Louis Hardouin : « Paris-Bourges, c'est un gros nom »

Crédit photo Cédric Congourdeau - DirectVelo

Crédit photo Cédric Congourdeau - DirectVelo

Louis Hardouin est décidément un client sur la Coupe de France N1. À tel point qu'avant la dernière manche, le coureur du Guidon Chalettois s'est déjà mathématiquement assuré la victoire au classement individuel. Vainqueur à Cours-la-Ville, il a de nouveau levé les bras ce samedi, à Paris-Bourges. Avant de faire le bond chez les professionnels cet hiver, avec Van Rysel-Roubaix, tout roule pour Louis Hardouin qui va encore un peu plus solidement s'installer en haut du Challenge DirectVelo grâce à ce dixième succès pour lui cette année. C'est un garçon comblé qui s'est présenté au micro de DirectVelo.


DirectVelo : Celle-là a une valeur particulière, avec cette manche de Coupe de France à proximité de chez toi ?
Louis Hardouin : Oui, elle était importante pour moi, à titre personnel c'est la dixième. Mais aussi pour l'équipe, c'est en Coupe de France, donc c'est tout bénef. Paris-Bourges, c'est un gros nom de course et j'arrive à mettre mon nom au palmarès. C'est à côté de la maison, c'est top.

Il y a d'abord eu un mouvement de course assez tôt dans lequel tu n'étais pas...
Le début de course était assez calme, avec un début vent de face. Ça a posé la course et on a eu un petit peu chaud avant d'arriver dans les bosses, avec le groupe de 30 qui sort. Les gars ont tout de suite réagi. Ils se sont tous mis à la planche pour rentrer. Il ne restait plus que Florian (Carpentier). Il restait peut-être 200 mètres à boucher, j'ai fait le jump.

« JE VIENS LE SAUTER JUSTE À LA FIN »

Finalement la situation est rentrée dans l'ordre...
Ça a recommencé à attaquer. Je me suis placé, ça a borduré et c'est là que ça a un peu explosé. D'un coup, c'est parti assez vite parce qu'on savait qu'il y avait le vent de dos. Donc on était nombreux, je ne savais pas si ça allait s'entendre, mais on a tous plutôt collaboré. On a vite fait le trou et après c'était un peu la guerre. Ça s'est fait dans la dernière côte de Jars. Victor Loulergue attaque, on s'est retrouvé à huit devant. Il n'y avait personne de Rouen donc on a tourné à fond parce qu'on voulait les piéger du fait de leur surnombre. C'était un mano a mano et ça finit par rentrer peut-être à 15 bornes de l'arrivée.

Il a donc fallu attendre le sprint...
Il fallait être vigilant parce qu'il y avait des individualités qui ont attaqué, comme Victor Jean, donc c'était compliqué de manœuvrer. Mais je ne me suis pas affolé, j'avais les petites amorces de crampes, donc je me suis dit qu'il ne fallait pas que je coure mal, j'ai couru à l'économie. Et à la fin, un peu à l'expérience et au mental, j'arrive à régler le sprint. Je suis vraiment content.

Comment s'est passé ce final, avec Romain Bréant qui était encore à l'avant dans les derniers mètres...
La ligne droite était longue. C'est Matthew Fox qui lance de loin. Je prends direct sa roue, et je vois qu'il a l'air en bout de course. Je le double et j'ai vu Romain vraiment assis à l'arraché. Je viens le sauter juste à la fin. C'est dommage pour lui, mais j'étais vraiment en survitesse, j'ai été emmené sur un plateau. Donc j'ai réussi à produire mon effort maximum et ça a suffi pour passer sur la ligne.

« C'EST BIEN D'AVOIR UN STATUT DE LEADER ET D'ÊTRE RECONNU DANS LE PELOTON »

C'est déjà ton troisième succès sur une manche de Coupe de France !
J'ai une pancarte énorme dans le dos parce que j'ai le numéro 1. Quand j'ai fait le jump, quand les gars ont roulé, tout le monde a crié. Ils m'ont vu arriver en survitesse, tout le monde a sauté dans ma roue. Je me suis dit que ça allait être compliqué de manœuvrer aujourd'hui. Mais tout le monde est à sa place. J'ai une bonne patte et j'arrive quand même à être parmi les costauds. Il faut être malin, il ne faut pas trop se montrer. Et en même temps il faut quand même collaborer pour ne pas se faire enterrer.

Comment tu arrives à vivre ce statut de coureur très surveillé ?
Ça s'est fait au fur et à mesure. Je sais que je suis regardé. Mais il vaut mieux avoir ce statut-là que de ne pas avoir de statut du tout. C'est bon quand même, c'est plaisant. Il faut juste savoir un peu mieux courir et ne pas faire n'importe quoi. C'est bien d'avoir un statut de leader et d'être reconnu dans le peloton. C'est aussi plus facile des fois au placement. On me laisse plus la place parce que je commence à avoir un petit nom dans le peloton. C'est agréable.

« JE SUIS SOULAGÉ PARCE QUE J'AI SIGNÉ »

L'année prochaine, tu as déjà ton contrat professionnel...
Je ne m'imagine pas trop, mais Arnaud Demare sera peut-être à côté de moi sur certaines courses (en référence au dernier vainqueur de Paris-Bourges, lorsque celle-ci était une course pro, NDLR). Je me dis qu'à force, j'ai ma place. Je ne m'en rends pas trop compte. Je suis soulagé parce que j'ai signé et je n'ai plus de pression. Je cours librement, c'est un avantage. Mais je ne me vois pas du tout chez les professionnels dans ma tête. Pour l'instant, j'ai le maillot du Guidon Chalettois, c'est important de briller avec ce qui s'est passé cette année (le décès de Simon Millon, NDLR). Je suis juste très heureux de pouvoir rendre un peu de joie dans notre malheur. Je penserai à la suite cet hiver, je vais bien souffler. J'ai hâte que la saison finisse. Et après, ce sera une nouvelle aventure.

Il reste une manche pour aller chercher encore quelque chose de beau pour le Guidon Chalettois !
Le week-end prochain, on fait déjà une manche du Boischaut. Après, on a Paris-Chalette-Vierzon à la maison (dont il est le tenant du titre, NDLR). C'est une course importante. Et le lendemain, il y a la Coupe de France. C'est un beau week-end. On n'a pas trop le choix, on doit être présent à la maison. Le but, c'est aussi de rester dans le Top 5 en Coupe de France. Et pourquoi pas plus. Ce serait juste fou de faire monter l'équipe sur le podium de la Coupe de France.

Mots-clés

En savoir plus

Portrait de Louis HARDOUIN