donc, ça veut dire qu'il a les jambes pour espérer demain être dans le match pour la victoire d'étape. On va se battre jusqu'au bout.
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