Alexis David : « C'est un truc de fou »

Crédit photo Fabien Lenfant - DirectVelo
Cette fois, c'est Alexis David qui a pris le meilleur dans la catégorie Espoirs. Après une course la veille où Romain Debord avait fini par prendre le meilleur sans trop trembler, l'épreuve du dimanche a été bien plus disputée. Mais le coureur de l'AC Bisontine a fini par avoir gain de cause face au vainqueur de la veille, à Corentin Lequet, ou encore Jules Simon, lesquels se sont bagarrés tout le week-end sur le circuit d'Albi. Revenu de loin après un accident à l'entrainement, et même un dernier hiver où tout n'a pas tourné rond, Alexis David a confié son soulagement à DirectVelo de réussir enfin à mettre les problèmes derrière lui.
DirectVelo : Tu as exulté à l'arrivée, qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête en passant la ligne ?
Alexis David : C'est assez fou. J'ai eu un accident cet été. J'ai été tapé par une voiture à l'entraînement. C'est un peu l'accumulation de tout. C'était une année compliquée l'année dernière où il a fallu tout changer. J'ai changé d'entraîneur, j'ai pris un prépa mental. L'an dernier je n'ai même pas fini le France, je pleurais sur le vélo. J'étais nul. Et là, revenir à un niveau comme ça, c'est assez fou.
Comment as-tu abordé cette course ?
C'était très long, je suis parti direct. Les deux derniers tours, j'ai vraiment douté. Dans le dernier tour, quand j'ai vu tout mon entourage, le public qui était à fond... Je n'ai pas le droit de les décevoir. Quand je suis arrivé dans la dernière droite, j'ai dit « vas-y ». Je suis passé sur la ligne, j'ai crié tout ce que je pouvais. C'était la délivrance.
Comment as-tu fais la différence ?
Je me sentais bien dans les parties techniques. J'arrivais à passer un endroit à vélo où les autres étaient à pied. Je pense que je m'économisais un peu. J'aime bien ce circuit roulant de début de saison, même si j'aime bien aussi la boue. On va voir au fur et à mesure de la saison. Le circuit m'a vraiment bien correspondu.
« DANS LE JEU SUR 30 MINUTES AVEC KEVIN KUHN »
T'attendais-tu à afficher cette forme ?
Je savais que j'étais en forme physiquement. Mon prépa mental m'a dit qu'on surfait sur la forme du moment. Après, ce n'est jamais facile. Je ne savais pas comment l'aborder tactiquement. S'il fallait que je laisse Romain (Debord) faire... Finalement, je suis parti. Je me suis senti bien direct. Puis il fallait assumer. Ça l'a fait, donc c'est un truc de fou.
Tu parles de surfer sur la forme du moment mais la saison commence tout juste. Que veux-tu dire ?
Avant la saison, j'ai fait mon record sur un test PMA. Ça m'a vraiment mis en confiance. Après, ce n'est que des chiffres, mais j'ai marché dès l'entrée en Suisse, avec un podium direct. J'étais dans le jeu sur 30 minutes avec Kevin Kuhn, qui est dans le Top 10 mondial. Je me suis dit que je serais là physiquement. Après, il a fallu bien travailler mentalement. C'est un tout, c'est un peu de maturité aussi avec les années. Là, c'est l'aboutissement. Maintenant, il va falloir continuer. Je sais que prochainement, je vais être attendu. Il va falloir répondre présent.
« C'ÉTAIT MON JOUR »
Il y a une petite rivalité installée chez les Espoirs, le niveau est homogène...
Je sais que tous les quatre, on est vraiment solides. Sur les premiers cross, je me suis déjà battu avec eux. Je pense qu'après, ça va se jouer à des détails. Aujourd'hui, ça a tourné en ma faveur. Je sais aussi que Jules (Simon) va monter en puissance. Au fur et à mesure de la saison, je pense que ça va se resserrer. Ça va être vraiment sur des détails techniques et tactiques. Là, tout s'est aligné. C'était mon jour. Tant mieux.
Quelles sont tes ambitions pour la suite ?
Franchement, je ne sais pas. J'aimerais bien refaire une saison au niveau international avec l'équipe de France. On va voir, je ne me prends pas la tête. Je vais prendre les courses les unes après les autres. On ne sait pas pour la sélection aux Europe. Normalement, j'y serai. Après, on verra. On va se faire plaisir, surtout.
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