Paul Seixas : « Il m’a bloqué… trois fois »

Crédit photo RCS Sport
Tout va extrêmement vite pour Paul Seixas. Vainqueur pour la première fois chez les pros courant février sur les routes du Tour d’Algarve - deuxième étape -, puis impressionnant lauréat de la Faun-Ardèche Classic après un raid en solitaire de 40 bornes il y a tout juste une semaine, le Lyonnais a cette fois-ci marqué davantage encore les esprits en décrochant le premier des accessits derrière l'indéboulonnable Tadej Pogacar à l’occasion des Strade Bianche. Une performance XXL.
GÊNÉ PAR ISAAC DEL TORO LORS DE L’ATTAQUE DE TADEJ POGACAR
La question lui avait été posée telle quelle en zone mixte avant le départ de la course : Paul Seixas signerait-il pour terminer 2e des Strade Bianche derrière Tadej Pogacar ? “Bien sûr, ce serait un excellent résultat”, avait répondu le Lyonnais. 203 km et 4h45 de souffrance plus tard, après avoir bouffé de la poussière et avalé à une vitesse folle les différents chemins de terre de la Toscane, le prodige de 19 ans n’avait pas changé d’avis. “C’est le meilleur résultat que je pouvais obtenir aujourd’hui”, a-t-il lancé au micro à sa descente du podium protocolaire. “Comme tout au long des saisons 2024 et 2025, Tadej Pogacar était un voire deux crans au-dessus de tous les autres. Pour moi, c’est fou de faire 2 ici”.
Et pourtant, Paul Seixas peut tout de même nourrir de petits regrets de par le scénario de la course. Lorsque Tadej Pogacar a décidé d’éparpiller la concurrence dans le Chemin de Monte Sante Marie - secteur le plus difficile de la journée -, à 80 km de la ligne, le lauréat du dernier Tour de l’Avenir a été piégé… par Isaac Del Toro. “C’était étrange. Quand Tadej Pogacar a attaqué, j’ai essayé de suivre (Tom) Pidcock”, raconte Paul Seixas, alors que le Britannique avait lui-même un temps pris la roue du Slovène avant d’être victime d’un problème mécanique. “Mais Isaac Del Toro m’a bloqué, en quelque sorte. Pas une, pas deux… mais trois fois. Bon, c’est le jeu, apparemment ils avaient fait le choix de la tenter comme ça”, raconte Paul Seixas, visiblement encore surpris de ce qu’il avait vécu et pas forcément prêt à une telle situation.
IL ÉTAIT PERSUADÉ DE FAIRE 3E
Le grimpeur a tout de même tenté de revenir sur le double Champion du Monde en titre dans la foulée. Une mission quasi impossible sur le papier. Et pourtant. “Évidemment, face à Tadej Pogacar, 20 ou 30 mètres, c’est déjà trop pour espérer les boucher. J’ai quand même essayé de rentrer, je n’étais vraiment pas loin de le faire mais il en a remis et c’en était trop pour moi”. Plusieurs fois flanqué du Champion du Mexique par la suite, Paul Seixas a passé une bonne partie des deux dernières heures de course dans un solide groupe de contre, avant de s’isoler une dernière fois avec ce même Isaac Del Toro dans le Colle Pinzuto, noir de monde, à 18 km du verdict.
“Isaac Del Toro n’a jamais voulu collaborer avec moi. Là, c’était normal, je comprends. J’ai tout fait à bloc et je me disais qu’il allait me passer sur la fin”, reprend celui qui était alors prêt à se satisfaire de finir 3e de la course derrière la doublette d’UAE Team Emirates. Terriblement fort, il est finalement parvenu à faire péter le Latino-Américain dans le dernier kilomètre, sur les rampes de Santa Caterina. “Je m’étais préparé à l’idée qu’il me passe à la fin mais non. Le sortir de la roue comme ça, c’était incroyable”.
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