Antoine Basset : « Il n'y a pas de routine »

Crédit photo Florian Frison / Agence Pancarte

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Antoine Basset a pris sa revanche. Lundi, lorsque Mathis Guerinel a réglé un petit groupe pour s'imposer sur la troisième épreuve des Boucles du Haut-Var, le coureur de Bourg-en-Bresse Ain Cyclisme était bien présent. Mais celui-ci avait eu une déconvenue. "Je n'ai pas pu jouer ma carte car je suis tombé dans le sprint à cinq", se rappelle-t-il. Alors ce mercredi, dans un scénario identique à deux jours auparavant, le Breton n'a pas raté le coche. "Après avoir manqué une chance de gagner lundi, ça fait du bien de vraiment jouer la gagne cette fois".


La Conti Fédérale aindinoise avait d'abord raté le premier coup de la journée. "Donc je suis remonté pour aider Antoine Roussel qui roulait. Je suis arrivé avec un peu de vitesse, il m'a dit de continuer, et je suis parti en facteur, je suis rentré sur deux gars. Ils étaient justes donc j'ai fait des efforts pour boucher une minute". Mais seul face à un groupe de tête, Antoine Basset pioche. "Heureusement le DS de Villefranche est monté pour dire de nous attendre, sinon on serait restés en carafe. On était sept, puis on en a perdu un sur le circuit, puis un deuxième, et on s'est retrouvé à cinq".

« IL FAUT APPRENDRE À CONNAÎTRE LES COUREURS QUI MARCHENT »

Et finalement c'est à quatre que le sprint s'est disputé. "Je sais que j'ai une pointe de vitesse. Quand ça a été dur, en petit comité, j'arrive à bien me débrouiller. J'y ai cru". L'ancien coureur du VC Pays de Loudéac a raison. "Ça rentrait vite derrière. J'étais 2e au kilomètre, Mathieu Lambert a lancé, j'ai pris sa roue et j'ai déboité aux 200 mètres". Pour cette fois s'imposer, sans gamelle au passage. Et pourtant, Antoine Basset n'était pas sûr d'être au départ. "Je ne pensais pas du tout jouer la gagne, je m'attendais à un sprint. J'avais même peur de faire cette course parce que c'était tombé l'an dernier, c'est un peu dangereux dans le final donc c'est plutôt bien de gagner".

Après sa 5e place deux jours auparavant et maintenant cette victoire, l'Espoir 2 n'est pas forcément étonné par sa dynamique, mais plutôt par les qualités dont il fait preuve. "Je me suis surpris lundi surtout, parce que j'avais fait cette manche l'an dernier et j'avais pété dans la Bigue. Donc basculer avec les quinze meilleurs et jouer la gagne, ça m'a vraiment mis en confiance". Et aussi légitimer son changement de crémerie cet hiver, lui qui a quitté la Bretagne pour Bourg-en-Bresse. "Ça se passe plutôt bien pour l'instant. Avec le changement de région, il faut apprendre à connaître les coureurs qui marchent, ce n'est pas du tout les mêmes que dans l'Ouest. J'ai été bien intégré, on peut compter les uns sur les autres".

« EN BRETAGNE, TU NE PEUX PAS RIVALISER AVEC DES GARS QUI S'ENTRAÎNENT EN MONTAGNE »

Antoine Basset a saisi cette opportunité de passer un échelon, après avoir quand même pesé le pour et le contre. "On s'est contacté courant septembre, j'hésitais, j'étais sur la retenue. Ils m'ont présenté le calendrier, c'est vraiment plus axé Classe 2 et Espoirs, et le statut de Conti Fédérale fait passer un cap". Il n'y a donc pas de regrets avec ce début de saison réussi. "Je n'ai rien à perdre, j'avais envie de découvrir aussi les courses plus dures, voir ce que je vaux. En Bretagne, tu ne peux pas rivaliser avec des gars qui s'entraînent en montagne, alors on va tout changer et on voit. Même si Loudéac m'a bien aidé à me former, c'était nécessaire de changer pour évoluer".

Pendant l'hiver, Antoine Basset en a profité pour rejoindre son frère, Pierre-Henry. "J'ai fait un hiver à Cannes avec lui. Ça permet de ne pas avoir de coup d'arrêt, le temps est clément. Même si jeudi dernier j'ai eu une intoxication alimentaire et je ne savais pas trop si j'allais courir. Puis ça allait mieux samedi". Il devrait néanmoins se rapprocher du service course. "Je suis en contact avec des agences pour aller vers Chambéry ou Aix-les-Bains d'ici mars ou avril". Puis il sera alors complètement intégré à son nouvel environnement. "J'ai tout à redécouvrir, il n'y a pas de routine. J'ai encore des interrogations sur ce que je peux valoir sur des courses dures. Pas forcément sur de la pure montagne, mais des efforts répétés de dix minutes par exemple". En tout cas, Antoine Basset sait qu'il est déjà capable de gagner.

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