Emilian Broë : « La marque des championnes »

Crédit photo Lewis Catel / Tour de l'Avenir

Crédit photo Lewis Catel / Tour de l'Avenir

Emilian Broë a reçu de nombreuses félicitations de la part du public présent à Lugny (Saône-et-Loire). Sur les terres du sélectionneur national, Célia Gery a remporté la troisième étape du Tour de l’Avenir, 48 heures après avoir déjà levé les bras à Saint-Galmier. Ce qui permet à Emilian Broë d’estimer déjà réussie la course de ses protégées. Pour DirectVelo, il est revenu sur la nouvelle victoire de l'Ardéchoise sans oublier d'évoquer la suite de la semaine.


DirectVelo : Célia Gery s’offre un nouveau succès sur ce Tour de l’Avenir !
Emilian Broë : C’est une étape que Célia (Gery) avait clairement ciblée. Elle était venue la reconnaître, personnellement. Je lui avais dit “va voir, c'est franchement une arrivée qui te convient”. Je n'habite pas très loin d'ici, donc forcément je connais un peu le secteur. Du coup, c'est une belle satisfaction parce qu'elles ont su mettre en place ce qu'il fallait pour mettre Célia dans de bonnes conditions pour exprimer ses qualités sur ce type d'arrivée.

C'était tout pour une arrivée groupée jusqu’au pied du raidard à 500 mètres de l’arrivée sur cette étape ?
Non, dans l'idée c'était de faire une course d'usure, de mettre un peu des cartouches pour que les adversaires qui ont une belle qualité d'explosivité puissent se fatiguer. On sait que Célia a d'excellentes qualités d'explosivité et qu'elle est aussi très résistante. Donc l'ensemble faisait qu'on souhaitait vraiment durcir la course pour qu'au pied de la dernière bosse, Célia puisse avoir toutes les conditions pour aller chercher la gagne.

« UNE CERTAINE FORME DE PRESSION »

Elle sait répondre présent quand on l’attend…
Elle a réussi à répondre aux attentes de l'ensemble de l'équipe. J'ai senti ce matin (mardi) qu'il y avait une certaine forme de pression sur ses épaules parce qu'on savait que ça allait être pour elle mais il fallait encore répondre présent et ça, c'est la marque des championnes.

L’étape de ce mercredi lui correspond une nouvelle fois…
C’est un peu plus dur, ça peut écrémer le peloton. Si ça arrive en petit comité, il n'y a pas beaucoup de filles qui peuvent battre Célia mais, on va aussi essayer de jouer d'autres cartes parce que je pense que dans l'équipe, il y en a qui méritent aussi de pouvoir s'exprimer. Donc, on verra comment ça se passe… Je pense que notre course est déjà réussie avec deux victoires d'étapes. Le bilan est déjà bon. Ça met la pression à nos adversaires. On veut leur mettre des petites graines dans la tête pour qu’elles repensent aux actions qu'ont pu réaliser les Françaises et qu'elles aient une certaine forme de crainte. C’est un peu ça l'idée…

« CETTE DERNIÈRE JOURNÉE FAIT PEUR »

En revanche, Marion Bunel a pris une cassure de dix secondes par rapport à la maillot jaune Isabella Holmgren…
Elle m'a dit qu'elle avait eu du mal à se placer parce que ça frottait énormément. On l'avait clairement protégée pour qu'elle aborde la bosse dans les meilleures conditions. Mais, c'était quand même assez dangereux. Je préfère qu'elle prenne une cassure de dix secondes mais qu'elle soit en bonne santé, plutôt qu'elle chute et que ça la pénalise pour la suite du Tour.

Pour le général, tout risque de se jouer vendredi sur une seule journée, finalement…
J'en ai bien peur. J'aurais bien aimé que ça soit un peu plus exigeant pour que les filles puissent s'exprimer. Là, c'est vrai qu'on le sent aussi dans le peloton : les filles sont très attentistes. Il y a très peu d'attaques. Cette dernière journée fait peur, avec l'étape matinale puis le contre-la-montre en bosse l’après-midi. Et du coup, je pense que ça verrouille un peu la course. Ce qui n'est pas forcément à notre avantage. Mais je crois quand même que d'autres équipes sont un peu dans la même configuration que nous.

Mots-clés

En savoir plus

Portrait de Célia GERY