Des trackers GPS pour tout le WorldTour ?

Crédit photo Pierre Willemetz- DirectVelo
La sécurité des coureurs est au centre des débats depuis plusieurs saisons. Le président de l’Union Cycliste Internationale (UCI), David Lappartient, a réaffirmé, lors de la conférence de presse à Kigali vendredi dernier, la nécessité d’un suivi GPS obligatoire pour l’ensemble du peloton. "L’objectif est d’avoir des trackers GPS pour toutes les courses à l’avenir. Pas forcément notre propre système, mais au moins pour le WorldTour, et si possible pour la ProSeries".
LE TRAUMATISME DE ZURICH
Lors du Championnat du Monde 2024, la Zurichoise Muriel Furrer a chuté et a succombé à ses blessures au lendemain de son accident. Outre la nouvelle tragique de son décès, c'est aussi le temps passé pour la localiser qui a interpellé. D'où l'instauration de traceurs GPS pour retrouver les coureurs victimes d'accidents en course. "L’objectif est d’éviter de tels drames : qu’un coureur chute et reste introuvable. Avec un GPS, nous pouvons le localiser immédiatement et savoir quand il s’arrête", souligne David Lappartient. C'est pourquoi le Tour de Suisse, sensibilisé par le décès de Gino Mader quinze mois plus tôt, a testé un système GPS, alors que l'UCI travaillait déjà à son propre système. Il fut présenté sur le Tour de Romandie féminin. Toutefois, l’expérience n’a pas été sans accrocs. Cinq équipes ont purement et simplement été disqualifiées par l'UCI : Visma-Lease a Bike, Lidl-Trek, Canyon-Sram, EF Education-Oatly et Picnic PostNL pour refus de tester ce système sur une coureuse par équipe, selon l'UCI tandis que les groupes sportifs arguent du fait qu'elles aient juste refusé de dévoiler à l'avance l'identité de la coureuse qui porterait le traceur GPS. Les cinq équipes ont même attaqué l'UCI devant le TAS.
UN INVESTISSEMENT PARTAGE
L’UCI insiste : ce projet représente « un coût sans revenu direct », mais il sera supporté collectivement. Certains craignaient une utilisation commerciale des données, mais David Lappartient a été clair. "Certains ont voulu faire pression sur l’UCI, craignant que les données soient commercialisées, mais c'est un outil pour la sécurité. Ceux qui refusent de porter le tracker seront retirés de la course".
