Victor Lafay : « On calcule beaucoup moins »

Crédit photo Xavier Pereyron / LNC

Crédit photo Xavier Pereyron / LNC

Victor Lafay s’est fait plaisir. Alors qu’il avait fait son retour à la compétition au Tour de l’Ain après quatre mois loin des compétitions, le puncheur de Decathlon AG2R La Mondiale continue de monter en puissance, cette semaine, sur les routes du Tour du Limousin. Présent à l’avant ce jeudi, il a longtemps résisté au retour du peloton, avant de voir son coéquipier Paul Lapeira finir le boulot. DirectVelo a recueilli la réaction de l’athlète de 29 ans après l’étape, au pied du podium protocolaire.


DirectVelo : Tu nous expliquais récemment, à la sortie du Tour de l’Ain, vouloir remporter une étape au Tour du Limousin. Ce n’est pas passé loin ce jeudi !
Victor Lafay : Oui, effectivement. Le plan du jour était d’avoir un coureur de l’équipe devant, Noa (Isidore) ou moi. Déjà, on a réussi cette première mission. Et après, le but était de pouvoir aller au bout pour jouer la victoire. Sinon, on savait que Paul (Lapeira) était probablement le plus fort du peloton derrière. Dans ces conditions, je pense qu'on a fait la course parfaite après, déjà, une très belle étape hier. On est tombés sur plus forts lors de la bataille entre l’échappée et le peloton. Malgré tout, j’ai pris énormément de plaisir devant. Je n'ai pas gagné, mais ce n'est pas grave. Franchement, j'ai fait une super journée de vélo. Je me sentais super bien. Et je pense que c'est même plus important pour moi que Paul gagne plutôt que je lève les bras.

Tu sembles revenir à un très bon niveau… 
Je ne pensais pas être aussi bien aujourd’hui. Quand ça a commencé à être un peu le bazar dans l’échappée, à 45 kilomètres de l’arrivée à peu près, lorsque (Thomas) Gachignard a arrêté de rouler, plus personne ne s'entendait. Ça flinguait dans tous les sens. Ils ont essayé de m'enterrer. Mais je me suis senti super bien donc j’ai attaqué plusieurs fois. Quand j'ai pu vraiment faire l'écart, je suis revenu sur Quentin Bezza. Son coéquipier (Henri-François Renard-Haquin, NDLR) est revenu derrière. 

« LE BATEAU A PRIS UN PEU L’EAU LORS DE LA PREMIÈRE ÉTAPE »

Sur le papier, être à deux contre un n’était pas l’idéal, même si la priorité était de résister au peloton…
Ils étaient vraiment forts et c'était top de faire tout le final avec eux. Et après, je pense qu'on a mis tout ce qu'on avait. On n’a rien à regretter. C'était compliqué. Il y avait un vent de face toute la journée aussi. Ce que je retiens, c'est que je me suis fait plaisir. J'avais de bonnes jambes. Ça n'a pas souri pour moi aujourd'hui, mais ça a souri à l'équipe. C'est le plus important.

L’équipe était-elle revancharde ? 
On avait à cœur de gagner au moins une étape ici. On est venus avec une grosse équipe et on avait forcément des ambitions. Je pense que le bateau a pris un peu l'eau lors de la première étape. On a enchaîné plusieurs erreurs d'affilée. On a réussi à rattraper un petit peu les choses mais le général s'est envolé. Hier, on a essayé de le renverser, mais on n’a pas réussi à le faire. Donc aujourd'hui, on avait vraiment à cœur de gagner l'étape.

« ILS M’ASSOCIENT À QUELQU'UN QUI JOUE LE GÉNÉRAL »

Et tu as donc retrouvé du plaisir sur le vélo !
J'adore être dans des raids comme ça, de rouler devant. Ça faisait très longtemps que je n'avais pas pris l'échappée. C'est quelque chose que j'adorais avant. C'est vrai que des fois, c'est compliqué. Quand on gagne des grosses courses, derrière, on a plus de mal à sortir. Même là, aujourd'hui, les mecs me disaient « mais qu'est-ce que tu fous à attaquer ? ». Je leur disais : « mais attendez, je suis au moins à quinze minutes, je pense que je peux sortir… ». En fait, c'est vrai que des fois, ils m'associent à quelqu'un qui joue le général… Les journées en échappée, c'est toujours des journées où on prend beaucoup de plaisir. On essaie de bien gérer nos efforts, et puis à la fin, on donne tout. On calcule beaucoup moins que lorsqu’on essaie d'arriver pour la gagne dans le peloton.

Tu peux redevenir ambitieux pour la fin de saison ? 
Normalement, je vais faire la Bretagne Classic puis les GP de Québec et Montréal. Ce sont trois grandes courses qui devraient me plaire. À Montréal, c’est peut-être un peu dur pour moi, mais si j'ai de bonnes jambes comme aujourd'hui, ça devrait le faire. Ensuite, je ferai peut-être le GP de Wallonie, des courses italiennes et je terminerai la saison en Chine.

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