Sandy Dujardin : « Je ne pensais qu’à la victoire »

Crédit photo Maryland Cycling Classic
Visiblement, Sandy Dujardin doit prendre l’avion et quitter l’Europe pour gagner chez les pros. Après sa victoire d’étape au Tour du Rwanda en 2022, l’Ardéchois a décroché le week-end dernier son deuxième succès en carrière sur la côte est américaine, lors de la Maryland Classic. Le Team TotalEnergies, qui évolue sur une marque de cycles américaine, Enve, a fait spécialement le déplacement outre-Atlantique pour cette course d’un jour. “C’est vrai que je n’arrive pas à gagner une manche de Coupe de France et j’y arrive en quittant l’Europe”, rigole-t-il auprès de DirectVelo, tout heureux d’avoir enfin pu lever les bras. “À chaque fois, ce sont de belles découvertes quand je gagne”.
« UNE COURSE À ÉLIMINATIONS »
La ProTeam vendéenne ne “comptait pas venir pour rien”, alors que nombre de coureurs présents sur l’épreuve vont enchaîner avec les épreuves canadiennes du calendrier WorldTour. “C’était important pour notre partenaire cycles, on venait vraiment pour gagner même si on savait que le niveau allait être élevé. Je suis très content d’avoir réussi à le faire. J’attendais cette victoire depuis longtemps, c’est chose faite”.
Cette Maryland Classic, disputée dans les rues de Baltimore, proposait “un circuit urbain avec beaucoup de pièges, des trous sur la route, des pavés, et quand même du dénivelé…”. Sandy Dujardin affirme ainsi qu’il fallait “être très vigilant. C’était une course à éliminations”. La course d’un jour, longue de 172.8 km, avait mal débuté pour les hommes de Jean-René Bernaudeau, puisqu’un groupe de quatorze coureurs est parti sans le moindre représentant de l’équipe. “Les mecs ont fait du super boulot en réagissant tout de suite. Ils ont roulé à fond, sans calculer, pour que je puisse faire le saut. Ils se sont vraiment sacrifiés”.
« J’AI ESSAYÉ DE RESTER CALME »
Une stratégie payante puisque l’athlète de 28 ans est parvenu à revenir sur l’avant. En infériorité numérique face aux Uno-X et aux Tudor, l’ancien spécialiste de cyclo-cross est tout de même parvenu à maintenir le bon groupe de sept soudé jusque dans la dernière ligne droite, et c’est au sprint que l’affaire s’est jouée entre les attaquants. “J’ai essayé de rester calme jusque-là pour ne pas sauter sur tout ce qui bougeait sinon, c’était mort”, reprend celui qui avait tout de même pris le parti de suivre Brandon McNulty lorsqu’il a attaqué dans la dernière difficulté, avant que le reste du groupe ne revienne en deux temps.
Frustré lors de la Polynormande, Sandy Dujardin avait eu des mots forts, expliquant qu’il était clairement dans le doute. Mais cette fois-ci, il a réussi à faire le vide dans sa tête au moment de se dresser une dernière fois sur les pédales. “Je n’ai pas pensé à tout ça, je me suis dit qu’il fallait juste tout donner et que c’était aujourd’hui. Je ne pensais qu’à la victoire. Pour moi mais aussi pour toute l’équipe qui s’était complètement sacrifiée”, insiste-t-il. “J’ai ciblé (Jonas) Abrahamsen car je le sais puissant. Mais je me souvenais aussi l’avoir battu sur un sprint intermédiaire au Tour de France, l’an dernier”, rigole l’Ardéchois, qui est finalement parvenu à devancer le Norvégien. “C’est une grande satisfaction, vraiment. Faire le déplacement jusqu’aux Etats-Unis et gagner est un soulagement, ça fait beaucoup de bien”.
En savoir plus : coureurs et équipes associés
Coureurs

