Jakob Soderqvist : La passion du chrono, mais pas que
Crédit photo Patrick Pichon - FFC
Jakob Soderqvist a pris une relative revanche, ce lundi après-midi. Après avoir été vice-Champion du Monde Espoirs du contre-la-montre l'an dernier, à Zurich, le Suédois a cette fois largement dominé l'épreuve à Kigali. "J'ai fait une très bonne préparation cette année. Après la 2e place, il fallait faire mieux. C'était mon objectif sur ces Mondiaux, tout a été fait pour ce rendez-vous. Je le sentais bien avant la course". Arrivé en net favori, le coureur de la réserve de Lidl-Trek avait la confiance pour lui. "Cette année, j’ai vraiment trouvé un bon niveau dans les contre-la-montre, et je savais que si tout se passait comme prévu, je pouvais ramener le maillot à la maison. Malgré ça, la pression peut parfois créer des difficultés et des doutes, mais j’ai réussi à bien gérer et j’en suis fier".
« JE NE POURRAIS PAS FAIRE UNE SAISON ENTIÈRE EN NE ME CONCENTRANT QUE LÀ-DESSUS »
Même mieux qu'une gestion, Jakob Soderqvist s'en est nourri. "C'est un challenge que j'aime bien, la pression aide aussi à aller plus loin. Il faut vivre avec ça, même dans les plus grandes courses. Il faut le prendre positivement". L'atmosphère au Rwanda l'a aidé à se sentir à l'aise. "C’est une super expérience, j’ai vraiment apprécié mon séjour ici jusqu’à présent. Les gens sont adorables, le public le long du parcours et tout ce qui se passe autour me donnent une énergie supplémentaire, je pense. Je crois que ça s’est vu dans ma course aujourd’hui". En tête de A à Z, et avec un écart qui n'a fait que se creuser, jusqu'à exploser dans le final difficile, son dauphin Nate Pringle a finalement encaissé plus d'une minute de débours. "Il fallait trouver le bon rythme, je savais que je dépendais de mes sensations".
Si ses qualités de rouleur ne sont plus à démontrer, le vainqueur du chrono du Tour du Danemark a d'autres ambitions. "J’aime vraiment le projet autour du contre-la-montre, mais je ne pourrais pas faire une saison entière en ne me concentrant que là-dessus. J’aime la diversité des objectifs et participer à quelque chose de plus grand. Pourquoi pas, à l’avenir, contribuer à la réussite d’une équipe sur un Grand Tour ou quelque chose dans ce style. J’aime apprendre et absorber l’expérience des grands leaders". Alors l'étiquette de spécialiste de contre-la-montre ne lui convient pas tant que ça. "Je suis peut-être encore un ancien vététiste dans l’âme. Maintenant, j’explore encore le monde de la route", sourit-il au micro de Cycling Pro.
« JE TRAVAILLE POUR DEVENIR UN SPÉCIALISTE DES CLASSIQUES »
Évidemment, il l'admet lui-même, c'est contre l'horloge qu'il s'exprime le mieux pour le moment. "C'est le plus naturel pour moi, jusqu'à présent. C’est là que j’ai trouvé un vrai savoir-faire. Mais je travaille pour devenir un spécialiste des Classiques". L'Espoir 4 l'avait démontré lors de Paris-Roubaix Espoirs, où il est arrivé main dans la main avec son coéquipier, Albert Philipsen, pour le doublé. Mais ce n'est pas tout. "Pourquoi pas être un prétendant aux classements généraux sur les courses à étapes dans les années à venir, grâce à mes compétences en contre-la-montre. Il y a beaucoup de projets en cours et je suis vraiment enthousiaste sur la suite de ma carrière".
S'il veut démontrer ses qualités sur les courses en ligne, l'occasion est donnée vendredi de porter haut les couleurs de la Suède, sur la course Espoirs. "Je ne me compterais pas hors du jeu, mais ce sera sûrement un défi plus grand que celui-ci. Aujourd’hui, il s’agissait surtout de gérer la pression, la préparation, de rester calme et d’être au meilleur de ma forme. Vendredi, il faudra clairement quelque chose en plus, mais je ne pense pas que ce soit impossible de faire une bonne performance". Alors même si le parcours est difficile, Jakob Soderqvist pourrait bien tenter quelque chose pour montrer, encore un peu plus, qu'il n'est pas qu'une machine à casser les horloges.
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