Michiel Mouris : « C'était stressant »

Crédit photo Christophe Dague - DirectVelo
Michiel Mouris confirme qu'il est une référence du peloton Juniors cette année. Ce mardi, le Néerlandais est devenu Champion du Monde du contre-la-montre, à Kigali, et a ainsi décroché son neuvième succès de l'année. "C'est incroyable de gagner ici, c'était très difficile bien sûr. C'est génial de sortir ma meilleure performance ici, pour le titre mondial". Et comme chez les femmes plus tôt dans la journée, le suspense était à son comble. Ashlin Barry, Seff Van Kerckhove, ou encore Beckam Drake ont poussé le coureur de la Grenke-Auto Eder dans ses retranchements. "C'était une vraie bagarre", admet le vainqueur du jour.
« JE REGARDAIS TOUS LES TEMPS »
Michiel Mouris avait défini son plan pour l'épreuve. "J'étais super bien, mais c'était très dur de prévoir une allure sans exploser. On a vu d'autres coureurs craquer. J'ai essayé d'en garder un peu, car c'était vraiment long", analyse-t-il au micro de The New Times. Le parcours lui convenait dans cette quête de gestion. "J'aime avoir des petits moments de récupération, j'étais parfois à la limite. Il fallait mettre de la force, ça convenait à pas mal de coureurs. Mais j'ai assez récupéré dans la descente pour avoir de bonnes jambes au moment de la dernière montée".
De plus, il fallait composer avec les conditions différentes de Kigali, qui obligent les spécialistes du contre-la-montre à revoir leur méthode. "Il y avait aussi des circonstances particulières, c'est aussi pour ça qu'il fallait commencer un peu plus lentement que quand on court au niveau de la mer. J’espérais que le temps serait un peu nuageux, mais le soleil brillait toujours. C'est très difficile avec la chaleur, c'est un des chronos les plus durs que j'aie faits", souffle Michiel Mouris. Puis coureur après coureur, son meilleur temps a tenu. "C'était stressant, je regardais tous les temps, je n'étais pas sûr de moi".
QUELLE SUITE CHEZ LES ESPOIRS AVEC L'ABANDON DE LA CATÉGORIE PAR LA FÉDÉRATION ?
Au vu du podium, malgré la difficulté du parcours, le contre-la-montre était peut-être davantage favorable aux machines à rouler. "Je ne suis pas le plus léger, mais comme on le voit, les costauds peuvent gagner ici", rigole-t-il, en référence à Jakob Soderqvist. Un chrono aussi favorable aux spécialistes de Paris-Roubaix, puisque son aîné avait triomphé en duo avec Albert Philipsen, alors que Michiel Mouris s'était imposé en solitaire, devant... Ashlin Barry, comme ce mardi au Rwanda. "On va prendre le temps de célébrer avant de se remettre dedans pour la course en ligne. En plus on fait le doublé (avec Megan Arens, vainqueure chez les Juniors femmes, NDLR), tout va très bien".
Ce double succès chez les Juniors intervient dans un contexte où les Pays-Bas ont annoncé mettre un terme à leur suivi de la catégorie Espoirs, depuis le début de l'année 2025, avant de trouver des compromis avec les équipes Continentales. De quoi s'interroger sur la suite des deux Juniors néerlandais Champions du Monde. "Ce n’est pas idéal, mais c’est aussi très cher et la fédération nationale a dû faire des choix, c’est compréhensible, pense le lauréat auprès de Cyclingnews. Mais j’espère que pour les prochaines années ils reviendront là-dessus". Michiel Mouris ne crache pas dans la soupe, car le soutien des Juniors par sa fédération a été total. "D'abord avec un camp d’entraînement avec l'équipe nationale, puis en altitude pour s’habituer, la tente hypoxique à la maison et beaucoup d'entrainement". Les Pays-Bas ont donc mis le paquet sur leurs Juniors, mais il reste maintenant à savoir ce qu'ils deviendront à leur passage chez les Espoirs.
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