Serge Pauwels : « On avait peut-être le même plan que les Français »

Crédit photo Quentin Joly / Tour de l'Avenir
Après un prologue où Paul Seixas s'était imposé, Jarno Widar a répondu sur la première étape de montagne, ce jeudi, à Tignes. Le Belge s'est imposé en solitaire dans la station, mais avec peu de marge sur ses principaux adversaires. En attendant, le maillot jaune s'appelle toujours Maxime Decomble. Avant la journée finale et les deux demi-étapes, le suspense est encore total sur l'identité du vainqueur du Tour de l'Avenir 2025. Mais quoi qu'il arrive, les protégés de Serge Pauwels ne repartiront pas bredouille. Au micro de DirectVelo, le directeur sportif belge est revenu sur cette belle journée pour son équipe, et a évoqué le profil de Jarno Widar, sur le vélo comme en dehors.
DirectVelo : Cette fois, c'est Jarno Widar qui a triomphé !
Serge Pauwels : Je suis très fier de l'équipe. On a voulu prendre la course en main. Jarno (Widar) l'a demandé ce matin au briefing. Il aime bien que le tempo soit élevé. On a commencé à rouler dès la montée des Saisies. Puis on a continué dans le Cormet de Roselend. À la fin, on était encore quatre dans le groupe d'une trentaine de coureurs. Jasper Schoofs était super fort. On avait peut-être le même plan que les Français de lancer une attaque sur le parcours du prologue. Seixas et Widar se sont retrouvés ensemble, comme on avait un peu prévu. On a pensé que c'était un peu comme Vingegaard et Pogacar (rires).
Mais d'autres se sont invités à la bagarre...
On a été un peu surpris que les autres soient capables de revenir. Ramirez était très fort quand il est revenu, il a attaqué plusieurs fois. Je pensais que ça allait être dur de gagner l'étape. Puis dans le dernier kilomètre, Jarno a montré qu'il pouvait bien suivre, puis il a lancé son attaque finale. C'est un peu sa spécialité. Mais on n'a pas encore gagné le Tour évidemment.
« QU'IL SE BATTE TOUS LES JOURS, MÊME SI QUELQUE CHOSE NE SE PASSE PAS COMME PRÉVU »
C'est une petite revanche pour lui après l'année dernière ?
Peut-être que oui. Je lui ai dit que si tout se passe normalement, le Tour de l'Avenir ne serait peut-être qu'un détail à la fin de sa carrière. Pour cette raison, je lui ai dit que cette semaine c'était important qu'il soit résilient. Qu'il se batte tous les jours, même si quelque chose ne se passe pas comme prévu ou qu'il perd quelques secondes. Là-dessus il s'est amélioré par rapport à l'année dernière, je trouve. Même s'il a un peu de malchance, ou un jour où ça ne passe pas comme il a pensé, il sait quand même se battre le lendemain.
Depuis le début de la semaine, justement, tu le sens un petit peu différent ?
Il a été très, très calme. J'ai fait quelques courses avec lui, mais pas forcément très intensivement, plutôt lors d'entrainements ou de stages. Donc c'est vraiment la première fois en course que je travaille avec lui. Il est très, très calme, même quand il vient à la voiture. Il écoute très bien, sans être agité, même si la situation n'est pas favorable. On a de l'espoir pour demain. Ça ne sera pas facile, mais c'est déjà bien de gagner une étape.
« ON A PU DIRE OU ENTENDRE QUE CE N'ÉTAIT PAS FACILE DE TRAVAILLER AVEC LUI »
Comment tu le décrirais dans son caractère, dans sa façon d'être ?
Il est très sérieux dans son métier, ses courses. Je trouve aussi qu'il a beaucoup de respect pour le staff. Souvent on a pu dire ou entendre que ce n'était pas facile de travailler avec lui, mais moi je n'ai jamais constaté qu'il était difficile à gérer. C'est très agréable de travailler avec lui.
Ce vendredi, il faudra forcément tenter quelque chose pour renverser le général...
Oui. S'ils se sentent bien... Il y a quelques aspects spéciaux. C'est un départ très tôt, puis il y a le contre-la-montre l'après-midi. En fait, je trouve que ce sont deux contre-la-montre. Mais ça dépend forcément de ses jambes. Ce n'est pas trop compliqué tactiquement. On commence demain matin avec un col de 10 km à 10 % donc ce sont les jambes qui vont parler.
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