Alexis David : « Soit je passais au travers, soit je surfais sur la forme »

Crédit photo Freddy Guérin - DirectVelo

Crédit photo Freddy Guérin - DirectVelo

Alexis David est arrivé à Quelneuc comme il est parti d'Albi, c'est-à-dire avec une victoire. Le coureur de l'AC Bisontine a triomphé ce samedi dans le Morbihan, pour la troisième manche de la Coupe de France de cyclo-cross. S'il a réussi à prendre les commandes après une bataille avec Jules Simon, Alexis David pouvait nourrir quelques appréhensions après une semaine délicate où il a eu des ennuis de santé. Mais à l'arrivée, sa performance du jour lui permet de prendre un peu plus les commandes du classement général, dont il fait désormais un objectif, comme il l'explique au micro de DirectVelo.


DirectVelo : On ne t'arrête plus !
Alexis David : Je suis heureux parce que j'ai eu une semaine un peu compliquée, j'avais prévu de couper. J'ai coupé jusqu'à mercredi, en rentrant des Europe. J'ai couru à Langres avec une dent qui a fait une infection, due à ma chute de cet été. Elle était cassée, on n'avait pas vu. Du coup, j'ai dû me faire arracher la dent en urgence mercredi, j'ai repris seulement jeudi l'entraînement, j'étais vraiment fatigué. Hier, avec la route, je ne savais pas trop les sensations que j'allais avoir et finalement, sur les deux premiers tours, j'ai eu du mal à me mettre dedans techniquement, je faisais pas mal d'erreurs. Puis j'ai réussi à poser mon pilotage et physiquement, ça allait de mieux en mieux. À un moment, quand j'ai réussi à creuser, j'étais vraiment plus en gestion, j'arrivais à faire mon cross, donc je suis vraiment heureux de pouvoir confirmer comme ça.

« JE ME RETOURNE TRÈS PEU QUAND JE SUIS EN TÊTE »

Avec des jours d'arrêt, il y avait un risque que la course se passe mal...
J'ai bien senti quand même qu'on m'attendait plus qu'à Albi, avec mon résultat au Championnat d'Europe et ma victoire il y a trois semaines en Coupe de France. Avec mon prépa mental, on s'était dit que c'était soit le week-end un peu piège où je passais complètement au travers, soit je surfais sur la forme. Ça a bien tourné, donc c'est vraiment cool. Il y aura sûrement des jours plus durs, mais pour le moment, il faut kiffer.

Tu sembles parfaitement gérer la pression...
J'ai passé de gros caps dans la tête. Je suis vraiment plus posé que les autres années. J'ai vraiment pris en maturité et ça se voit, je pense aussi dans mon pilotage, ma confiance... Je me retourne très peu quand je suis en tête. Une fois que je suis dans le bon rail, que j'ai pris mon départ et que je suis lancé, il n'y a pas grand chose qui peut me perturber pour le moment. J'en profite.

Comment as-tu trouvé les conditions du jour ?
C'était un parcours très physique avec la boue. Hier, on a reconnu, c'était tout sec et ce matin, je me suis levé, j'ai vu la grosse pluie. Ça aurait été dommage de pas avoir de pluie à Quelneuc. On est quand même en Bretagne. Un cyclo-cross ici, c'est dans la boue, et on n'a pas beaucoup eu de bourbiers depuis le début de saison. On n'a eu que Langres et ça m'a bien réussi parce que c'est vraiment plus un effort solitaire. On va dire qu'il y a moins de tactique et vachement de physique. Il fallait être vraiment propre dans le pilotage et en plus, on ne peut qu'aimer le circuit et la course quand on gagne.

« GARDER LA TÊTE SUR LES ÉPAULES »

Que faut-il faire pour être bon pilote sur ce parcours ?
On dit souvent qu'il faut être propre techniquement, mais on ne peut pas être bon si physiquement on n'y est pas. Parce que dès qu'on se met à fond, on fait des erreurs. Il fallait jouer avec la zone rouge pour être propre techniquement. Puis après, prendre un peu de recul sur certains passages. Dans le physique il faut appuyer et quand c'est technique, il faut être appliqué pour ne pas faire d'erreurs.

Sur le bord du circuit, un de tes coachs t'a dit d'y aller tranquille dans les virages. Pourquoi ?
Avec le comité, on a un gros avantage, c'est qu'on a beaucoup de personnes sur le bord du circuit, dans le poste. Il y avait aussi Romain Seigle qui est arrivé, qui a beaucoup d'expérience en cyclo-cross. Il a vachement de recul et il arrive à nous poser. Il m'a canalisé. Une fois que j'étais en tête, il m'a dit d'être bien propre dans les virages, pour que quand c'est vraiment dur, je puisse être concentré.

Tu peux nourrir de bonnes ambitions pour le général désormais...
Oui. J'ai pris la tête, mais il va rester encore demain. Tout est possible, ça peut aller vite, une casse ou autre chose. J'ai déraillé pendant la course, c'est pour ça que j'ai perdu le contact avec Jules (Simon). Donc tout peut vite arriver. Il y a beaucoup de cailloux aussi, des racines qui ressortent. Ça va encore se creuser avec les autres courses. Je ne m'interdis rien sur le général. Je ne veux pas cacher que ça va être un objectif maintenant, mais je me dis aussi que ça peut vite tourner en ma défaveur. Il va falloir garder la tête sur les épaules.

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