Antoine Hue : « J'avais annoncé à l'intox que j'allais gagner »

Crédit photo Clara Foucher
De retour chez les amateurs en cette saison 2026, Antoine Hue a déjà levé les bras, ce dimanche, sur les Boucles du Haut-Var pour... son premier jour de course. "En stage en janvier, j'avais annoncé à l'intox que j'allais gagner la première course, alors le faire après l'avoir annoncé, c'est plutôt cool", sourit-il. Parti dès le départ dans un groupe d'environ dix éléments, le coureur du VC Rouen 76 a fait la course en tête. "C'était une échappée lambda, on s'est bien entendus. Jack Brough a fait 20 bornes seul, il ne fallait pas le laisser, il était bien solide".
Alors Antoine Hue et ses compagnons de fortune accélèrent à l'approche des 20 kilomètres. "Les mecs n'étaient pas saignants, j'ai fait les bosses à bloc. On était trois avec Côme Bouchet et Léo Busson, et on est rentrés aux 20 km". Les deux derniers kilomètres sont tactiques, et Jack Brough tente un sprint décollé. "J'ai pris sa roue et j'ai pu le déborder". Après deux saisons chez les pros où il n'a pas eu l'occasion de se battre pour des victoires, l'ancien coureur du CIC U Nantes Atlantique n'a pas perdu cette fibre. "Depuis les Juniors, ça commençait à faire un bout. On en rigolait avec Jean-Phi (Yon) et Clément Carisey, mon entraineur, si j'allais savoir comment faire en arrivant pour la gagne. Mais je leur ai dit « vous allez voir, l'instinct ne se perd pas ». Et j'ai gagné".
« JE N'AI PAS PLEURÉ TOUS LES SOIRS NON PLUS »
Cette certitude pourrait sembler prétentieuse, mais c'était davantage un ressenti depuis plusieurs semaines. "Depuis janvier et le stage dans le Haut-Var, je le sentais bien. Je savais au fond de moi que j'allais gagner la première. C'est aussi mental. J'avais perdu chez les pros le fait d'être affamé". Malgré cette relative redescente, Antoine Hue n'a pas déprimé de son sort. "Le vélo, c'est une grosse partie de ma vie, je ne suis plus pro mais il y a des choses plus graves. Je ne l'ai pas mal vécu, je n'ai pas pleuré tous les soirs non plus. Ce n'est pas parce que je ne suis plus pro que je vaux moins". Et le statut de Conti Fédérale de la N1 normande lui assure un beau calendrier. "À Rouen, je suis autant pro qu'à Nantes finalement. Je fais ce que j'aime".
Il faut remonter à septembre dernier pour que le Breton voit la suite de sa carrière basculer, lorsque Nantes lui a annoncé qu'il ne prolongerait pas. "Jean-Phi avait appelé Nantes dans la foulée pour savoir qui n'était pas conservé. On a eu un appel dans la semaine, c'était la seule proposition". Ce n'était pas un choix par défaut malgré tout. "C'est quand même la meilleure équipe amateur de France, de l'intérieur l'état d'esprit est bien différent d'autres équipes. Actuellement on est dans un gîte avec les autres coureurs, on se fait à manger, nos machines, etc. On est tout le temps ensemble, ça fait de la cohésion".
« ÇA LIBÈRE LA TÊTE D'UN POIDS »
La philosophie du VC Rouen 76 semble lui convenir à merveille. "Jean-Phi a vachement cette culture de l'équipe et de la gagne. Ce matin (dimanche), c'était soit on gagne soit on fait 50e. On s'en fout de faire 2 ou 3. C'est un état d'esprit qui fait qu'ils sont très forts. C'est aussi l'objectif de regagner et retrouver ce plaisir. Car quand tu arrives au Tour de la Provence et que tu te fais taper dessus tu le perds un peu. Là ça libère la tête d'un poids". Antoine Hue illustre le bon esprit qui règne autour de lui avec un exemple sur sa course du jour. "À 15-20 km de l'arrivée on a discuté. Jean-Philippe me dit « tu fais ça, ça, et ça, et si ça ne marche pas, tant pis ». Beaucoup de DS m'auraient tiré vers le bas si ça n'avait pas marché".
Le coureur de 21 ans va continuer avec cette philosophie. "Je veux continuer à courir en attaquant, ne pas avoir peur de perdre. On a dans un coin de la tête de repasser pro, mais je ne sais pas si je repasserais en Conti où c'est un peu pareil qu'ici, mais avoir moins de plaisir parce que tu te fais taper dessus. Donc ce sera plutôt ProTeam ou WolrdTeam". Antoine Hue ne compte pas se torturer l'esprit. "Il faut réussir à avoir cette deuxième chance après n'avoir pas passé le cap. Mais sans pression, je vais pédaler pour le plaisir et faire le show". Si son équipe ne sera pas au départ du Tour de Bretagne, d'autres courses peuvent lui plaire. "Les Classe 1 et 2 peuvent être intéressantes, comme Paris-Camembert. Il y a beaucoup de courses que je n'ai pas faites en amateur, notamment parmi les classiques bretonnes, donc je vais beaucoup découvrir". Comme la victoire, ce dimanche.
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