Eliott Pierre : « L’histoire est magnifique »

Crédit photo Cofidis
En janvier dernier, Eliott Pierre a retrouvé Yaël Joalland, connu au CC Étupes, et Hugo Page, côtoyé en équipe de France Juniors. Comme eux, il a rejoint la structure Cofidis cet hiver. Le Francilien de 24 ans, victime d’un terrible accident à l'entraînement en août 2023, fait lui partie des six coureurs de l’équipe handisports de la formation nordiste. Toujours en parallèle coureur Élite à l’AC Bisontine, l’ancien vainqueur de la Classique des Alpes rêve désormais d’un titre mondial dans sa catégorie, C5. À l’occasion du stage de mi-janvier à Ondara (Espagne), où il a côtoyé les coureurs de la ProTeam française, Eliott Pierre s’est confié au micro de DirectVelo.
DirectVelo : Te voilà coureur chez Cofidis !
Eliott Pierre : Nous sommes traités comme des professionnels. Pendant le stage, on a notre entraîneur, un nutritionniste, des masseurs ou la possibilité de voir un préparateur mental… Ça nous permet de nous préparer à 200%. J’étais avec Louis Hubert. C'était une super opportunité pour nous. Une fois qu’on avait fini nos exercices, on allait rejoindre les professionnels. Et parfois, on a fait six heures d’endurance avec eux. Je bosse avec un entraîneur de l’équipe, Mathieu Defontaine. J’ai battu record sur record. C’est de très bon augure.
Comment t’es-tu retrouvé dans l’équipe para de Cofidis ?
Je connaissais des coureurs de l’équipe para depuis le Championnat de France de l’année dernière. J’ai tissé des liens d'amitié avec Gatien (Le Rousseau) et Louis (Hubert). En septembre, j’ai eu un message de Gatien me disant que Mathieu Bosredon allait arrêter et qu’une place allait se libérer. Il m’a dit de vite faire mon CV et de l’envoyer à Valérie Alexandre, la manager du pôle paracyclisme. Dans la journée, je lui ai envoyé mon CV et une lettre de motivation. On a fait une visio la semaine suivante. Louis avait aussi proposé mon nom. J’ai eu beaucoup de chance. Il y avait d’autres coureurs intéressés mais je crois qu’ils ont misé sur la jeunesse dans le monde du handisport.
Qu’est-ce que ça change à ta vie ?
Ça permet de faire du vélo mon métier. Je pense, je mange et je dors vélo. Au début, ce n’est pas facile à réaliser. Je suis toujours dans une équipe amateur, à l’AC Bisontine, mais je dois désormais raisonner en tant que professionnel et tout faire bien. On a du staff à notre disposition, il faut savoir en profiter. C’est tout nouveau pour moi. Cofidis met à disposition beaucoup de matériel pour qu’on puisse briller sur la Coupe du Monde et au Championnat du Monde. J’ai toujours envie de briller avec l’Amicale mais je veux aussi être par-dessus tout Champion du Monde de para dans ma catégorie. C’est pourquoi je vis maintenant.
EN THAÏLANDE APRÈS LE BÉDAT
Outre les Jeux de Los Angeles, tu dois penser au Championnat du Monde en Haute-Savoie en 2027...
J’espère que le circuit sera dur et qu’il y aura de quoi faire la différence (les épreuves auront lieu à Rumilly, NDLR). Ce serait magnifique de bien faire en France. Je sais que le Mondial qui aura lieu cette année aux États-Unis sera moins difficile que celui de l’an dernier en Belgique. Il y avait cinq minutes de montée sur le circuit et c’était largement suffisant. S’il y a ce type de bosse en France, ça m’ira très bien.
À quoi va ressembler ton programme entre l’AC Bisontine et Cofidis ?
Je fais le second week-end de l’Essor Basque, puis Aix, Puyloubier et le Bédat avec mon club. Ensuite, on part un mois avec Cofidis en Thaïlande pour la première manche de la Coupe du Monde. Le but est de s'acclimater du mieux possible. C’est un déplacement coûteux. Si on y va, c’est pour montrer les couleurs de Cofidis.
L’histoire est belle après ce que tu as dû traverser à la suite de cet accident…
C’est une histoire à long terme. Après l’accident, tu te demandes si tu dois remonter ou non sur le vélo. Une fois que tu as décidé de poursuivre, tu te fixes un premier objectif qui était de revenir en Élite. Je l’ai fait il y a un an et demi. Puis j’ai fait une saison complète en Élite pour remettre en route. Maintenant, je me challenge à long terme avec de nouveaux objectifs. L’histoire est magnifique. Mes chances de passer pro étaient nulles et il y a une seule équipe au monde qui permet de le faire en para, et j’ai réussi à saisir cette opportunité. Je remercie la manager Valérie de m’avoir engagé. J’étais avec 30 champions pendant le stage en Espagne. Ion Izagirre, qui est un champion incroyable, parle avec toi comme si de rien n’était. Les coureurs t'apportent leur expérience. C’est une histoire de fou.
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