Célia Gery : « Une arrivée que j'adore »
Crédit photo Nicolas Gachet - DirectVelo
En attendant la montagne le dernier jour, la coureuse en forme de ce début de Tour de l'Avenir s'appelle Célia Gery. Vainqueure dimanche pour la première étape en ligne, l'habituelle sociétaire de la FDJ-Suez a remis ça ce mardi, dans un registre cette fois complètement différent. À Lugny, on ne parlait pas de sprint massif, et pas plus de sprint tout court. Avec un mur de 500 mètres comme juge de paix, c'est à l'explosivité que la victoire s'est jouée. Et encore une fois, c'est avec un beau matelas que la spécialiste de cyclo-cross a triomphé, créant même une cassure sur sa première poursuivante à l'arrivée. Félicitée par le clan bleu, mais aussi par ses parents présents à l'arrivée, Célia Gery a ensuite pris le temps de répondre aux questions de DirectVelo.
DirectVelo : C'est la deuxième victoire en trois étapes en ligne pour toi !
Célia Gery : Je suis très contente, ça me fait vraiment encore plus plaisir qu'avant-hier, parce que c'est une arrivée que j'adore. Autant au niveau de la technique en bas qu'il faut avoir, le positionnement, beaucoup de tension et à la fin un effort qui me correspond plutôt bien. J'ai pu tout mettre en œuvre, tous les paramètres se sont bien imbriqués les uns dans les autres pour pouvoir avoir la victoire au bout.
Premier jour, tu gagnes dans un sprint presque massif, là par contre c'est un tout autre exercice, et tu es encore là...
Le premier jour, je ne dirais pas un sprint massif, parce que c'était vraiment très décousu, il y avait des attaques etc. Au final, moi je pensais presque qu'on était dix à l'arrivée, donc je ne dirais pas massif. Mais c'était quand même un sprint, ce n'est pas ce que j'affectionne le plus, donc c'est pour ça qu'aujourd'hui je suis encore plus contente de cette victoire.
« J'AI VU QUE JE CREUSAIS »
Comment s'est passée cette dernière montée ?
On a eu du mal avec les filles de l'équipe à se retrouver en bas et à mettre en place ce qu'on avait pu imaginer, parce que c'était très, très, très tendu, mais j'ai quand même réussi à faire ma place. J'ai été bousculée un peu, j'ai fini dans le bas-côté à un moment, mais j'ai quand même réussi à rester sur le vélo. Après il y avait les Anglaises qui roulaient très vite à l'avant, j'étais bien positionnée, et j'aborde le virage en troisième position derrière deux Anglaises. Dans les 100 premiers mètres de la bosse, j'ai un peu laissé faire pour voir comment ça agissait, parce qu'il y en a qui allaient à bloc directement. Je me sentais bien, donc j'y suis allée à 300 ou 250 mètres de la ligne à peu près. Et j'ai vu que je creusais.
Tu gagnes presque facilement puisqu'il y a une cassure !
Ce n'était quand même pas facile (sourire), surtout en amont. Le plus dur, c'était vraiment le positionnement avant le virage. Mais pour la dernière bosse, je croyais quand même en mes qualités, donc ça s'est bien passé.
« ON SAIT SE DIRE QUAND ÇA VA ET QUAND ÇA VA MOINS BIEN »
Depuis trois jours, c'est toi qui es un petit peu la leader, l'équipe de France compte sur toi pour les victoires. Mais tu n'es qu'Espoir 1, tu fais ton Premier Tour de l'Avenir, tout est nouveau. Tu assumes ce rôle de leader ?
Avec l'équipe, j'ai ma carte surtout pour les arrivées jugées explosives, donc plutôt typée sprint, parce qu'on a une équipe de grimpeuses surtout. Donc pour les arrivées comme ça, c'est forcément plutôt moi qui ai ma chance, et la tactique tourne plus autour de moi en leader, mais ce n'est pas pour autant que les filles n'ont pas leur chance. S'il y a une échappée qui part ou un autre scénario... C'est selon comment se passe la course, mais c'est vrai que depuis le début du Tour, ça arrive toujours au sprint, il n'y a pas de réelle échappée qui part. On a juste pu voir hier Julie (Bego) qui a tenté sa chance, et qui aurait pu aller au bout.
Comment te comportes-tu dans les derniers kilomètres ? Tu arrives à guider les filles ou tu es plus en retrait ?
On s'entend bien avec les filles, même si j'ai appris à les découvrir cette année pour la plupart. On communique parfaitement, on sait se dire quand ça va et quand ça va moins bien. Donc ça c'est bien, il ne faut pas hésiter. Aujourd'hui on a eu plus de mal, les filles sont plus typées grimpeuses, elles sont moins à l'aise pour frotter, donc à l'arrivée ça a été plus compliqué. Mais sinon, tout au long de la course, on a quand même réussi à se retrouver à des moments, à communiquer etc. Avant-hier, pour le sprint, les filles m'ont aidée jusqu'en rentrant dans la ville, j'ai su les guider. On apprend toujours à mettre en place les automatismes, parce qu'on n'est qu'à notre troisième jour de course ensemble, il y a plein de choses à apprendre encore.
« JE PENSE QUE J'AI QUAND MÊME UNE PETITE BASE »
As-tu des arguments à faire valoir en montagne ?
J'ai fait 15e au prologue, donc je pense que j'ai quand même une petite base. Après c'est vraiment un effort tout autre que les efforts sur lesquels je peux bien performer comme aujourd'hui. Mais je vais donner mon maximum et on verra, ça va être vraiment de la découverte.
En attendant il y a l'étape de demain, où tu as encore une carte à jouer...
Ce sera encore une étape sympa, avec toutes les filles on va pouvoir encore jouer. Je pense qu'il y aura encore quelque chose à faire.
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