Malgré « beaucoup de stress », l'Étoile brille encore

Crédit photo Fabien Lenfant / DirectVelo
Les timides sourires de Claudine Fangille et de Romain Le Roux, devant le podium protocolaire final de l’Etoile de Bessèges, légèrement décalé cette année dans les rues d’Alès, ne disent pas tout de ce qu’ils ont tous deux vécu, avec leur équipe de bénévoles, durant toute la semaine qui vient de s’écouler. La satisfaction du devoir accompli se mêle au soulagement d’avoir passé les cinq dernières journées sans encombre, après une édition 2025 cauchemardesque pour l’association gardoise.
« ON S’EST RENDU COMPTE QU’ON ÉTAIT TRÈS SOUTENUS »
“C’est sûr qu’on est mieux maintenant que mercredi matin. On est arrivés au bout sans rencontrer le moindre problème. On avait fait le maximum, on le savait, mais on pensait déjà avoir fait le maximum l’an passé et pourtant… On n’était donc pas à l’abri”, synthétisait la directrice de l’épreuve auprès de DirectVelo au moment où la Groupama-FDJ United se voyait récompenser du statut de meilleure équipe de la semaine sur le podium protocolaire. Claudine Fangille a été très touchée par l’élan collectif qu’elle a ressenti depuis des mois et qui a poussé tout le monde dans la bonne direction, jusqu’au bout. “On s’est rendu compte qu’on était très soutenus, que ce soit par la préfecture, le service des routes, la DSR (la délégation de la sécurité routière), la gendarmerie, les communes, tous les bénévoles qui sont venus se greffer à l’épreuve pour la première fois après avoir été touchés par ce que nous avions vécus en 2025… Beaucoup nous avaient écrit en février dernier et ils ont tenu parole, en venant ici prendre la pluie”.
Pendant 48 heures, Steve Morabito, représentant de SafeR, était présent dans le Gard pour s’assurer du bon déroulé de la course et des règles en vigueur au niveau sécuritaire. “C’était hyper agréable de l’avoir parmi nous, assure Romain Le Roux, responsable sécurité de l’Etoile de Bessèges. Il a pu voir comment ça se passe de l’intérieur. J’aime bien que les gens puissent se rendre compte de l’investissement qui est mis dans cette organisation, du travail que ça représente. C’était un plaisir d’échanger sur différents fonctionnements”.
« TU PASSES TOUTE LA SEMAINE À TE DIRE QU’IL VA FALLOIR ARRIVER AU BOUT… »
Du plaisir, un peu, mais aussi beaucoup de moments suspendus, à croiser les doigts pour qu’un coup du sort ne s'abatte pas une nouvelle fois sur la première course par étapes hexagonale de la saison. “C’était beaucoup de stress. Tu passes toute la semaine à te dire qu’il va falloir arriver au bout… Le premier jour, j’ai vu un camion au loin au moment où j’étais devant l’écran. Après ça, je n’ai plus regardé la télé de la semaine, rigole après coup Claudine Fangille. Le deuxième jour sous la pluie, j’avais peur de voir des coureurs par terre dans l’emballage final, même si ça fait partie du vélo”.
Désormais, le stress laisse place à la fierté d'avoir tenu bon. “On est très heureux. On a mis pas mal de choses en place et on se rend compte que ça a bien fonctionné. Il y avait beaucoup de stress évidemment mais on avait seulement envie de bien faire, reprend Romain Le Roux. On a une belle équipe de bénévoles et on se défend comme on le peut. Ce n’est jamais facile mais je suis content de l’ensemble de nos équipes”.
« IL FAUT SAVOIR RESTER À SA PLACE »
D’un point de vue purement sportif, le niveau global s’est voulu moins dense que les années précédentes, l'Étoile retrouvant ces derniers jours un statut de course révélatrice de talents, mais Romain Le Roux relativise. “Je trouve que l’on a eu un beau peloton, digne de ce qu’est le plateau moyen d’une Classe 1 aujourd’hui, tout simplement. Cette édition a permis de découvrir de bons jeunes. Trois d'entre eux pourront rappeler durant toute leur carrière qu'ils auront décroché leur premier succès professionnel sur l'Etoile de Bessèges. Les Classe 1 sont aussi là pour ça, il faut savoir rester à sa place. On s’était habitué à des plateaux énormes ces dernières années mais c’est plutôt cette situation-là qui n’était pas normale. C’est sûr qu’on aimerait retrouver d’autres équipes mais on se bat d’abord pour ceux qui viennent. Je suis très content des vainqueurs de la semaine et du podium final. On sera également heureux de voir ces mêmes garçons briller sur les plus grosses courses mondiales à l’avenir”.
Après cette édition 2026 sans embûches, remportée pour deux secondes par le Breton Ewen Costiou (Groupama-FDJ United) devant le Normand Paul Lapeira (Decathlon CMA CGM), le comité d’organisation se projette-t-il d'ores-et-déjà sur une édition 2027, contrairement à l’an passé où personne n’était véritablement certain de vouloir remettre le couvert ? “Ça a bien fonctionné cette année mais ça ne change rien à l’équation de devoir monter un budget pour 2027, rappelle Claudine Fangille avec prudence. On va faire le point, plus sereinement que l’an dernier. Au moins, on a eu la confirmation que ça fonctionne”. Même son de cloche bien sûr pour son beau-fils Romain Le Roux. “Les élections arrivent, on va voir ce que ça va donner aussi… On va bien poser les choses, payer tout ce qu’on doit payer, et il sera temps de peut-être réfléchir à une édition 2027”.
