Théophile Vassal : « Je n’en reviens pas »

Crédit photo Freddy Guérin - DirectVelo
Jamais deux sans trois pour Théophile Vassal. Après avoir remporté le contre-la-montre individuel puis le relais mixte avec le comité Bourgogne-Franche-Comté, le coureur de 18 ans a obtenu à La Tour-du-Pin (Isère) un troisième maillot de Champion de France, ce dimanche, à l’occasion de l’épreuve en ligne U19 Hommes. Le Jurassien réalise à cette occasion un triplé inédit au Championnat de France de l’Avenir chez les hommes. Le pensionnaire de Jura Cyclisme, membre de Decathlon AG2R La Mondiale U19, exprime sa joie au micro de DirectVelo et revient sur cette course haletante.
DirectVelo : Tu as remporté toutes les courses auxquelles tu as participé, cette semaine, au Championnat de France de l'Avenir !
Théophile Vassal : C’est incroyable de faire un triplé sur un Championnat de France. Il y a un mois, j'ai réussi à obtenir ma première victoire chez les Juniors à l’Ain Bugey Valromey Tour. Tout s’enchaîne, c'est vraiment extraordinaire. Je n’en reviens pas. La victoire au chrono m’a bien lancé. Je savais que la forme était bonne. En plus, c’est presque à la maison. Je vis dans le Jura, mais j’affectionne beaucoup l’Isère. Je passe beaucoup de temps l’hiver ici pendant la coupure avec mon père, qui est moniteur de ski en station. C’est l’occasion de revoir mes anciens copains. J’ai encore pas mal de points d’accroche.
Tu étais déjà à l’avant du peloton à la fin du premier tour et tu as attaqué à la fin du troisième des huit tours !
J’affectionne les circuits sur de petites routes. Il y a pas mal de placement, c'est assez technique. Quand tu es derrière, tu subis tout le long. J’étais donc placé devant toute la course. Le final m’avantageait avec tous ces virages. J'ai essayé de prendre deux-trois fois des longueurs d'avance et au bout d'un moment, j’ai réussi à sortir tout seul. Je me suis peut-être un peu enflammé quand je suis parti tout seul à 75 kilomètres de l’arrivée et je me suis demandé ce que j’étais en train de faire. Mais je ne me suis pas mis dans le rouge, j’ai les capacités pour lisser mon effort assez longtemps.
« J’AI REPRIS LE DESSUS MENTALEMENT »
Plusieurs coureurs sont ensuite rentrés sur toi…
Quand j'ai vu qu'il y avait quelques groupes qui revenaient petit à petit, je m'économisais un petit peu. Je buvais et je mangeais quand ils arrivaient. Au fur et à mesure, je me suis dit que ça pouvait peut-être le faire. Je savais que ça allait être une course d’élimination et un gros chantier, vu ce qui s’est passé dans les autres catégories.
Au pied de l’ultime ascension de la côte de Béjui, vous étiez sept. Soen Le Pann a attaqué, puis tu as contré juste avant le sommet. Était-ce prémédité ?
Au tour précédent, mes adversaires avaient aussi attaqué. Je n'avais pas pu encore répondre, ils étaient partis et je les avais rejoints dans la dernière partie. Comme je l’ai dit, j'arrive à plus lisser mes efforts que d’être explosif. Je me suis dit qu'il ne fallait pas m'affoler et qu'ils allaient s'écraser devant. S'ils ne s'écrasaient pas, c'est qu'ils étaient plus forts que moi aujourd'hui. J'ai commencé à les voir se retourner et à relever des dents. Et c'est le moment où j'ai repris le dessus mentalement et que je me suis dit qu'il fallait y aller. J’ai créé un bel écart à la relance, j’en ai profité.
« DANS CHAQUE VIRAGE, J’ARRIVAIS À PRENDRE 5-6 MÈTRES »
Alexandre Trouvain a réussi à revenir dans ta roue dans la descente, mais tu as continué sur ta lancée…
J'ai vu qu’il était rentré, ça m'a mis un petit coup de pression. Mais j'ai continué tête baissée, je me suis dit que si on s'arrêtait et on se regardait, les autres allaient également opérer la jonction. Ça n’aurait servi à rien. J’ai pris le risque de continuer et d'aborder tous les virages en tête. C'était mon point fort. J'avais réussi à gagner le chrono grâce à mes qualités techniques. Dans chaque virage, j’arrivais à prendre 5-6 mètres à chaque fois. Après, j'ai fait une belle relance dans la dernière ligne droite et j'ai pu savourer tranquillement dans les 50 derniers mètres.
Quelles sont tes prochaines échéances ?
Dans un coin de ma tête, j’ai les Championnats du Monde et d’Europe. Puis, une belle saison de cyclo-cross m’attend, avec l’envie de retrouver les copains. Je vais pouvoir courir de nouveau avec Aubin (Sparfel) notamment, ça fait plaisir et ça va redynamiter l’hiver.

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