Julie Bego : « Pas en restant dans le peloton qu'on fait des exploits »

Crédit photo Liséa Mangini / DirectVelo
Julie Bego a quitté Vitry-en-Charollais avec le prix de la combativité. La sociétaire de l’équipe de France a été la principale animatrice de la deuxième étape du Tour de l’Avenir en sortant seule à 45 kilomètres de l’arrivée. Alors que l’écart est monté jusqu’à 2’15’’, l’habituelle coureuse de Cofidis a été ramenée à la raison à 10 bornes du but par un peloton qui a su s’organiser pour favoriser une arrivée massive. La Savoyarde est revenue sur sa tentative auprès de DirectVelo.
DirectVelo : Pourquoi as-tu choisi d’attaquer à 45 kilomètres de l’arrivée ?
Julie Bego : J'ai senti que les Italiennes nous attaquaient à tour de rôle et je me suis dit « pourquoi pas sortir avec un petit groupe ». Je me sentais plutôt bien. Sur le profil, ça ne paraissait pas dur mais comme notre coach (Emilian Broë) l’avait dit, on était sur des routes qui ne rendaient pas du tout, avec du mauvais goudron. Donc je suis sortie, sauf que personne n'est venu. Ça m'a un peu embêté au début. Je me suis demandé si je devais continuer…
Tu as donc pris la décision de continuer…
Une fois que j'ai pris cette décision, je me suis dit que j’allais jouer ma carte à fond pour essayer d'avoir la victoire d'étape. L’écart est monté jusqu’à 2’15’’. J'ai alors commencé à y croire un petit peu mais vu le terrain, il aurait fallu avoir entre trois et quatre minutes d’avance pour que ça le fasse. Là, c'était un gros faux plat descendant, avec du vent de face. Ce n’était pas du tout favorable pour une fille seule et petit à petit, l'écart est descendu. Mon DS m'a dit “soit tu te relèves, soit tu joues à fond la victoire d'étape”. Mais ça faisait déjà 15 bornes que j'étais en train de rouler donc je lui ai dit que j’allais jouer l’étape. Mais si le peloton s’organisait, c’est lui qui décidait de l’issue de la journée. Et ça s’est organisé…
« C'ÉTAIT LE MOMENT D’Y ALLER »
Que retiens-tu de cette journée ?
Je sais que beaucoup de gens vont dire que j'ai été stupide d'attaquer, que je me suis cramée mais je préfère mille fois tenter ma chance. Ce n’est pas en restant dans le peloton qu'on fait des exploits, mais plutôt en tentant et en prenant le risque de tout perdre. C'est ce que j'ai fait, je me suis fait plaisir en attaquant. Ça n'a pas marché mais si ça avait été le cas, tout le monde aurait dit que c'était génial… Ce n’était peut-être pas l’étape la plus favorable pour tenter ce genre de choses mais encore une fois, j’ai senti que c’était le moment d’y aller. On était un petit peu énervées en début de course, je passe beaucoup de temps à étudier le parcours des courses et là on nous a changé une partie sans nous prévenir. C’est un peu énervant parce qu'il y avait un endroit au kilomètre 31,5 où on savait que c'était étroit avant une bosse à 10%. On voulait tenter quelque chose avec l’équipe et le passage a été supprimé sans qu’on le sache. C'est un petit peu frustrant parce qu’on met en place des stratégies au briefing et finalement on ne prend plus la route prévue…
En tout cas, tu as l’air plutôt en bonne forme…
Depuis le début de ce Tour de l’Avenir, je sais que je suis plus forte que sur le Tour de France. Je suis vraiment bien. Maintenant, il faut que je récupère. Pour les autres étapes, nous avons Marion (Bunel) qui est très forte. C'est une carte pour le général. C'est aussi ce qui me permet de courir peut-être un peu plus décontractée, de tenter des choses et de m'amuser.
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