Mathis Guerinel : Nouvelle région, nouvelles courses... et nouveau coureur

Crédit photo Clara Foucher

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Le compteur est ouvert pour Mathis Guerinel, en 2026 mais aussi avec sa nouvelle équipe de Charvieu-Chavagneux. "Ça met dedans direct pour le début de saison, ça confirme toute la préparation hivernale en amont", se réjouit celui qui s'est imposé ce lundi sur la troisième épreuve des Boucles du Haut-Var. Le puncheur-grimpeur était sur son terrain sur ce parcours vallonné. "Le début était un peu dantesque avec la pluie et une bosse d'entrée, ça met dedans tout de suite. J'étais directement aux avant-postes, vigilant. Ça a été assez usant, ça ne faisait qu'attaquer". Puis dans le Col de la Bigue, la course se décante. "On est sortis à 20 costauds. On prenait une bosse d'un kilomètre après, un gars d'Aix a attaqué, je prends sa roue et ça l'a fait comme ça jusqu'à l'arrivée".


« TOUT ÇA M'AVAIT MANQUÉ »

Avec Jérôme Raus et Mark Lightfoot de l'AVC Aix Provence Dole, et Louka Lesueur du VC Rouen 76, Mathis Guerinel a du client pour jouer la victoire. "J'étais confiant, je voulais prouver que je peux me débrouiller avec un petit groupe. Je ne suis pas le plus rapide à l'entrainement mais en course c'est différent. La stratégie entre en compte, il y avait vent de face, il ne fallait pas lancer en premier". Les coureurs expérimentés qui l'accompagnent le savent aussi, du coup personne ne bouge. "La ligne approchait, je me suis dit « allez, il faut y aller ». J'ai tout mis sur le premier coup de pédale pour mettre un écart directement, et personne ne revient. Je suis très content de régler ce sprint".

Comme Antoine Hue la veille, les Boucles du Haut-Var permettent à des anciens Juniors habitués à la victoire de renouer avec cette sensation. "C'était assez dur en arrivant en Espoir 1 et 2. En étant en troisième année, avec deux saisons dans les jambes, c'est super agréable, tout ça m'avait manqué". Pour la première fois, Mathis Guerinel a pu faire un vrai hiver dédié au vélo. "Avant, je terminais mes études. C'était le premier hiver à fond vélo. On peut se reposer beaucoup plus. J'ai fait un BTS où j'étais en cours de 8 h à 17 h et je roulais la nuit avec les lumières. Là j'ai pu être structuré, avec des entrainements quand je veux, etc. C'est un gros plus".

« J'ÉTAIS AU FOND DU GOUFFRE »

Cette journée démontre aussi son adaptation à sa nouvelle région. Originaire de la région parisienne et habitué à sa région depuis ses années Juniors, l'arrêt de la N1 du Paris Cycliste Olympique l'a obligé à changer d'air. "Ça m'a mis un coup au moral, surtout que je venais de me fracturer la clavicule une semaine avant, j'étais au fond du gouffre. Je me suis projeté sur de nouveaux projets". Ce choix n'était pas anodin, puisque la région Auvergne-Rhône-Alpes convient à ses qualités. "Pourquoi pas découvrir une autre région pour mon profil pucheur-grimpeur ? J'ai eu contact avec Charvieu et Antoine Bravard, on a bien accroché et on a commencé à créer des liens forts. C'est très familial, j'aime ça, on rigole bien, sur le vélo et en dehors".

Son calendrier est donc déjà bouleversé sur ce début de saison. "Les années d'avant, j'allais sur les Plages Vendéennes, ça ne me correspond pas forcément très bien, sourit-il. Là, avec du dénivelé, ça me correspond beaucoup mieux, je peux exprimer mon potentiel". Mathis Guerinel n'a pas complètement quitté sa région parisienne, mais il souhaite passer le maximum de temps avec ses nouveaux coéquipiers. "Je vis chez mes parents mais le club a des appartements à disposition pour les coureurs, notamment les étrangers. J'essaie d'y rester un peu pour éviter les allers-retours". Avec des objectifs logiques. "J'aimerais bien performer sur la Coupe de France, et le Championnat de France est à la maison pour le club, c'est important, mais il n'y a pas de prise de tête, je fais ma saison tranquille". Pour le moment, c'est la bonne méthode.

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