Guillaume Martin-Guyonnet : « Je sais de quoi je suis capable »

Crédit photo Xavier Pereyron / DirectVelo

Crédit photo Xavier Pereyron / DirectVelo

Guillaume Martin-Guyonnet est un garçon poli, alors il répond sérieusement et en détails, avec l’éloquence habituelle qu’on lui connaît. Mais non sans un brin d’ironie et en précisant qu'on lui “pose sans arrêt la question”. Dans les grandes lignes : pourquoi se cantonner à l’idée d’aller chercher un accessit au classement général, en prenant large, entre 6 et 15, plutôt que de renoncer à cet objectif et se focaliser, comme bien d’autres coureurs, sur la quête d’une victoire d’étape ? “Je trouve qu’en France, on est assez hypocrites, et on va toujours chercher la petite bête. On se plaint de ne pas avoir un coureur français qui a gagné le Tour depuis 40 ans, et dans le même temps, on se moque des coureurs qui tentent de faire une place au général”, lâche-t-il, taquin mais sans méchanceté aucune, devant nombre de journalistes, ce jeudi après-midi.


“Je sais de quoi je suis capable, je ne prends pas le départ du Tour pour gagner le classement général. Mais jouer un général, c’est important. Si de jeunes Français émergent et souhaitent gagner le Tour un jour, il faut passer par là : jouer un Top 10, puis un Top 5. Il y a tout un apprentissage de cette régularité sur trois semaines”, rappelle le Normand, qui a respectivement terminé 8e, 10e, 11e, 12e et 13e du Tour de France par le passé, lui qui va disputer sa neuvième Grande Boucle consécutive, depuis sa première participation en 2017. “Si on ne passe pas par là, alors on ne sera jamais capable de gagner le Tour. Je pense qu’il faut revaloriser le fait de jouer une place au général, et ne pas penser qu’aux victoires d’étapes”.

« CIBLER L'ÉTAPE DE MONTAGNE OÙ ÇA POURRAIT ALLER AU BOUT »

De surcroît, comme il l’avait expliqué lors du récent Critérium du Dauphiné, le leader de la Groupama-FDJ a bien conscience que les opportunités pour les attaquants ne sont pas légion. Et puis, c’est aussi une question de principe pour l’athlète de 32 ans. “C’est sûr qu’il n’est pas dans ma nature de perdre du temps volontairement”, répète-t-il là aussi à qui veut bien l’entendre. Cependant, Guillaume Martin-Guyonnet ne compte pas s’enfermer coûte que coûte dans un schéma préétabli. D’autant que le parcours s’annonce particulièrement piégeux lors des dix premières journées lors de cette édition 2025. Ainsi, au moment d’évoquer le choix des huit coureurs de la Groupama-FDJ pour ce Tour et les ambitions de la WorldTeam, le directeur sportif Benoît Vaugrenard lâche une information intéressante. Il faudra aussi essayer de cibler l’étape de montagne où ça pourrait aller au bout, et pourquoi pas mettre Guillaume devant avec d’autres coureurs de l’équipe pour l’accompagner”. En imaginant, en priorité un Quentin Pacher ou un Valentin Madouas autour du Normand. "C'est sûr qu'entre gagner une étape ou faire 15e du général, il vaut mieux gagner une étape, la réponse est évidente, non ?", s'amuse le principal intéressé. 

Il n’est donc pas impossible de voir Guillaume Martin-Guyonnet tenter quelque chose, lui qui compte tout de même neuf Top 10 d’étapes sur les routes du Tour en carrière, dont deux podiums. Il avait, en effet, terminé 3e à la Station des Rousses, en 2017, lors de sa première participation au Tour, le jour où l'Albigeois Lilian Calmejane l’avait emporté. Trois ans plus tard, à Orcières-Merlette, il avait encore pris la 3e place d’une étape du Tour, derrière les Slovènes Primoz Roglic et Tadej Pogacar. Pour faire mieux, il faudra sans doute anticiper la bataille des favoris car difficile en effet, malgré ses qualités, de l’imaginer remporter une étape à la pédale, si les UAE ou les Visma impriment un train d’enfer constant, comme ils ont l’habitude de le faire depuis maintenant plusieurs saisons, en asphyxiant tous leurs rivaux. “Étant donné le parcours, je pense que ça va s’éclaircir assez vite en fonction de ma condition réelle et d’éventuels faits de course. Ce qui est sûr, c’est que je me sens bien dans l’équipe et que je pense aborder ce Tour dans de bonnes conditions”. Il n’y a plus qu’à. 

 

Mots-clés

En savoir plus

Portrait de Guillaume MARTIN-GUYONNET
Portrait de Benoît VAUGRENARD