Les Conti Fédérales ripostent chiffres à l'appui

Crédit photo Florian Frison - DirectVelo
Depuis la création des Continentales Fédérales, elles sont la cible de la Ligue qui a contesté leur cahier des charges devant le Conseil d'Etat, et qui a eu gain de cause. Avant le Grand Prix de Marseille-La Marseillaise, l'UNCP, le syndicat des coureurs membre de la Ligue, a publié un communiqué où elle s'inquiète de l'ouverture du calendrier pro français à ces Conti Fédérales. Alors ces équipes Continentales (1), reconnues par l'UCI comme telles, ont décidé de réagir à travers un communiqué publié ce mardi.
Ce communiqué après avoir rappelé ce qu'était une Conti Fédérale, rappelle que les courses de Classe 2 "en France et à l'étranger, sont de plus en plus fermées aux équipes non Continentales. En 2025, certaines épreuves françaises de classe 2 accueillaient moins de 10 % d'équipes amateures françaises ! Italie, Allemagne, Pays-Bas et Belgique, à elles seules, représentent déjà 35 équipes continentales. On comprend aisément, qu'il en va de la survie de la formation française de haut niveau de pouvoir continuer à participer et progresser sur les épreuves internationales".
« LES ÉQUIPES CONTINENTALES EN EUROPE SONT RAREMENT SOUMISES À UN CAHIER DES CHARGES AUSSI STRICT »
À l'UNCP qui s'inquiétait que "large ouverture du circuit pro à des équipes françaises sous licence amateur compromet la pérennité de la catégorie « CONTI PRO » qui exerce son activité dans le cadre d’un cahier des charges rigoureux et dans le respect de la loi", les Conti Fédérales répondent que "des équipes étrangères au statut identique, qu'elles soient suisse, allemande, américaine, colombienne, canadienne, algérienne, portugaise ou australienne participent déjà aux épreuves de Classe 1 en France. 17 équipes Continentales non françaises (équipes non professionnelles) ont participé en 2025 à des épreuves de Classe 1 en France, pour 33 départs d'épreuves. Les équipes Continentales Fédérales sont aussi bien structurées qu’une grande majorité de ces équipes étrangères (...) Les équipes Continentales en Europe sont rarement soumises à un cahier des charges aussi strict. Certaines n'emploient aucun éducateur dans leur staff pour participer à des épreuves de Classe 1 en France".
Rappelons que le règlement UCI impose la présence d'au moins cinq équipes étrangères au pays organisateur pour pouvoir être international. Ce même règlement n'impose pas aux organisateurs de payer des indemnités de participation aux Continentales en Classe 1, ni en ProSeries.
LES CONTI FÉDÉRALES N'ONT PAS L'AMBITION DE « MULTIPLIER LES EXPÉRIENCES » CHEZ LES PROS
Les Conti Fédérales veulent aussi rassurer le secteur pro sur l'ouverture du calendrier pro en France à leurs structures. "Les équipes n’ambitionnent pas de multiplier les expériences mais de pouvoir offrir une visibilité supérieure à leurs partenaires et leurs coureurs sur des évènements précis dans la saison. Cela permettra la détection de talents encore améliorée, pour les équipes professionnelles, grâce à la participation à des épreuves de plus haut niveau pour les coureurs. L’équipe Vendée U-Primeo Emergie ne peut d’ailleurs pas participer aux épreuves françaises en raison de la présence de l’équipe « mère » Total Energies. L’accord de participation entre les organisateurs de courses cyclistes et les équipes professionnelles françaises, incluant des contreparties financières, ne sera jamais menacé par le monde amateur". Les Conti Fédérales ont d'ailleurs, elles aussi, leurs obligations comme la participation à la Coupe de France N1.
Enfin, le communiqué aborde la formation des coureurs pros français. Il rappelle que les Conti de la Ligue sont toutes issues de clubs amateurs (UC Nantes, Sprinter Club de Nice, VC Roubaix, CM Aubervilliers 93). Les Conti Fédérales rappellent que leurs coureurs ont été formés pour "72 % (...) dans au moins un club de Division Nationale dans leur cursus U23. Et plus de 79 % si on y ajoute le cursus U19 !" Cet hiver, deux coureurs de Conti Fédérales sont passés dans une Continentale de la Ligue.
DE LA FORMATION SANS INDEMNITÉ
Les Conti Fédérales n'oublient pas de rappeler que "ceci se fait sans aucune rétribution, les indemnités de formation n'étant prévues, au niveau UCI, que pour les équipes ProTeam et WorldTeam".
Le communiqué donne aussi des chiffres pour les équipes des deux premières divisions. "Au niveau WorldTeam et ProTeam, 50% des coureurs des équipes françaises en 2025 étaient dans un club français de Nationale l'année de leur passage professionnel". Toutefois avec la multiplication des réserves Conti des équipes WorldTour, et qui concurrencent d'ailleurs les N1 dans le recrutement des coureurs, ce taux est appelé à diminuer.
(1) AVC Aix en Provence Dole, Bourg-en-Bresse Ain Cyclisme, SCO Dijon-Team Materiel-velo.com, Vélo Club Villefranche Beaujolais, Véloce Club Rouen 76 et Vendée U-Primeo.
